Retour à l'histoire de quelques FAI français

----------------------Wanadoo (avec France Télécom)

   
  SOMMAIRE  
 

1994 - 1997 : Naissance de Wanadoo - France Télécom entre en Bourse
1997 - 1999 : France Télécom multiplie les petites acquisitions
1999 - 2001 : Débuts de ce (très) cher ADSL
2000 : France Télécom opère de grandes manœuvres en Europe
2000 : Wanadoo englobe PagesJaunes, entre en Bourse et grossit
2000 - 2001 : France Télécom acquiert Equant et introduit Orange en Bourse
2000 - 2001 : Le " délire UMTS "
2001 - 2002 : Wanadoo restructure ses Portails et acquiert eresMas
2002 - 2004 : Changements de PDG et plan "Ambition FT 2005"
2004 : Wanadoo quitte la Bourse, mais PagesJaunes y entre
2004 : La course au haut débit et à la téléphonie via Internet
2005 : Rachat d'Equant qui quitte la Bourse
2005 : Changement de PDG et lancement du plan "NExT"
2005 : Achat d'Amena, opérateur mobile espagnol
2005 : Le très haut débit se développe et baisse ses prix…
___ __mais le Minitel est toujours là !
2005 : Les renseignements téléphoniques changent de numéro
2005 : Multiplay et concentration du secteur
2006 : PagesJaunes quitte France Télécom
2005 - 2006 : France Télécom passe à l'Orange

La Direction générale des télécommunications (téléphonie fixe principalement) prend le nom de France Télécom le 1er janvier 1988.

La loi n°90-568 du 2 juillet 1990 transforme, à compter du 1er janvier 1991, l'administration France Télécom en un exploitant public doté d'une personnalité morale distincte de l'État (mais qui en est l'actionnaire unique) et qui acquiert une indépendance financière. Le 1er juillet 1992, France Télécom lance Itineris, le premier opérateur de téléphonie mobile à la norme de 2ème génération GSM.

 
   
  1994 - 1997 : Naissance de Wanadoo - France Télécom entre en Bourse  
 

En mai 1994, France Télécom obtient 5,5 % du capital d'Havas contre l'apport de sa participation de 50 % dans l'Office d'Annonces (ODA), la régie exclusive des Pages Blanches, des Pages Jaunes, et des services Minitel correspondants édités par France Télécom. " L'association avec un opérateur industriel comme France Télécom peut nous permettre d'explorer de nouveaux segments à la frontière des télécoms et de la communication ", indique l'entourage du PDG d'Havas, Pierre Dauzier, tout en évoquant un champ de collaboration potentiel avec la nouvelle filiale France Télécom Multimédia, créée en mars, dans le domaine de l'édition électronique, des jeux ou du téléachat.

L'ODA comprenait notamment une équipe dédiée aux nouveaux usages et aux nouvelles interfaces. Cette équipe multimédia, menée par Daniel Sainthorant, s'était focalisée sur la création de contenus multimédia pour ordinateur. Ils avaient notamment commencé à prototyper un univers de services de galerie commerciale virtuelle. Le nom de Wanadoo pour ce projet est retenu. Wanadoo vient de la contraction anglaise dans le langage parlé " wanna do " pour " want to do ", " vouloir faire " en français. A titre d'exemple, " I Wanna Be Your Man " est une chanson des Beatles de 1963.

En 1994, la " Direction de Programme Mediatel " est confiée à Yves Parfait, un des pionniers des réseaux de fibre optique de France Télécom. Le Minitel est parvenu à maturité, et l'opérateur national réfléchit dès lors à la suite.

En septembre 1995, le choix de l'option " Internet " est opéré et marque le début du "projet IAP" (pour Internet Access Provider). L'équipe est une start-up, dirigée par Yves Parfait. Le projet s'appuie pour l'architecture du réseau sur les équipes du CNET (le Centre National d'Etudes en Télécommunications), laboratoire d'où sont sortis la norme GSM, la compression MPEG, la reconnaissance vocale ou encore la transmission sur fibre optique. En parallèle, Daniel Sainthorant et son équipe à l'ODA préfiguraient les fonctions " portail " : annuaire, gestion de contacts et gestion de programmes... sous la marque "Wanadoo".

Le 13 septembre 1995, Michel Bon est nommé à la tête du groupe France Télécom dont il veut faire la " Net Compagnie ".

Fin 1995, France Telecom regroupe le projet IAP et le projet Wanadoo ; l'ensemble sera logé dans une filiale, France Telecom Interactive, filiale à 100% de France Telecom. Les premières recrues sont son président Roger Courtois, sa directrice financière Marie-Christine Allais, et Jean Lebrun qui était responsable des annuaires électroniques dans la Division multimédia de France Télécom et avait piloté le basculement des annuaires (dont les Pages Jaunes) sur Internet.

Dans la foulée de l'entrée en vigueur de sa nouvelle politique tarifaire qui permet désormais l'accès à Internet (par l'intermédiaire de son réseau Transpac, sa filiale spécialisée dans la fourniture d'accès réseaux pour les entreprises) au tarif d'une communication locale en tout point du territoire depuis le 15 mars 1996, France Télécom annonce son intention de devenir fournisseur d'accès à Internet, à travers sa nouvelle filiale France Télécom Interactive. L'opérateur national ne se contentera pas du rôle de fournisseur d'accès puisque France Télécom Interactive commercialisera aussi son propre bouquet de services (baptisé " Wanadoo "), initié avec Havas, et qui a l'ambition de devenir " la première galerie commerciale électronique française en ligne ".

Dans le monde entier, la déferlante Internet a pris de court les opérateurs télécoms. Eux qui jusqu'ici se contentaient de louer leurs lignes, ont l'opportunité de reprendre la main. En fournissant des liaisons plus fiables, ils s'assurent de nouveaux clients et peuvent gonfler leurs chiffres d'affaires. S'ils veulent encaisser les dividendes de l'explosion d'Internet, les opérateurs n'ont donc pas d'autre choix que de convertir une partie d'un réseau téléphonique à la norme Internet, et de le connecter ensuite aux réseaux Internet.

Le 2 mai 1996, après de longs mois de préparation dans les locaux de France Telecom Interactive à Malakoff, Wanadoo ouvre au public, deux ans après les premiers fournisseurs d'accès Internet (dont CalvaCom, FranceNet, WorldNET) et précédé par les importants Club Internet, CompuServe, France Explorer et Infonie en 1995 et de deux mois par AOL France.
Le premier abonnement reçu au service clients fut celui de Serge Soudoplatoff, auteur français spécialisé dans le domaine des technologies. France Télécom a carrément renoncé à la campagne de publicité prévue pour le lancement de Wanadoo. Le bouche-à-oreille a suffi pour dépasser les objectifs. Fin juin 1996, Wanadoo revendique 1 200 abonnés payants, mais table sur 10 000 abonnés d'ici à fin 1996. France Télécom, qui envisage d'investir 300 millions de francs sur quatre ans, prévoit un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard de francs en 1998 et le début des bénéfices en 1999.

Fournir la connexion à Internet nécessite des modems, pilotés par des logiciels pas toujours installés et peu évidents à paramétrer pour des utilisateurs grand public. Il fallait donc développer et distribuer des kits de connexion, d'abord sur disquette 3,5" (wnd908), puis sur CD-ROM. Sur les kits de connexion Wanadoo des origines l'abeille est omniprésente ; à cette époque, on ne surfait pas sur le web, on butinait de site en site (wnd027). Le logiciel livré avec Wanadoo s'appuie pour ce faire sur le talent de BVRP, fondé par Bruno Vanryb et Roger Politis.
Les débits ont rapidement évolué, partant de 2400bit/s, 4800, 9600, 14.4 kbit/s (grande étape) 19,6; 28,8; 33,6 et 56 Kbit/s avant d'arriver à la limite des possibilités du cuivre.

La page d'accueil de Wanadoo L'Internet par France Télécom, sommaire au départ, reste assez dépouillée, mais comporte déjà quelques innovations de services comme l'accès direct à un WebMail ou une information mise à jour quotidiennement, une passerelle Minitel…Parmi les services offerts : mail, QuiQuoiOù (l'annuaire des services francophones), Le "Bazar Bleu" (logithèque permettant le téléchargement de fichiers), Les Pages Zoom (Pages Jaunes, Pages Blanches et Rues Commerçantes), partenariats avec des éditeurs tiers pour délivrer du contenu à valeur ajoutée aux abonnés Wanadoo (constitution du premier annuaire " Carnet d'adresses " e-mail avec l'américain Four11 par exemple). (wnd041).
La passerelle " Tout minitel " permet quant à elle de continuer d'accéder aux 25000 services qui existaient sur la plateforme Minitel, et n'avaient pas encore migré vers Internet. Par exemple, il n'existait pas de service de banque en ligne sur Internet, notamment parce que le Web n'était pas encore considéré comme suffisamment sécurisé, et qu'il ne permettait pas de rémunération directe pour les éditeurs de services. Le déploiement et le modèle économique du Minitel (basé sur le temps de connexion) avaient permis le développement de nombreux éditeurs de services et des millions de Français avaient déjà l'habitude et l'usage des services en ligne bien avant Internet.

Pour éviter d'être accusé de concurrence déloyale, France Télécom s'était engagé à ne pas casser les prix et propose un abonnement forfaitaire mensuel à 55 francs (pour 3 heures de connexion) qui passera fin 1997 à 45 F(wnd829), 19 F l'heure supplémentaire et 95 F pour un nombre d'heures illimité (tarifs qui n'incluent pas les coûts des communications téléphoniques).

Pour préparer l'ouverture à la concurrence au 1er janvier 1998, une loi est votée en juillet 1996 transformant l'exploitant public en société anonyme dont l'État français est le seul actionnaire. A partir de là va s'opérer la privatisation progressive du capital de l'entreprise, avec notamment l'ouverture du capital de la nouvelle société anonyme en 1997 et en 1998. France Télécom fait son entrée en Bourse le 20 octobre 1997. L'État a vendu 23,2 % du capital, pour un total de 42 milliards de francs ; chaque titre a été cédé pour 182 francs (environ 27,75 €) aux particuliers. En novembre 1998, l'État ouvre une seconde tranche du capital à 390 F (environ 59,45 €) avec autant de succès. A l'issue de cette deuxième opération, l'État ne contrôle plus que 62% du capital de l'opérateur.

 
 
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  1997 - 1999 : France Télécom multiplie les petites acquisitions  
 

France Télécom Multimédia Édition constitue la branche édition multimédia du groupe, sur CD-ROM et Internet. Son offre se décline autour de trois axes principaux : les jeux et divertissements, les loisirs et l'éducation. La société se fera connaître par ses co-productions avec Cryo (Aztec) ou Index+ (Dracula résurrection, Croisades : Conspiration au royaume d'Orient, Vikings) ; tous des jeux vidéo à succès. Dans ses programmes ludo-éducatifs sur cédéroms, on trouve notamment m@ collection.net avec plusieurs titres dont (wnd641).
En septembre 2000, France Télécom Multimédia Édition fusionne avec Index+ pour devenir Wanadoo Édition (wnd169) et (wnd229), contrôlée à plus de 60 % par Wanadoo, au sein de sa Division Portails.
L'équipe dirigeante de Wanadoo Edition sera composée de Bernard Tani, Président et d'Emmanuel Olivier, Directeur général qu'on va retrouver plus tard.

Le 1er janvier 1998, le marché européen des télécommunications s'ouvre complètement à la concurrence. Michel Bon, le président de France Télécom, assure que c'est une échéance cruciale pour France Télécom, et pour les autres opérateurs publics comme Deutsche Telekom, Telefonica ou Telecom Italia. France Télécom doit baisser ses tarifs pour les aligner sur ceux de la future concurrence et empêcher que cette dernière ne lui prenne trop vite des parts de marché. Si le chiffre d'affaires téléphonie fixe va décroître, la croissance future ne pourra venir que des nouveaux usages, comme les mobiles ou Internet, et de l'expansion internationale, des marchés déjà ouverts à la concurrence.

En novembre 1997, on apprend que France Telecom reprend les services en ligne de Microsoft. Wanadoo et MSN-France annoncent en effet un rapprochement qui sera effectif en février 1998. Un kit de migration sera conçu à cette fin (wnd909). France Télécom récupérera les abonnés de MSN-France, qui se recentrera sur les logiciels et les contenus, notamment un annuaire thématique.

En mars 1998, France Télécom acquiert 67% du capital d'Oléane premier fournisseur d'accès Internet indépendant à destination des entreprises en France, juste derrière Transpac, sa filiale. La société, qui conservera ses dirigeants actuels, ses produits et sa marque, sera intégrée à la branche " Internet Entreprise " de l'opérateur public (tpole1).
Le 1er juin 1999, France Télécom a opéré le rapprochement commercial de ses services Transpac et Oléane afin notamment d'acquérir une meilleure ''visibilité'' auprès des entreprises.

En juin 1998, France Télécom Interactive prend le contrôle de NordNet (pfnon6), premier fournisseur d'accès régional français avec 15.000 abonnés dans le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie. France Télécom, pour qui cette alliance est du même type que l'accord signé avec Oléane, renforce ainsi son implantation géographique dans le nord de la France.

En juillet 1998, l'ODA, la régie publicitaire d'annuaires imprimés, électroniques et multimédia, détenue intégralement par le groupe Havas, est rachetée par la compagnie générale des communications (Cogecom), filiale de France Télécom. L'ODA intègre la division Multimédia de l'opérateur, même si les annuaires imprimés représentent encore 80% du chiffre d'affaires de l'ODA.

Lancée en septembre 1996 par Christophe Dupont rejoint en avril 1997 par Michel Bisac et Christophe Ruelle, la start-up Echo Interactive connaît très vite le succès en développant un des tout premiers moteurs de recherche francophones sur Internet. Le moteur de recherche séduit France Télécom qui, en avril 1997, prend 10 % du capital de la société par le biais de son fonds de capital-risque Innovacom. En juillet 1998, France Télécom Multimédia reprend une participation de 24% (ce qui porte la part du groupe à 34%). L'opérateur acquiert, en outre, la licence d'exploitation du moteur au niveau mondial.
Echo ne se résume pas à la technologie qui a permis de développer le moteur de recherche, c'est aussi eStat (outil de mesure d'audience) et eXtense (indexation des pages d'un site).

En juillet 1998, Wanadoo ouvre son portail moteur de recherche 'Voila'. Dès 1999, 120 millions de sites Web internationaux sont référencés, dont 6 millions sont français. En 2000, Voila.fr devient le moteur de recherche le plus consulté en France devant Yahoo.fr (Google ne lance la version française de son moteur de recherche qu'en mai 2000).
France Télécom monte à hauteur de 67% dans Echo avant juillet 2000, ayant racheté les 33% du capital que détenaient les deux autres fondateurs.
Wanadoo rachètera le 5 février 2001 à Christophe Dupont (qui dirige alors le site de communauté RESpublica de LibertySurf Group), les 33% du capital restants. Cette cession permettra donc à Wanadoo de prendre le contrôle total d'une société stratégique pour son développement.

Wanadoo L'Internet par France Télécom des débuts est devenu Wanadoo Internet avec France Télécom en 1999. (wnd845). Une façon sans doute pour France Télécom de ne plus considérer Wanadoo comme un vassal, mais un égal.

Wanadoo baisse sensiblement ses tarifs à partir du 1er juillet 1999 : l'abonnement à Wanadoo illimité passe à 75F/mois au lieu de 95F. "Wanadoo Illico" passe de 3 heures à 6 heures mais reste facturé 45 F par mois. De plus, le prix de l'heure supplémentaire passe de 19F à 15F (wnd109).

En septembre 1999, France Télécom Multimédia achète Alapage.com, site de commerce électronique, l'un des vendeurs phares de produits culturels en ligne en France, pour 49 millions d'euros. Alapage devient une filiale à 100% du groupe de télécoms. La marque Alapage restera indépendante mais des synergies vont se mettre en place notamment avec le portail Voila. Alapage pourra ainsi jouer le rôle de carrefour e-commerce de France Télécom. Alapage.com, qui propose 700.000 références (livres, disques, cassettes vidéo et CD-Rom), revendique 600.000 visites et 14.000 articles commandés sur son site chaque mois. Plusieurs kits lui seront consacrés (dont wnd126)

A compter du 1er novembre 1999, Wanadoo propose des forfaits Internet tout compris (accès + communications) avec trois nouvelles offres "Intégrales Wanadoo" : forfaits 3 heures/39 F par mois, 10 heures/99 F et 18 heures/159 F. Wanadoo double le nombre d'heures de connexion pour toute souscription Intégrale 10 H ou 18 H avant le 31 décembre 1999 (wnd827 ou wnd149)
L'heure supplémentaire est taxée à 18 francs, mais France Télécom indique que l'heure entamée ne sera due qu'au prorata de son utilisation.

Wanadoo devrait fêter en décembre 1999 le millionième abonné. Fin octobre, le FAI indique en recenser déjà 950.000. Yves Parfait, président de France Télécom Interactive depuis 1998 a indiqué qu'il espérait doubler le nombre d'inscrits en 2000.

 
 
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  1999 - 2001 : Débuts de ce (très) cher ADSL  
 

Après des expérimentations locales menées depuis début 1998 de la technologie de l'ADSL qui permet d'offrir à l'abonné, sur sa ligne téléphonique traditionnelle existante, un service de transmission de données à haut débit (plusieurs Mbits/s en voie descendante - du réseau IP vers l'abonné- et quelques centaines de kbits/s en voie remontante), tout en maintenant sur cette même ligne la disponibilité du service téléphonique, France Télécom a, au cours du mois d'avril 1999, soumis à homologation tarifaire des offres fondées sur la technologie ADSL sur un périmètre géographique constitué des six premiers arrondissements de Paris et des villes de Vanves, Neuilly-sur-Seine et Issy-les-Moulineaux.

Au moment de la proposition tarifaire de France Télécom, la société Grolier Interactive (Club Internet) a saisi le Conseil de la concurrence d'une demande de mesures conservatoires, pour "abus de position dominante", faisant valoir que, compte tenu de l'avance technique et commerciale prise par France Télécom et sa filiale France Télécom Interactive lors des expérimentations réalisées, le lancement des offres ADSL par France Télécom sans que soit assurée l'égalité d'accès des autres FAI à la technologie ADSL portait gravement atteinte aux conditions de concurrence sur le marché. Par une décision du 23 juin 1999, le Conseil de la concurrence a enjoint à France Télécom de suspendre la commercialisation de toute offre d'accès rapide à Internet par la technique ADSL pendant une période de quinze semaines afin que d'autres FAI puissent mettre en place leur propre offre d'accès à Internet par ADSL. L'Autorité de régulation des télécommunications (ART), prenant en compte les recommandations du Conseil de la concurrence, a rendu un avis (n° 99-582 en date du 7 juillet 1999) sur le lancement des offres ADSL de France Télécom. En application de cette décision, France Telecom a pu opérer le lancement commercial de l'ADSL (wnd910) à compter du 3 novembre 1999, en même temps que Club Internet et World-Net.

L'ART a pris acte de l'engagement " que l'offre de France Télécom Interactive Wanadoo ADSL sera commercialisée séparément du service Netissimo ". Elle considère que la communication faite par France Télécom concernant ses offres ADSL doit distinguer très clairement Netissimo, qui permet d'accéder aux services d'un ensemble de FAI, et Wanadoo, service Internet de France Télécom.

France Télécom propose deux offres Netissimo (pftel04) assez coûteuses :
- Netissimo 1, destiné aux particuliers, comprenant un accès à un service IP à des débits crêtes de 512 kbit/s en voie descendante et 128 kbit/s en voie remontante. Le prix d'accès au service comprenant notamment l'installation du filtre et du modem ADSL est de 775 francs TTC ; le prix mensuel d'abonnement est de 265 francs TTC ; la location du modem 45 francs TTC par mois ; sans compter l'abonnement ADSL auprès d'un fournisseur d'accès internet (le Forfait ADSL Wanadoo est à 135 francs/mois, celui de Club-Internet à 130 F, Easynet 120 F, WorldOnline 129 F)
- Netissimo 2, destiné aux entreprises, comprenant la location d'un modem ADSL ainsi qu'un accès à un service IP, à des débits crêtes de 1 Mbit/s en réception et 256 kbit/s en émission. Le prix d'accès au service est de 990 francs HT ; le prix mensuel d'abonnement est de 700 francs HT.

Suite à l'avis de l'ART du 19 juin 2001 relatif à l'évolution des tarifs Netissimo de France Télécom (et compte tenu du fait que le taux de TVA était passé de 20.6% à 19.6% au 1er avril 2000), Netissimo 1 passe de 262,80 F à 198 F TTC par mois à compter d'août 2001 (soit une baisse de 25% !) et Netissimo 2 de 700 à 600 F HT. Les frais d'ouverture n'ont pas été modifiés

Initialement limitée à quelques arrondissements parisiens et 6 communes d'Ile-de-France, l'implantation géographique s'est considérablement étendue en juillet 2000, puisque Netissimo est alors commercialisé dans toute la région parisienne et dans une cinquantaine de départements français. Près de 400 villes devraient bénéficier des services ADSL d'ici fin 2001. L'objectif de l'opérateur est de couvrir 80% de la population d'ici 2003.
En avril 2000, France Télécom comptait 12 500 abonnés Internet ADSL direct par Wanadoo ou via un autre FAI (pftel20 avec le nouveau logo France Télécom apparu en mars 2000). Parmi eux 15 à 20% utilisent Netissimo 2. A l'automne 2001, le rythme de nouveaux abonnés a fortement augmenté pour atteindre 10 000 ventes par semaine. Il était de 1 500 par semaine au printemps 2000. En septembre 2001, France Télécom indique compter 210 000 abonnés ADSL.

Pour le moment, le réseau France Télécom est encore un passage obligé pour toucher les particuliers. Outre Wanadoo, une dizaine de FAI s'appuie sur ces lignes ADSL Netissimo pour connecter leurs abonnés, tels que Club-Internet, World-Net, LibertySurf (depuis avril 2000), Easynet, Tiscali, ISDnet, Free, WorldOnline et Infonie. Mais Free a abandonné la commercialisation de son offre ADSL en mars 2000. En octobre 2001, le nombre des abonnés ADSL de Tiscali France est évalué à près de 3 000, celui de Club-Internet atteignant 20 000.

L'opérateur Cegetel a quant à lui lancé des tests d'accès ADSL en janvier 2000 auprès de 500 foyers de la principauté de Monaco. Cegetel n'avait en effet pas pu effectuer ces tests en France où le dégroupage n'est pas encore opérationnel.

 
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  2000 : France Télécom opère de grandes manœuvres en Europe  
 

Fin janvier 2000, France Télécom rachète l'opérateur réseau Global One en totalité à ses ex-partenaires, l'américain Sprint et Deutsche Telekom. Global One est le fournisseur de services de réseau de données créé en 1996 en tant que joint-venture par France Télécom, Deutsche Telecom et Sprint.
Le montant total de la transaction s'élève pour l'ancien opérateur public français à près de 4,4 milliards de dollars.
L'acquisition de Global One offre une dimension internationale à France Télécom sur le marché porteur du transport de données pour les multinationales, mais elle lui procure également un portefeuille de 30.000 clients internationaux et des éléments de base d'un réseau mondial de télécommunications.

Dans la nébuleuse France Télécom, il convient de faire état du service minitel iTi créé en 1987 qui propose des recherches de plans, cartes et itinéraires, d'abord sur le Minitel, puis sur Internet en 1997. iTi étend sa gamme de services peu après, en proposant des informations touristiques (1998) puis en permettant la réservation d'hôtel en ligne (1999). En avril 2000, le calculateur d'itinéraire iTi lance une nouvelle version du site et change de nom pour devenir Mappy.com.
iTi est rebaptisé Mappy et élargit ses services à l'Europe.
Mappy est édité par LPRI, filiale à 100 % de France Télécom et réalise encore 80% de son chiffre d'affaire grâce au Minitel, aussi un service 3615 mappy voit le jour parallèlement au 3615 iti existant.

Le 29 mai 2000, France Télécom et le groupe Vodafone ont conclu un accord par lequel France Télécom devait acquérir, la totalité des actions composant le capital d'Orange plc, opérateur de télécommunications mobiles britannique, filiale de Mannesmann qui vient d'être acquis par Vodafone. C'est pour des questions de concurrence que Vodafone est contraint de vendre Orange, numéro 3 au Royaume-Uni, derrière Vodafone et British Telecom.

Le financement, assez complexe, de cette acquisition, d'un montant total de 35,47 milliards d'euros, s'est effectué en plusieurs volets. Dans un premier temps, en août 2000, France Télécom a apporté 21,5 milliards d'euros en numéraire et 129,20 millions d'actions France Télécom en échange des actions Orange. Sur ces 129,20 millions d'actions, 15,35 ont immédiatement été rachetées à Vodafone pour 2,15 milliards d'euros, de sorte que Vodafone ne détienne pas plus de 9,9 % du capital de France Télécom, pour satisfaire les contraintes de la régulation britannique. Cet apport d'actions était assorti d'une option de reprise, à un cours défini (entre 100 et 105 euros, contre un cours de 170 euros au moment de la conclusion de l'accord). Compte tenu de la baisse de l'action France Télécom en dessous de ces cours garantis, les 113,85 millions d'actions France Télécom encore détenues par Vodafone ont dû être ultérieurement rachetées par France Télécom pour 11,63 milliards d'euros en mars 2001 et mars 2002.
Au total, cette acquisition, qui aurait dû s'effectuer à 60 % en numéraire et 40 % en actions, a été payée cash à 100 % par France Télécom.
J'ai retenu le chiffre de 35,47 milliards d'euros figurant dans le Rapport d'information n° 274 (2001-2002) de M. Gérard Larcher, fait au nom de la commission des affaires économiques, déposé le 26 mars 2002. On trouve sur Internet des chiffres parfois beaucoup plus élevés : 39,7 chez Wikipédia, voire 50 milliards ailleurs.

En juin 2000, France Télécom Interactive relance son offre d'accès "Wanadoo sans abonnement" en baissant les tarifs avec la formule "Accès Libre". Les 0,45 F la minute (wnd886) font place à 0,14 F/min en heures creuses et 0,28 F/min en heures pleines (wnd170), un barème compatible avec toutes les options tarifaires de France Télécom. Par ce biais, France Télécom tente de séduire les internautes amateurs en suivant l'exemple de France Explorer (de Jet Multimédia) qui fut le premier fournisseur d'accès Internet sans abonnement, facturé selon le temps de communication fin 1996. Accès Libre complète ainsi la gamme des offres Wanadoo (intégrales, câble, ADSL).

Le 23 mars 2000, France Télécom a consenti un prêt de 3 749 millions d'euros à une société détenue conjointement par France Télécom et MobilCom, afin de permettre à cette société de disposer du financement nécessaire à sa candidature à l'attribution d'une licence UMTS de téléphonie mobile. En septembre 2000, France Télécom a fait apport à MobilCom de sa participation dans cette société, en échange d'une participation de 28,5 % au capital de MobilCom, opérateur allemand de téléphonie fixe et mobile et fournisseur de services d'accès à Internet avec sa filiale Freenet (zde343).

 
 
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  2000 : Wanadoo englobe PagesJaunes, entre en Bourse et grossit  
 

En 2000, ODA fusionne avec d'autres sociétés éditrices d'annuaires de France Télécom, ainsi qu'avec une partie du Service national des annuaires de celui-ci, et d'annuaires spécialisés (dont Kompass) pour fonder PagesJaunes qui réunit les activités d'édition d'annuaires imprimés, électroniques et multimédia du groupe, ainsi que de création de sites internet et de marketing direct (via sa filiale Mediatel).

Lors de la présentation des excellents comptes annuels 1999 de France Télécom (chiffre d'affaires de 178 milliards de francs, en hausse de 10,5 %, et bénéfice net de 18 milliards de francs, soit 20,4 % de plus qu'en 1998), son PDG, Michel Bon, a annoncé qu'il étudiait la possibilité d'introduire en Bourse "tout ou partie" de ses actifs Internet. Résultat, jeudi 2 mars 2000, l'action France Télécom s'est envolée de 25,5 %, en clôturant à 219 euros, son plus haut cours historique.
Rappelons que si l'euro ne sera introduit que le 1er janvier 2002 sous sa forme fiduciaire (pièces et billets), il est en usage sous sa forme scripturale (dans les comptes) dès le 1er janvier 1999. En conséquence toutes les transactions boursières se font en euro depuis cette date avec une parité fixe (1 euro = 6.55957 francs français = 1.95583 deutsche mark = 1936.27 lires italiennes…).

En 2000, préalablement à l'introduction en Bourse de Wanadoo, France Télécom a apporté certaines activités du SNAT (division de France Télécom en charge de l'édition des annuaires téléphoniques) à l'ODA, puis a apporté la totalité des actions de l'ODA à Wanadoo. La dénomination de l'ODA a alors été modifiée pour devenir " PagesJaunes " (wnd704) qui est apportée à Wanadoo en juin 2000. À la suite de cette réorganisation, PagesJaunes est devenue propriétaire des activités d'édition d'annuaires du Groupe France Télécom, à l'exclusion de celles liées à l'Annuaire (anciennement dénommé Pages Blanches) et à la recherche alphabétique sur PagesJaunes 3611 qui ont été conservées par France Télécom. La régie publicitaire ainsi que la conception et la fabrication de l'Annuaire et de PagesJaunes 3611 ont toutefois été confiés à PagesJaunes par France Télécom. Par ailleurs, le Groupe PagesJaunes a développé son offre publicitaire au-delà de celle des annuaires grand public, avec une gamme d'annuaires à destination des professionnels (Kompass, PagesPro), ainsi qu'une gamme de prestations liées aux activités de marketing direct (Wanadoo Data).

L'opérateur France Telecom, première capitalisation boursière à Paris et récent acquéreur pour 230 milliards de francs environ (35,47 MM€) de l'opérateur Orange, numéro trois de la téléphonie mobile en Grande-Bretagne, annonce le jeudi 29 juin 2000 le placement en Bourse d'environ 10% de Wanadoo, qui regroupe désormais toutes ses activités Internet grand public : fourniture d'accès Internet, portails généralistes Voila ou thématiques, le commerce électronique et les Pages Jaunes. France Télécom met finalement à la disposition du marché 102 millions d'actions Wanadoo, représentant 9,2% du capital, au prix unitaire de 19 euros. Sur ces 102 millions de titres, les particuliers en ont obtenu 46,8 millions, les institutionnels 43,2 millions et le personnel de France Télécom le solde. Wanadoo fait son entrée en Bourse le 19 juillet 2000 et reçoit un accueil favorable en terminant sa première journée de cotation à 21 euros, en hausse de 10,53% par rapport à son prix d'introduction de 19 euros. Cet appel au marché permet à Wanadoo de lever 1,9 milliard d'euros. L'argent levé devrait notamment servir au développement international du fournisseur d'accès dans des pays comme la Belgique (zbe37), les Pays-Bas (znl10), le Danemark (zdk03), l'Espagne (zes02), le Maroc (zma04). L'objectif annoncé est d'atteindre 10 millions d'abonnés actifs en Europe d'ici 2003 contre 1,8 million fin avril 2000.

Le 12 juillet 2000, Wanadoo prend une participation de 93,15% du capital de RidingZone.com, un site dédié aux sports de glisse. Les derniers 6,85% du capital restent dans les mains des trois fondateurs du site : Philippe de Moustier, Jean-Pierre Martin et Jean-Baptiste Lefoulon. Le redémarrage du site se fera sous la houlette de Wanadoo qui fera en sorte d'accroître la visibilité et la notoriété du site, dont les 15-25 ans constituent la cible prioritaire. Des kits verront le jour (wnd291).

Le 7 décembre 2000, Wanadoo annonce le rachat de Freeserve, le n°1 de l'accès internet britannique (zuk230), avec plus de 2 millions de comptes actifs, ce qui était, cas unique en Europe, beaucoup plus que l'opérateur télécom historique BT (anciennement British Telecom); BT dont Freeserve utilise les réseaux.

Freeserve, fondé en 1998 et introduit à la Bourse de Londres en juillet 1999, est détenu à près de 80% par le groupe Dixons de distribution d'électronique grand public (zuk229), Sa formule d'accès Internet illimité et gratuit (sans abonnement) facturé au prix d'une communication téléphonique locale avait largement favorisé son succès, ainsi que l'appartenance au réseau multi-enseignes de son principal actionnaire qui compte plus de 1 100 points de distribution outre-Manche.
Wanadoo opère ce rachat en lançant une offre publique d'échange (OPE) amicale d'un montant de 1,65 milliard de livres sterling (2,7 milliards d'euros). Les actionnaires du FAI britannique échangeront 1 action Freeserve contre 0,2225 action Wanadoo, ce qui valorise le titre Freeserve à 157 pence, soit 11,25 % de plus que le cours de clôture de l'action le 5 décembre. Wanadoo émettra 236,4 millions d'actions nouvelles pour financer cette acquisition. La marque Freeserve sera conservée sur le marché britannique (zuk151).

A l'issue de l'opération, Dixons deviendra le deuxième actionnaire de Wanadoo avec 12,7 % du capital. France Télécom gardera le contrôle de sa filiale Internet avec environ 74 % du capital tandis que la part du public atteindra un peu plus de 12 %.

Ce rachat permet à Wanadoo de rester dans la course au leadership européen et de répondre au mouvement de consolidation du secteur de l'accès à Internet orchestré par ses concurrents opérateurs de télécommunications, Deutsche Telekom (T-Online), Tiscali, mais aussi l'espagnol Telefonica dont la filiale Terra Lycos s'est offerte le réseau suédois Spray en septembre et qui dispose d'un allié de poids dans les contenus et le commerce électronique à travers son alliance avec Bertelsmann.

Au 31 décembre 2000, sont leaders en Europe :
- T-Online, filiale Internet de l'opérateur Deutsche Telekom, est indiscutable n°1 européen (notamment n°1 en Allemagne et n°2 en Espagne) avec les enseignes T-online, Club Internet, Ya.com et Terravista
- Tiscali, notamment n°3 en Italie et n°2 en Espagne, avec Tiscali, World Online et LibertySurf
- Wanadoo, notamment n°1 en France et au Royaume-Uni, avec Wanadoo er Freeserve.

Le 18 décembre 2000, on apprend que Wanadoo rachète Indice Multimedia en Espagne, le second opérateur d'annuaires dans ce pays, pour 360 millions d'euros. Avec ce rachat, Wanadoo conforte sa politique de croissance dans les annuaires et poursuit sa stratégie d'internationalisation en vue de devenir l'un des principaux acteurs de l'Internet européen.

Au début de l'année 2001, France Télécom Interactive prend le nom de Wanadoo Interactive souvent mentionné au verso des kits sous l'esperluette & france telecom (exemple wnd691).

Avec la publication des résultats financiers 2000 de Wanadoo en mars 2001, Nicolas Dufourcq, son PDG, peut annoncer que la filiale Internet de France Télécom a réalisé un chiffre d'affaires de 1,111 milliard d'euros pour l'exercice 2000, en hausse de 37%, mais une perte nette de 102 millions d'euros, contre 1,9 million d'euros un an plus tôt. En 2000, deux tiers du chiffre d'affaires sont issus du segment "annuaires et services pros", qui pèse à lui seul 750 millions d'euros (+8% par rapport à 1999) pour un résultat positif de 209 millions (+1,5%). L'activité purement Internet a réalisé un chiffre d'affaires 360 millions d'euros (+220% par rapport à 1999) pour une perte nette de 332 millions d'euros, en hausse de 97%. Dans ce total, la fourniture d'accès a représenté 276 millions d'euros de facturations grâce à 2,4 millions d'abonnés, dont 610.000 à l'international. L'activité des portails (Wanadoo.fr, Voila.fr, etc.), qui dépend de la publicité, a permis à Wanadoo d'engranger 63 millions d'euros (+436%). Enfin le chiffre d'affaires du E-commerce (vente en ligne), une division qui englobe notamment Alapage ou Marcopoly (site de vente de produits électroménagers repris par Wanadoo en mars 2000 pour un montant estimé à 27 millions d'euros), s'est élevé à 21 millions d'euros (+576%). Les résultats 2000 n'intègrent pas les nouvelles acquisitions de décembre, le FAI britannique Freeserve et les activités annuaires de l'espagnol Indice Multimedia.
Après l'énorme correction boursière de l'année 2000, ce n'est plus sur la croissance du chiffre d'affaires que les regards des investisseurs se tournent, mais sur la rentabilité.
A l'horizon 2003, Wanadoo confirme les objectifs annoncés lors de son introduction en bourse en juillet dernier : passer la barre des 10 millions d'abonnés et faire partie du trio de tête européen sur l'accès, l'audience et les annuaires.

 
 
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  2000 - 2001 : France Télécom acquiert Equant et introduit Orange en Bourse  
 

Orange, la filiale de téléphonie mobile de France Télécom, est introduite en bourse le 13 février 2001 simultanément à Paris et à Londres. Ce sont 633 millions d'actions, représentant 13 % du capital d'Orange, qui ont été proposées au prix de 9,50 € pour le grand public (10 € pour les investisseurs institutionnels), ce qui permet à l'opérateur de lever 6.3 milliards d'euros. En y ajoutant les 2,7 milliards d'euros d'obligations échangeables émises, l'opérateur récolte 9 milliards d'euros.
France Télécom a dû revoir le prix de l'action Orange à la baisse, sous la pression des investisseurs et de conditions de marché difficiles.
L'opérateur français avait annoncé en mai 2000 le rachat d'Orange plc, numéro deux européen de la téléphonie mobile au Britannique Vodafone, pour un montant estimé de plus de 35 milliards d'euros, une somme astronomique qui a endetté lourdement le groupe. Les activités de téléphonie mobile d'Orange plc furent alors fusionnées avec les activités mobiles de France Télécom (Itineris, Ola et Mobicarte) constituant le nouveau groupe Orange SA.

Itineris (wnd119), Ola (wnd114) et Mobicarte (wnd110), les trois marques de France Telecom de téléphonie mobile, sont remplacées par la marque unique Orange à partir du 21 juin 2001.

Lancé en France en janvier 2001, PC City (wnd260), la filiale du groupe britannique de distribution d'électronique grand public Dixons, a signé cet été un accord avec Wanadoo sur la commercialisation de son offre d'accès Internet. La marque européenne de Dixons distribue depuis le 10 novembre 2001 sur son site, et de manière exclusive, l'offre du fournisseur d'accès. Une offre relayée par le magasin français de PC City, implanté à Villebon (Essonne).

Le 20 novembre 2000, France Télécom annonce la prise de contrôle d'Equant, opérateur néerlandais, spécialisé dans l'offre de services aux multinationales. Au terme d'un montage complexe, l'opérateur français va prendre le contrôle d'Equant en titres (valorisés 3,5 milliards d'euros), en liquide (1,3 milliard de dollars) et en actifs via l'apport de sa filiale Global One valorisée 3 milliards d'euros. Il devient ainsi numéro un mondial dans les services de données aux multinationales, avec environ 10% du marché des réseaux des données à l'international.

L'histoire d'Equant est liée à celle de la Société internationale de télécommunication aéronautique (SITA), société coopérative belge fondée en 1949 par onze compagnies aéronautiques désireuses de mettre en commun leurs équipements de communication.

Equant NV est introduit en Bourse à Paris et New York le 21 juillet 1998, SITA conservant 35 % des actions. Première entreprise mondiale des services télécoms à haut débit pour les multinationales, Equant connaît une ascension boursière fulgurante et est admise dans le CAC 40 le 20 juillet 1999.
Après avoir atteint 137 € le 11 février 2000, l'action perd cependant près de 80 % en quelques mois, dans la foulée de l'éclatement de la bulle Internet pour terminer l'année 2000 à 27,85 €

Entre-temps, en mai 2001, Equant sort du CAC 40, remplacé par Orange SA, filiale récente de France Télécom, à la suite de la chute continue de l'action Equant, tombée à 11 € en juin 2001. Equant continue d'être cotée sur les bourses de New York et d'Euronext Paris.

En quête d'un repreneur, Sita vend sa part de 35 % dans Equant NV à France Télécom en novembre 2000 par échange de titres. La fondation SITA, actionnaire historique d'Equant, détient désormais 30,9 millions d'actions France Télécom qu'elle remettra de façon concertée sur le marché.

L'opérateur téléphonique français opère la fusion le 29 juin 2001 d'Equant avec Global One, sa filiale détenue en totalité au début de l'année 2000. France Télécom détient 54,27 % du nouvel ensemble Equant.

 
 
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  2000 - 2001 : Le " délire UMTS "  
 

Apparue en 2000, l'UMTS [Universal Mobile Telecommunications System - système universel de télécommunications mobiles], la troisième génération (3G) de téléphonie mobile, ayant des débits bien plus rapides qu'avec la génération précédente, le GSM, permet l'accès à Internet, le visionnage de vidéos, voire d'émissions de télévision et la visiophonie.

La folie européenne sur l'UMTS fut le résultat :
- d'une programmation européenne précipitée (au 1er janvier 2002) et par là-même déraisonnable du déploiement de cette nouvelle technologie nécessitant l'installation de réseaux d'un coût très élevé, avant même que les investissements opérés sur le GSM aient été entièrement amortis,
- de prix pharamineux d'obtention des licences en Grande-Bretagne, en Allemagne et, pendant un temps, en France.

Au Royaume-Uni, Il aura fallu un total de 149 surenchères depuis le 6 mars 2000 parmi les 13 candidats en lice au départ pour que les 5 licences UMTS trouvent preneurs. Les deux principales licences (A réservée aux " nouveaux entrants " et B réservée aux opérateurs déjà présents sur le marché britannique) sont les plus recherchées en raison de leur plus grande capacité d'accès à la large bande.

Les enchères pour leur attribution se sont soldées en avril 2000 par une facture finale de 22,47 milliards de livres (38,4 milliards d'euros). Une manne inespérée pour le gouvernement de Tony Blair, mais une facture colossale pour les opérateurs victorieux : le groupe britannique Vodafone (6 milliards de livres pour sa licence), l'opérateur canadien TIW (Telesystem International Wireless, allié au groupe de Hong Kong, Hutchison Whampoa - 4,4 milliards), l'actuelle filiale de Mannesmann Orange (4,1 milliards), BT3G filiale de British Telecom (4,1 milliards) et enfin One2One filiale de Deutsche Telekom (4 milliards).

NTL Mobile a abandonné les enchères pour arrêter les frais. Du coup, France Télécom, son partenaire qui en est l'actionnaire principal depuis juillet 1999, ne fera pas partie des futurs exploitants UMTS outre-Manche. Par contre, il va profiter du fait que Orange devra être cédé par Mannesmann, condition exigée par Bruxelles pour consentir au mariage Vodafone/Mannesmann.

L'Allemagne a encaissé 98,8 milliards de Deutsche Marks (soit environ 50 milliards d'euros !) grâce à la vente aux enchères des licences UMTS en août 2000. Six licences ont été accordées le 6 octobre 2000 aux opérateurs de téléphonie mobile : DeTeMobil (filiale de Deutsche Telekom), Mannesmann Mobilfunk, MobilCom Multimedia, Auditorium Investments Germany (consortium formé par la société mère E-Plus KPN et Hutchison Whampoa), VIAG Interkom et Group 3G (consortium de l'espagnol Telefónica et du finlandais Sonera).

MobilCom et son partenaire France Télécom, qui détient une participation de 28,5% dans le groupe allemand, ont obtenu ainsi l'une des six licences UMTS pour un coût de 8,369 milliards d'euros.

En France, le 18 août 2000, le gouvernement annonce les conditions d'attribution des quatre licences UMTS. Elle se fera non pas aux enchères, mais sur dossier (" le concours de beauté "), et le montant des droits d'exploitation sera fixé à 130 milliards de francs au total, soit 32,5 milliards de francs (4,95 milliards d'euros) par candidat.
Les candidats devront déposer leur dossier au plus tard le 31 janvier 2001. Les dossiers seront étudiés par l'ART qui devra se prononcer avant le 31 mai. Le gouvernement prévoit de délivrer les autorisations en juin 2001 pour une mise en service des nouveaux réseaux au 1er janvier 2002.
En pratique, seuls Orange (France Télécom) et SFR (Cegetel, filiale de Vivendi Universal) déposeront un dossier, car on assistera au retrait en janvier 2001 de Suez Lyonnaise, puis de Bouygues Télécom, qui jugeaient le ticket d'entrée trop élevé. L'ART se prononcera le 30 mai. La délivrance des autorisations sera signée le 18 juillet, mais les arrêtés ne seront publiés que le 21 août 2001. Quant à la mise en service, le premier opérateur de réseau mobile à lancer son offre commerciale sur la totalité du territoire français sera SFR - Société française du radiotéléphone - le 10 novembre 2004, suivi par Orange le 9 décembre 2004.
Bouygues Télécom se verra attribuer une licence en décembre 2002, Free en janvier 2010.

Le principe de réalité - et le retournement boursier (renforcé par les événements du 11 septembre) - ayant fait leur œuvre, la facture a été divisée par plus de huit le 16 octobre 2001. France Télécom (et Vivendi) n'ont eu à verser " que " 619 millions d'euros pour l'attribution d'une licence UMTS, ainsi qu'une taxe proportionnelle au chiffre d'affaires futur de l'UMTS, à un taux alors non défini. Cette mesure s'applique de façon rétroactive à ceux qui sont déjà titulaires d'une licence : Orange et SFR. Deux autres licences restent encore à pourvoir. Le 30 novembre 2001, le ministère de l'Economie a arrêté pour cette taxe un taux de 1%, au plus bas de la fourchette initialement envisagée (1 à 2%). En contrepartie, Bercy a obtenu d'Orange et SFR qu'ils investissent chacun 76,2 millions d'euros supplémentaires pour assurer la couverture GSM des "zones blanches" du territoire.

En laissant grimper le prix des licences à des sommets vertigineux, ces États ont contribué à faire gonfler artificiellement la bulle financière des valeurs de télécommunications, à assécher les moyens financiers mobilisables par les opérateurs et à alourdir leur endettement. France Télécom, en plus de l'acquisition française, s'est ainsi engagé indirectement dans l'engrenage fatal des enchères anglaise et allemande et s'est retrouvé contraint d'acheter à prix d'or des sociétés (Orange, MobilCom) ayant elles-mêmes acquis à des prix sidérants les fameuses licences UMTS.

 
 
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  2001 - 2002 : Wanadoo restructure ses Portails et acquiert eresMas  
 

Wanadoo affronte une conjoncture maussade et doit atteindre l'objectif fixé d'un excédent brut d'exploitation positif fin 2002. Il faut redresser le cours de l'action, qui a perdu 69 % en un an : introduite à 19 € le 19 juillet 2000, elle cote en effet moins de 6 € en juillet 2001. L'action touchera d'ailleurs un plus bas annuel de 3.80 € mi-septembre.

Contrairement aux branches accès et annuaires, qui ont été structurées avant l'introduction en Bourse en juillet 2000, les 3 branches portails, services aux professionnels et e-commerce de Wanadoo ne l'ont pas été et restent constituées d'une myriade de petites sociétés conservant toutes une direction et des structures administratives distinctes.

En juillet 2001, il est décidé que tout l'e-commerce sera regroupé sous Alapage.com, à l'exception de Marcopoly. Wanadoo Pro rassemblera les éléments qui composaient les services professionnels et, surtout, Wanadoo Portails va chapeauter l'ex- France Télécom Multimédia Services (ou FT2MS) (qui regroupait les portails Voila et Wanadoo.fr), tous les portails verticaux (dont Mappy, Goa, @près L'école et Ridingzone…), et le moteur de recherche Voila. A l'époque, la liste est longue des sites internet à contenu éditorial dans le giron de Wanadoo ou de France Télécom Multimedia. Cela va de sites ludiques comme Goa.com, pratiques comme cartexpress.com (cartes de vœux) (wnd187), à ceux dédiés à la lecture comme lalibrairie.com, galaxidion.com et librissimo.com... souvent liés au site marchand Alapage.

Au vu de la croissance moins forte que prévu et des lourdes pertes constatées sur les activités "Portails" de Wanadoo comparé aux autres pôles, Nicolas Dufourcq, le PDG de Wanadoo, explique en septembre 2001 le mouvement de réorganisation interne de la filiale de France Télécom. La division Wanadoo Portails va enclencher des mesures d'économie basées sur la mutualisation des moyens et le recentrage sur son métier de "distributeur" (et non de "création") de contenu sur les deux marques phares : Wanadoo.fr, le point d'entrée Internet destiné aux abonnés du FAI a 4,6 millions de visiteurs uniques et le portail généraliste Voila.fr 2,1 millions de visiteurs (70% des utilisateurs de Voila ne sont pas des abonnés Wanadoo).

Un choix stratégique qui laisse certaines marques positionnées sur le terrain du contenu au bord du chemin. Parmi elles, Mappy, @près L'école, Goa et Ridingzone.com. Les nouveaux axes de développement du groupe Wanadoo privilégient l'intégration opérationnelle de ces quatre sites et le rapatriement dans la maison-mère des équipes dédiées à ces activités.

Pour Mappy (itinéraires et guide de déplacement en France et en Europe), des salariés ont rejoint le quartier général de Wanadoo à Issy-Les-Moulineaux, et les efforts sont concentrés sur les besoins en interne, notamment pour la cartographie des Pages Jaunes sur Internet.
@près L'école est le service ludo-éducatif lancé en octobre 1998 (wnd766) par France Télécom Multimédia Éducation puis intégré dans Wanadoo l'année suivante. Destiné aux enfants de 9 à 12 ans, puis de 7 à 13 ans (wnd098), il compte plusieurs milliers d'abonnés, à 40 francs par mois et fait concurrence à Adibou (Havas - Vivendi) et Hachette. Il sera aussi intégré dans la galaxie des grands portails maison. Son contenu éducatif est désormais destiné à alimenter prioritairement les chaînes thématiques des portails Voila.fr et Wanadoo.fr.
Même tendance pour la plate-forme de jeux en ligne Goa.com (wnd116), élaborée dans le giron de France Télécom Multimédia Jeux et dont 70% des utilisateurs ne sont pas des abonnés Wanadoo. Une déclinaison du service a été lancée pour les abonnés FAI sous le label Wanadoo Jeux.
RidingZone.com, le site de contenu dédié aux sports de glisse, notamment le surf (wnd798), de surcroît avec de faibles audiences et revenus, entré dans le giron de l'entreprise en juillet 2000, n'a plus sa place. Wanadoo monte à 100 % dans le capital de la société en rachetant les dernières parts minoritaires (6.85%) des trois fondateurs du site, puis le ferme en décembre 2001.

L'action France Télécom, qui figure dans le portefeuille de quelque 1,6 million de particuliers, a chuté lundi 24 juin 2002 de 16%, à 10,40 € et perd 77% depuis début 2002. Il se retrouve très loin de son cours d'introduction en 1997 (équivalant à 27,75 €) et encore davantage de son plus haut historique: 219 € en mars 2000.
L'action Orange, elle, a baissé de 11%, à 4,55 €. Les actionnaires individuels l'avaient payée 9.50 € il y a 16 mois à peine. Quant à Wanadoo, introduite à 19.00 € en juillet 2000, elle se retrouve à 4.50 €. Cause du plongeon : la notation de France Télécom, correspondant à la qualité de crédit d'une entreprise, vient d'être dégradée ce lundi de deux crans par l'officine de notation Moody's en raison de son endettement. Moody's estime que la dette nette du groupe dirigé par Michel Bon atteindra au moins 70 milliards d'euros à la fin de l'année.

Le 1er juillet 2002, le logo Wanadoo fait peau neuve. Le bleu dominant fait désormais place au gris et au rouge framboise, accompagnés d'un blason en forme de touche de clavier contenant un "w" à l'allure de trident inversé, avec "positive generation" sous la marque wanadoo (wnd376). La France sera bien sûr le premier pays à accueillir les nouvelles couleurs de Wanadoo. La Belgique, l'Espagne (zes17) et les Pays-Bas (znl10) suivront dès cet automne. "Pour le Royaume-Uni, note Nicolas Dufourcq, le PDG de Wanadoo, nous avons également prévu à terme la disparition de la marque Freeserve au profit de Wanadoo". Ce sera fait en avril 2004 (zuk255). Le FAI britannique, qui avait été racheté en décembre 2000 par Wanadoo, aura donc subi le même sort que LibertySurf en France, dont la marque a finalement été gommée par Tiscali.

En juillet 2002, Wanadoo acquiert le FAI espagnol eresMas. La filiale Internet de France Télécom reprend au groupe de services télécoms Auna 100 % du capital d'eresMas (zes12) par échange d'actions. Pour boucler l'opération, évaluée à 255 millions d'euros, 54 millions de nouvelles actions Wanadoo seront émises. Wanadoo récupère ainsi 1,03 million d'abonnés actifs sur le marché espagnol, qui s'ajoutent aux 490 000 clients déjà collectés par Wanadoo España (zes02). Doté d'un parc total d'environ 1,5 million d'abonnés, Wanadoo se positionne désormais comme le nouveau concurrent direct de Terra Networks (zes30) avec 34 % de part du marché ibérique.
Cette nouvelle opération de croissance externe arrive un mois après le rachat du petit FAI néerlandais MyWeb par Wanadoo. Elle lui permet de devenir le FAI numéro 2 européen avec 7,8 millions d'abonnés actifs derrière le leader allemand T-Online (11,2 millions) et devant Tiscali (7,4 millions) en pleine réorganisation après l'absorption des multiples marques du groupe (LibertySurf, World Online, Freesbee, Infonie...).

Pour la rentrée de septembre 2002, Wanadoo crée une formule bas débit "spécial étudiant" qui privilégie au plan tarifaire les connexions Internet de nuit (wnd348) et propose à tous ses clients une large gamme de forfaits (de 5h à 60h et même 72h avec l'option fidélité) (wnd350), y compris des forfaits à un prix modique pour découvrir l'Internet (formule accès libre sans abonnement, sans engagement à 2 centimes la minute - wnd377).
Pour le haut débit, où il dispose d'une part de marché alors écrasante, Wanadoo propose une réduction de 75 euros sur l'achat d'un pack eXtense (wnd355) et l'offre aux étudiants pour la rentrée (wnd349).

Le 11 octobre 2002, Nicolas Dufourcq, PDG de Wanadoo, et son bras droit Yves Parfait, patron de la division accès Internet du groupe, ont présenté la nouvelle gamme d'offres ADSL commercialisée sous la marque eXtense. Celle-ci va s'élargir par segmentation de débits. Les internautes pourront ainsi choisir entre trois forfaits ADSL accès illimité haut débit en fonction du débit : 128 K (30 €), 512 K (45,42 €) et 1024 K (80 €). (wnd400).
La direction de Wanadoo a indiqué qu'elle ne comptait pas entrer dans la bataille des prix avec son concurrent Free qui a annoncé le 19 septembre une offre d'accès ADSL à 512 K à 29,99 €.

 
 
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  2002 - 2004 : Changements de PDG et plan "Ambition FT 2005"  
 

Michel Bon, depuis exactement 7 ans à la présidence de France Télécom, a donné sa démission le 12 septembre 2002 à la suite d'un conseil d'administration officialisant des pertes historiques : 12,2 milliards d'euros au premier semestre. Tout comme Jean-Marie Messier, le patron de Vivendi contraint au départ forcé le 3 juillet dernier, tout comme Ron Sommer, le président du directoire de Deutsche Telekom débarqué le 16 juillet, le PDG de France Télécom n'a pas pu résister au besoin d'électrochoc politico -financier après 18 mois de vertige financier. Il est remplacé par Thierry Breton le 2 octobre 2002.

En prenant les rênes de France Télécom le 13 septembre 1995, Michel Bon héritait d'une structure endettée à hauteur de 12 milliards d'euros. Sept ans plus tard, plombée par les dépréciations d'actifs, la dette approche les 70 milliards. Le titre de l'opérateur, introduit en Bourse en octobre 1997, n'aura pas mieux résisté à l'éclatement de la "bulle Internet" en perdant 95 % de sa valeur depuis mars 2000.

Deux éléments récents se sont cumulés pour renchérir considérablement le poids de la dette de France Télécom, à un moment où le retournement brutal des marchés financiers rendait difficile tout refinancement en fonds propres :
- les prix exigés des États européens pour l'acquisition de licences de téléphonie mobile de troisième génération UMTS.
- les opérations de croissance externe très coûteuses (particulièrement Orange), juste avant l'éclatement de la " bulle Internet ".

La croissance externe réalisée au prix fort.
C'est à partir de début 2000, alors que les valeurs technologiques atteignaient des sommets que France Télécom est parti à la conquête des nouveaux univers télécoms : l'Internet, le mobile et les infrastructures, et qu'il s'endetta démesurément. En l'espace de quelques mois, France Télécom rachète fin janvier l'opérateur Global One pour 4.4 milliards de dollars, fait main basse sur 28,5 % du capital de l'opérateur allemand MobilCom pour 3,7 milliards d'euros, acquiert le britannique Orange pour 35.5 milliards d'euros et récupère l'opérateur réseau pour les entreprises Equant pour 5 autres milliards d'euros.
En matière d'Internet, avec Wanadoo, France Télécom va également accélérer la cadence des acquisitions : Alapage.com en septembre 1999 pour 50 millions d'euros, Marcopoly en mars 2000 pour 27 millions d'euros, le FAI britannique Freeserve pour 2,7 milliards d'euros en décembre 2000, l'éditeur d'annuaires espagnol Indice Multimedia pour 360 millions d'euros en décembre 2000.

Après ces opérations, cumulées à la nécessité de mobiliser les ressources correspondant aux prix des licences UMTS, la dette du groupe s'élevait au chiffre record de 65 milliards d'euros au 30 juin 2001. Elle grossit encore avec le rachat du FAI espagnol eresMas pour 255 millions d'euros en juillet 2002.

Si Wanadoo (filiale contrôlée à 73,2% par France Télécom) peut s'enorgueillir d'être le FAI leader incontesté sur son marché domestique et un challenger de poids sur le plan européen avec 7,8 millions d'abonnés actifs, la filiale Internet de France Télécom est toujours en perte. Mais, surtout, le niveau gigantesque des dépréciations comptables nécessaires chez France Télécom pour rattraper les acquisitions d'entreprises opérées à des niveaux bien au-dessus de leur valeur réelle a conduit à un endettement massif et des pertes vertigineuses.

Après la présentation du plan de redressement du groupe France Télécom faite par le nouveau P-DG Thierry Breton au conseil d'administration le 4 décembre, Nicolas Dufourcq, le président de Wanadoo depuis septembre 2000, a donné sa démission. Elle prendra effet le 15 janvier 2003. Olivier Sichel, auparavant directeur de la division commerce électronique de Wanadoo (Alapage), prendra sa succession.

Thierry Breton, nouveau P-DG de "L'entreprise la plus endettée du monde", présente le 5 décembre 2002 à Paris, devant la presse internationale, son plan de sauvetage estampillé "Ambition FT 2005", avec "la règle des trois 15" pour "reprendre en main [son] destin". Les "trois 15", ce sont trois vagues de 15 milliards d'euros. D'abord 15 milliards de réduction de la dette par des économies à réaliser en interne sur les coûts de fonctionnement. Ensuite, 15 milliards de "renforcement des fonds propres", soit une augmentation de capital, dont 9 seront souscrits par l'État en tant qu'actionnaire majoritaire (56,4%), et 6 autres milliards en émissions d'obligations. Enfin, 15 autres milliards au titre d'un programme de "refinancement de la dette" à prendre en charge par les banques et les investisseurs.

Le 14 janvier 2003, Wanadoo annonce que l'exercice 2002 se solde par un chiffre d'affaires de 2,075 milliards d'euros, en progression de 33 %. Le principal moteur de cette croissance revient au segment accès, qui a progressé de 66 % pour atteindre 1,031 milliard d'euros avec 8,535 millions d'abonnés, dont 1,374 million en haut débit. L'activité annuaires est à 880 millions d'euros (+7%) et ne représente plus que 42% du CA. Activité portail 117 millions d'euros et e-Marchant (dont Alapage) 51 millions. La publication des résultats en février indiquera que Wanadoo a réalisé 30 millions d'euros de bénéfice net.

Au 31 décembre 2002, T-Online (avec 12,245 millions d'abonnés), Wanadoo (8,535) et Tiscali (7,300) forment, dans cet ordre, le tiercé de tête du marché de l'accès Internet européen totalisant 45 % des abonnés. Les deux premiers sont des émanations Internet d'opérateurs historiques (Deutsche Telekom et France Télécom). Le troisième, le groupe italien Tiscali, est un "pure-player", créé en janvier 1998 par Renato Soru, son PDG actuel. Mais seul Wanadoo a dégagé un bénéfice net (30 millions d'euros), T-Online affiche 459 millions de perte et Tiscali 593 millions.

En février 2003, Wanadoo cède sa filiale belge à Tiscali pour 9,5 millions d'euros. Avec seulement 85000 clients actifs, dont 25000 clients ADSL, Wanadoo NV ne pouvait se maintenir au niveau des ambitions de sa maison mère : " figurer rapidement et de manière rentable parmi les deux ou trois premiers FAI ". (zbe41). En octobre dernier, le groupe avait déjà supprimé 80% des effectifs de sa filiale, pour ne garder que 15 personnes sur place.

Le 12 septembre 2003, France Télécom lance une offre publique d'échange (OPE) sur Orange pour acquérir les 13,72 % du capital de sa filiale de téléphonie mobile qu'il ne détient pas encore. Il propose aux actionnaires d'Orange 25 actions France Télécom contre 11 actions Orange. Cette opération, évaluée à 7 milliards d'euros, lui permettra de renforcer ses fonds propres en lui donnant accès à l'important cash-flow d'Orange.
Par segments, les activités historiques de France Télécom (téléphone fixe, distribution, réseaux, grands comptes et opérateurs) représentent toujours plus de 40 % du CA global du groupe. Avec près de 35 %, Orange est le deuxième grand contributeur. Wanadoo représente moins de 5 % du CA du groupe, derrière Equant (solutions réseaux et IP).
L'OPE fut un succès. A son issue, seulement 1,22 % du capital d'Orange restait aux mains des actionnaires minoritaires. France Télécom a donc lancé fin octobre 2003 une offre publique de retrait, suivie d'un retrait obligatoire au prix de 9,50 € par action (montant identique au prix d'introduction le 13 février 2001).
Après le rejet en appel, le 6 avril 2004, du recours d'actionnaires minoritaires contre l'offre publique de retrait, l'action Orange est retirée de la cote le 23 avril 2004.

Depuis l'arrivée de Thierry Breton à la présidence de France Télécom en octobre 2002, la filiale Wanadoo recentre sa stratégie sur les services Internet et les annuaires. Dans ce cadre, Wanadoo Edition est cédée le 1er octobre 2003 à MC2 Entertainment.
MC2 Entertainment est une société créée le 27 juin dernier par Emmanuel Olivier pour reprendre Microïds (un studio de jeux vidéo placé en redressement judiciaire). Emmanuel Olivier est un ancien dirigeant de Wanadoo Edition, la division jeux off-line du groupe Wanadoo créée en 1996 qui affichait un chiffre d'affaires de 28,2 millions d'euros en 2002 mais une perte d'exploitation de 23 millions. Les priorités du nouveau label devraient porter sur des jeux d'aventure et d'action sur support DVD et consoles de jeux. MC2 Entertainment dispose d'un catalogue de plus de 80 jeux (deux tiers en provenance de Wanadoo Edition, le reste de Microïds) dont les 3 chefs-d'œuvre du jeu d'aventure par Benoît Sokal : L'Amerzone (wnd597), Syberia et Syberia II.
Wanadoo, s'il cède Wanadoo Edition, a toutefois pris une participation de 12 % dans MC2 Entertainment et garde le contrôle de son portail de jeux en ligne Goa.

Thierry Breton, le P-DG de France Télécom, inaugure à Lyon le 17 décembre 2003 le lancement officiel de MaLigne TV, service de distribution de programmes télévisés sur la ligne téléphonique. Cette offre est basée sur la puissance de l'ADSL et de la compression numérique en partenariat avec TPS L, la version en ligne du bouquet satellite TPS. MaLigne TV est proposée à 16 euros par mois. Ce prix comprend le décodeur des programmes TV et le modem propriétaire de France Télécom mais pas l'accès aux dits programmes. TPS L est proposé à 21 euros, fournissant notamment TPS Star (chaîne premium de cinéma et d'événements sportifs) ainsi que six chaînes cinéma (TPS Cinema, Cinestar…), des chaînes familiales (documentaires, dessins animés, séries…) et les chaînes nationales.

Après le service de Free lancé le 1er décembre 2003, celui de France Télécom aujourd'hui et bientôt ceux de LDCom et Cegetel, l'année 2004 marquera le véritable départ de la télévision sur l'ADSL.

En février 2004, Wanadoo publie ses résultats 2003 : un chiffre d'affaires de 2,6 milliards d'euros, en progression de 26 % par rapport à l'année précédente ; un résultat net de 159 millions d'euros (30 millions en 2002) autorisant le versement pour la première fois d'un dividende de 3 centimes par action.

Wanadoo affiche 9,1 millions d'abonnés en Europe au 31 décembre 2003, dont 2,4 millions en haut débit. La moitié (4,5 millions) des abonnés sont en France où la part de marché de Wanadoo est tombée de 62 à 52,8% avec 1,8 million d'abonnés haut débit.
Pour la partie internationale, le groupe a 2,5 millions de clients (dont 158.000 clients broadband) au Royaume-Uni ; 1,5 million de client (190.000 en haut débit) en Espagne ; 544.000 (dont 289.000 en haut débit) aux Pays-Bas.
Le segment " annuaires ", deuxième contributeur, a réalisé un chiffre d'affaires de 918 millions d'euros (+4 % par rapport à 2002). Les revenus tirés de l'exploitation des portails Wanadoo avec la publicité en ligne et les liens sponsorisés sont en hausse de 18 % à 138 millions d'euros (contre 117 millions en 2002). Quant au pôle e-merchant avec le service phare Alapage.com, il affiche un chiffre d'affaires de 56 millions d'euros sur l'année 2003 (+ 5 millions d'euros par rapport à 2002).

Olivier Sichel, le PDG de Wanadoo, pour assurer sa croissance, mise sur une nouvelle baisse des prix de gros dans l'ADSL, même si la précédente ne date que de décembre dernier. "A terme, il n'y a pas de raison qu'on n'assiste pas à une convergence entre les prix de France Telecom et ceux des opérateurs dégroupés, estime-t-il. Si France Telecom pratique des prix trop élevés, le marché va lui échapper au profit de Telecom Développement ou LDCom. "

Le fait que Wanadoo ait pu conquérir 750 000 clients en 2003 avec des prix plus élevés que ceux de ses concurrents montre qu'il bénéficie d'un effet de réputation et d'image. En revanche, depuis plus d'un an, Wanadoo perd des parts de marché, passant de 62 % en décembre 2002 à 52,8 % en décembre 2003. Sur le segment de l'accès par ADSL, la part de conquête de nouveaux abonnés de Wanadoo est inférieure à sa part de marché. Le marché de l'accès à Internet est encore en forte expansion et on constate un développement rapide de nouveaux entrants et de certains concurrents comme 9Télécom, AliceADSL (filiale de Télécom Italia),Cegetel et Télé2 France.

24 heures après Wanadoo, c'est au tour de France Télécom d'annoncer ses résultats 2003. L'opérateur annonce un chiffre d'affaires 2003 de 46,1 milliards d'euros, en hausse de 3,4%. Sur l'année 2003, Thierry Breton, PDG de l'opérateur national, est parvenu à redresser la barre en ce qui concerne le résultat net qui devient positif : + 3,2 milliards d'euros contre une perte de 20,7 milliards en 2002. Le résultat d'exploitation passe lui de 6,8 milliards à 9,5 milliards d'euros. L'endettement financier net du groupe descend à 44,2 milliards d'euros contre 68 milliards fin 2002 (soit une réduction de 23,8 milliards d'euros !). Un dividende de 0,25 euro par action sera proposé. Le segment "Fixe, Distribution, Réseaux, Grands Comptes et Opérateurs", le principal pôle contributeur de France Télécom, est en baisse de 5,6 %. Il affiche un chiffre d'affaires de 21,7 milliards d'euros cette année. Les services grand public sont boostés par le développement de l'ADSL: à fin décembre 2003, France Télécom a tiré 3 millions de lignes ADSL. Il compte atteindre les 4,5 millions de lignes d'ici la fin de l'année. Au 31 décembre 2003, France Télécom indique que la couverture ADSL touche 79% de la population française et réitère sa volonté de parvenir à un taux de 95% d'ici fin 2005.
Orange, l'opérateur mobile, affiche un chiffre d'affaires de 17,9 milliards d'euros, en hausse de 9% par rapport à 2002. Il contribue à hauteur de 38,8% du CA global du groupe de télécommunication. Orange est sur le point d'atteindre la barre des 50 millions de clients. 41,3% de sa base d'abonnés (soit 20,3 millions de personnes) se situe en France, contre 27% au Royaume-Uni. En France, Orange conserve une part de marché de 48,8%. L'année 2004 sera importante pour l'opérateur mobile : elle devrait correspondre au démarrage commercial de la téléphonie troisième génération (3G) ou UMTS en France et au Royaume-Uni et les offres Wi-fi pour le grand public et les entreprises.
Wanadoo augmente son chiffre d'affaires de 26,2 % en données pro forma pour atteindre 2,6 milliards d'euros. Le FAI affiche un résultat d'exploitation positif à 250 millions d'euros fin 2003 contre -51 millions d'euros fin 2002. Cette année, France Télécom est attendue sur une multitude de services broadband : la télévision sur ADSL (déjà lancée à Lyon), ou encore des projets de visiophonie / visioconférence, etc.
De son côté, Equant, la filiale réseaux IP et transmissions de données de France Télécom, affiche un chiffre d'affaires 2003 de 2,6 milliards d'euros, en baisse de 0,8%. Le résultat d'exploitation avant amortissements est en hausse de 54,9 % (259 millions d'euros contre 167 millions en 2002). Le groupe de télécommunication polonais TP Group (France Télécom est actionnaire majoritaire de l'opérateur historique polonais Telekom Polska), dernière entité identifiée sous forme de segment, affiche un chiffre d'affaire de 4,1 milliards d'euros.

L'Autorité de régulation des télécoms a, dès le 9 décembre 2003, approuvé la baisse des tarifs de gros ADSL de France Télécom (IP/ADSL et Collecte IP/ADSL) qui concernent la revente directe aux FAI (dite option 5). Le gouvernement a validé dès le 11 décembre ces nouveaux tarifs avec date d'application au 1er janvier 2004, ce qui a aussitôt entraîné une nouvelle guerre des prix entre plusieurs FAI.

Des baisses qui vont bénéficier en priorité à Wanadoo qui proposait jusqu'à présent l'une des grilles tarifaires les plus élevées du marché pour le client final, puisqu'il était obligé de se fournir chez sa maison mère. Wanadoo a immédiatement annoncé une baisse de ses tarifs ADSL. L'offre centrale à 512 Kbits/s passera dès le 6 janvier 2004 à 34,90 € par mois au lieu de 45,42 € (hors période promotionnelle). Mais son offre 1.024 Kbits/s diminuera de près de 45% passant de 80 € par mois à 44,90 € ! Les baisses sont encore plus significatives pour les clients à travers les offres spécifiques 512 Kbits/s et 1.024 Kbits/s estampillées "Fidélité" (l'engagement porte sur 24 mois) : Le tarif eXtense 512k Fidélité passe de 39.90 € à 29.90 € soit 25% de réduction vantée par de nouveaux kits (wnd494) A l'approche des fêtes de fin d'année, Wanadoo, en jonglant avec la période promotionnelle traditionnellement offerte aux nouveaux clients, peut leur assurer une transition sans encombre en attendant l'application de la nouvelle grille tarifaire en début d'année. Par exemple, dans le cas du forfait Extense 512 Kbits/s, les nouveaux clients souscrivant au mois de décembre ont droit à une offre promotionnelle de 30 € pendant 4 mois puis basculent à 34,90 €.

Wanadoo a été aussitôt suivi par les deux opérateurs alternatifs Free (groupe Iliad) et 9online (filiale de l'opérateur LDCom). Ceux-ci peuvent se montrer plus flexibles, puisqu'ils maîtrisent une grande partie de leur réseau, via le dégroupage (option 1). 9 Télécom propose désormais une offre à 2 Mégabits/s pour 34,90 € (au lieu de 39 €), celle à 1024 Kbits/s passe de 27 à 24,90 € et celle à 512 Kbits/s passe de 23 à 19,90 € par mois. Free a décidé de doubler le débit qu'il propose en zone non dégroupée, passant ainsi de 512 à 1024 Kbps, toujours pour 29,90 € par mois. Pour les abonnés dégroupés, le débit est d'au moins 2048 Kbps en réception, garantit la société.
De leur côté, Tiscali propose le 512 Kbits/s à 20 € par mois et Télé2 le 128 Kbits/s à 18,95 € par mois.

Les autres fournisseurs d'accès, qui dépendent plus directement de France Télécom pour la revente des abonnements ADSL ont toutefois fait grise mine en apprenant l'homologation de la baisse des tarifs de gros. Ils auraient préféré que l'accent soit mis sur les tarifs du dégroupage, pour leur permettre de migrer vers d'autres opérateurs. C'est le développement du dégroupage qui a permis aux fournisseurs d'accès de s'affranchir de France Télécom et d'entamer une véritable politique tarifaire agressive. Fin 2003, 280.000 lignes seront dégroupées, contre moins de 10.000 au 31 décembre 2002.Tiscali en particulier considère que la nouvelle donne nuit gravement à son modèle économique.

Le 29 janvier 2004, Wanadoo annonce de nouvelles offres haut débit en volume ou en temps avec des forfaits "haut débit à la carte" disponibles à compter du 3 février 2004. Contre un engagement "Fidélité" de 24 mois, la nouvelle offre eXtense 512k de Wanadoo coûte 24,90 €/mois pour 5 Go (gigaoctets) de consommation, tandis que celle de 128 k est proposée 14,90 €/mois (wnd505) pour une durée de 20 heures. Le pack eXtense modem USB est vendu à 1 euro du 03/02 au 31/03/2004 au lieu de 99 €. Rafi Kouyoumdjian, PDG de Tiscali France dénonce immédiatement cette nouvelle offre qui selon lui "constitue une vente à perte".

Le fournisseur d'accès de France Télécom se bat sur tous les fronts. Après avoir inauguré des offres haut débit en volume ou en temps, Wanadoo lance un éventail d'offres bas débit pour toute nouvelle souscription à l'un de ses 5 forfaits Intégrales 5, 15, 50, 75 et 100 heures par mois pour un prix de 5, 10, 15, 20 et 25 € à partir du 3 février 2004 avec 20% de temps en plus pour tout engagement "Fidélité" de 12 mois) (wnd496) ;
puis du 2 mars au 3 mai 2004 : pour les mêmes prix avec 100% de temps en plus pendant 1 mois (3 mois contre un engagement "Fidélité" de 12 mois) (wnd507) ; offre renouvelée du 4 mai au 16 août 2004 (wnd007) ;
puis du 17 août au 2 novembre 2004 : pour les mêmes forfaits, le nouveau souscripteur ne paie que 5 € pendant 1 mois (3 mois contre un engagement "Fidélité" de 12 mois) (wnd528) ; offre renouvelée du 3 au 17 novembre 2004 (wnd710).

 
 
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  2004 :Wanadoo quitte la Bourse, mais PagesJaunes y entre  
 

Le 23 février 2004, France Télécom annonce qu'il va lancer une offre publique mixte (achat et échange) sur les 29 % du capital de Wanadoo qu'il ne détient plus, afin de prendre le contrôle à 100% de sa filiale FAI.

Pour ce faire, l'opérateur historique va proposer aux actionnaires de Wanadoo, en qualité d'offre principale, 7 actions France Télécom et 195 euros par tranche de 40 titres. Sur cette base, l'opération devrait coûter près de 4 milliards d'euros à France Télécom. A titre subsidiaire, les actionnaires de Wanadoo auront deux autres offres possibles :
- une offre en "cash" à 8,86 € par action Wanadoo, ce qui représente une prime de 17,19 % sur la valeur du titre à la clôture de la séance du vendredi 20 février.
- un échange de titres : l'opérateur proposera 7 de ses actions pour 18 actions Wanadoo, soit une prime de 17,13 %.

France Télécom a indiqué que cette offre publique serait ouverte du 9 mars au 13 avril prochains. Cette opération va permettre à France Télécom de réintégrer les activités Internet en plein essor de Wanadoo, notamment en ADSL. Une stratégie qui vise à mettre le haut débit au cœur des priorités de France Télécom, au même niveau que le mobile avec Orange, sur lequel l'opérateur avait déjà lancé une offre publique d'échange en septembre dernier et à faire face aux offensives tarifaires des opérateurs alternatifs tels que Neuf Telecom, Free, Cegetel ou encore Tele2.
Dans les "Bénéfices industriels de l'opération" de son communiqué, France Télécom indique que la réintégration de Wanadoo au sein du pôle "home" de l'opérateur national permettra notamment de "commercialiser des offres ciblées de voix sur IP [VoIP] et des services enrichis comme la visiotéléphonie, la télévision sur ADSL et de nouveaux services d'images."

Si l'opérateur semble réaliser des offres publiques parfaitement fondées du point de vue économique pour devenir un groupe de télécommunications intégré, nombre de petits porteurs se montrent très sévères vis-à-vis de l'offre de France Télécom, puisqu'on leur propose de leur racheter leurs titres à 8,86 € alors qu'ils ont dû débourser 19 € pour les acquérir lors de son introduction en Bourse en juillet 2000. France Télécom répond que l'action valait moins de 7 € sur le marché avant le lancement de l'offre, que sa filiale Internet a perdu près de 20 % de part de marché et que les prix des offres haut débit ont été divisés par deux.

Après le succès de son offre publique de reprise des actions Wanadoo, France Telecom dépose le 29 juin un projet d'offre publique de retrait suivie d?un retrait obligatoire portant sur les 4,05% du capital de Wanadoo encore en circulation, à 8,86 € par action, soit le même prix que celui de l'offre d'achat lancée en février. Cette opération se déroulera du 12 au 23 juillet. Elle sera suivie d'une fusion par absorption de Wanadoo, dont le titre sera radié de la cote le 26 juillet 2004. Wanadoo a été réintégrée en sein de France Télécom le 1er septembre 2004.

A l'issue de cette opération, l'État actionnaire continue de détenir plus de 50 % du capital de France Télécom.

Suite à ces deux opérations sur Orange et Wanadoo, enchaînées en moins de six mois, les marchés financiers portent désormais toute leur attention sur la troisième filiale de l'opérateur historique encore cotée en Bourse : Equant, société spécialisée dans les services de réseaux auprès des entreprises. Certains estiment que la stratégie de refonte et de consolidation du groupe France Télécom pourrait s'étendre à cette autre filiale.

Pourtant, le groupe n'a pas pour volonté de retirer du marché boursier l'ensemble de ses filiales. Au contraire, Thierry Breton, le P-DG de France Telecom, a, en parallèle de l'opération d'échange, confirmé l'intention du groupe de mettre en Bourse au cours du deuxième trimestre 2004 une partie du capital de PagesJaunes, auparavant intégrée dans Wanadoo SA. Ainsi seront réintégrées les activités Internet (accès et portail) de Wanadoo au sein de France Télécom tandis que sera introduite en Bourse l'activité annuaires, c'est-à-dire les Pages Jaunes, tout en conservant une participation majoritaire dans cette filiale. La cotation de PagesJaunes permettra de mettre cette activité sur un terrain d'égalité par rapport aux principaux leaders européens du secteur qui sont tous aujourd'hui structurés en entités autonomes.

Dans le cadre de l'offre publique initiée par France Télécom sur Wanadoo, il a été décidé de regrouper sous PagesJaunes certaines sociétés de la division annuaires de Wanadoo (QDQ Media, Mappy et Kompass Belgium). Les actions de la société PagesJaunes S.A. ont été introduites en bourse le 8 juillet 2004 au prix de 14,10 € pour les particuliers (14,40 € pour les investisseurs institutionnels). Cette opération a permis à France Télécom de réaliser un produit de cession de 1,4 milliard d'euros. En décembre 2004, PagesJaunes S.A. a changé de dénomination sociale et a pris le nom de PagesJaunes Groupe. France Télécom détient 62 % de son capital au 31 décembre 2004.

 
 
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  2004 : La course au haut débit et à la téléphonie via Internet  
 

En février 2004, Thierry Breton a indiqué la commercialisation à partir de l'été prochain d'une offre ADSL de 2 Mbit/s pour les clients de Wanadoo. Au cours du second semestre 2004, France Télécom devrait également annoncer des services DSL pouvant atteindre 4 Mbit/s. Pour la prochaine étape "broadband" en 2005, l'opérateur évoque même des débits entre 6 et 8 Mbit/s. Cette course au haut débit devrait d'abord concerner la clientèle professionnelle, avant d'être élargie au grand public. L'objectif prioritaire du Groupe est de favoriser la "montée en débit" de sa clientèle grâce au succès de la diffusion de ses offres ADSL.

En fait, cela va aller encore plus vite que prévu. Le débit proposé pour l'accès par ADSL a fortement augmenté en 2004, avec le lancement d'une offre à 2Mbit/s à partir du 21 juin, puis le lancement de l'offre eXtense DébitMax en novembre, qui propose le très Haut Débit avec un débit maximum en ADSL jusqu'à 8 Mbit/s.

France Télécom annonce une nouvelle baisse de ses tarifs haut-débit. Le 21 juin 2004, le 2 Mbit/s sera disponible pour 39,90 euros par mois et l'accès 1024 Kbit/s pour 29,90 euros.

Wanadoo lance la Livebox, sa passerelle multimédia en juillet 2004. Après l'offre triple play pour les particuliers via un serveur unique de Free lancée en décembre 2003 avec sa Freebox et plus récemment de Neuf Telecom (et sa Neufbox), celle de France Telecom est enfin disponible. La "passerelle domestique multiservices" de Wanadoo connectée à la prise de téléphone fixe, d'abord nommée Wanadoo Home (wnd928), finalement baptisée Livebox (wnd074), permet l'accès haut débit pour l'ensemble des services de communication de la maison : Internet sur plusieurs ordinateurs personnels simultanément, TV par ADSL, jouer en ligne avec une console de jeux, Visio (service permettant de dialoguer en direct sur PC, avec image et son) et deuxième ligne téléphonique sur IP. A la différence de la Freebox ou de la Neufbox, la Livebox de Wanadoo - fabriquée notamment par Inventel et Sagem - intègre par défaut les technologies de communication pour l'accès à l'Internet sans fil, soit le Wi-Fi sécurisé et Bluetooth, ainsi que des ports USB, un modem ADSL et un routeur.

La Livebox est proposée depuis le 12 juillet à un prix de vente de 99 euros, et sera disponible en location sans engagement pour 3 euros par mois dès septembre.

Fin juillet, le gouvernement valide la baisse générale des tarifs de revente par France Télécom d'accès IP/ADSL à destination des FAI (dite option 5). La baisse des tarifs de gros pour les offres ADSL fait donc passer le prix payé par les FAI à France Télécom de 20 € à 18 € pour un accès de 1 Mbit/s. Le tarif de l'accès à 2 Mbit/s passe de 25 à 20 €. L'écart de prix entre les deux offres se réduit donc à 2 euros.

Chez les opérateurs alternatifs, Free est le premier à réagir en annonçant, le jour même de la décision gouvernementale, qu'il abandonne son offre nationale non dégroupée de 1 Mbit/s pour la faire passer à 2 Mbit/s, sans aucune augmentation de tarif, à 29,90 € par mois. Free s'affirme comme le principal concurrent de Wanadoo sur le marché de l'ADSL, Au 30 juin 2004, la société revendique une part de marché de 17% avec 768.000 abonnés ADSL en forte augmentation tandis que Wanadoo est passé sous la barre symbolique des 50 % avec 2,23 millions d'abonnés, dont une partie en 128 kbit/s. De son côté, Neuf Télécom améliore l'offre qu'il venait à peine de lancer. Pour 29,90 € par mois, l'abonné se voit proposer une offre d'accès Internet à 2 Mbit/s et son modem multi-play 9box. Désormais, tous les appels téléphoniques, nationaux ou locaux, sont inclus dans le forfait.

Après Free, Neuf Télécom, France Telecom et Cegetel, c'est au tour de Tiscali de se lancer dans une offre de téléphonie gratuite et illimitée en utilisant Internet. A la mi-juin 2004, le FAI a présenté son terminal "Triway Tiscali" pour l'accès Internet haut débit, la téléphonie et la vidéo.

Wanadoo annonce de nouvelles offres haut débit en volume ou en temps avec 6 mois à prix réduits sur ses forfaits eXtense haut débit du 17 août au 11 octobre 2004. Contre un engagement "Fidélité" ramené à 12 mois, on a notamment l'offre 512k pour 5 Go à 19.90 € pendant 6 mois puis 24,90 €/mois ; l'offre 1024k pour 5 Go à 24.90 € pendant 6 mois puis 29,90 €/mois et l'offre 2048k illimité à 29.90 € pendant 6 mois puis 39,90 €/mois.
Le forfait 128 k pour 20 heures, toujours proposé, ne bénéficie pas des 6 mois à prix réduit.
Le pack eXtense modem USB est toujours vendu à 1 € (au lieu de 99 €) ; le pack eXtense Ethernet pour connecter un ou plusieurs ordinateurs est proposé à 30 € (au lieu de 179.40 €) et la Livebox est proposée à la location 3 € par mois permettant le Haut Débit sans fil, la téléphonie par ADSL et la télévision numérique par ADSL (wnd531).

Afin de favoriser l'accès de tous les internautes au Haut Débit, Wanadoo annonce de nouvelles offres haut débit du 12 octobre au 17 novembre 2004 avec une baisse de 5 euros par mois en moyenne des tarifs de sa gamme Haut Débit eXtense. La gamme riche de huit forfaits permet de répondre à des besoins variés avec notamment, contre un engagement "Fidélité" de 12 mois, l'offre 512k pour 5 Go à 19,90 € ; l'offre 1024k pour 5 Go à 25,90 € ; l'offre 2048k illimité à 29,90 € pendant 12 mois puis 34,90 €/mois. Le forfait 128 k n'est plus proposé.
Le pack eXtense modem USB est toujours vendu à 1 € (au lieu de 79 €) ; le pack eXtense Ethernet est maintenant proposé à 10 € (au lieu de 99 €) et la Livebox est toujours louée 3 € par mois.

Le VoIP arrive chez Wanadoo. A partir du 20 août 2004, les clients Wanadoo disposant au minimum d'un accès haut débit à 512 Kbit/s pourront bénéficier d'un service téléphonie via Internet (VoIP) illimité vers les fixes, moyennant un abonnement complémentaire. Tous les autres appels (vers des téléphones mobiles, l'international et les numéros surtaxés) seront facturés selon une grille tarifaire variable. A l'image du service Free, un abonné Wanadoo avec option VoIP se verra attribuer un numéro de téléphone commençant par 08 7x.
Au forfait ADSL 512Kbits/s qui passera à 24,90 euros le 20 août prochain, il faudra ajouter 3 euros de location Livebox et l'offre VoIP illimitée facturée à titre promotionnel 10 euros par mois pendant la première année, puis 20 euros par mois ensuite. Au total, l'utilisation de la Livebox revient, au minimum, à 37,90 euros par mois hors coût de l'abonnement téléphonique (de 13 euros), hors coût des communications non incluses dans le forfait, et sans bénéficier de la TV sur ADSL. En effet, l'accès aux services audiovisuels de TPS via la Livebox est optionnel, et sera facturé selon les tarifs en vigueur chez le câblo-opérateur, soit 16 euros par mois pour MaLigne TV et 21 euros par mois pour TPSL.

Un tarif supérieur aux offres des opérateurs alternatifs concurrents, qui tournent autour de 30 euros. Chez Free, la VoIP est intégrée à l'offre d'accès haut débit 1024 Kbps facturée 30 euros par mois avec la location du modem incluse. Une offre qui comprend également un bouquet de chaînes de télévision.
Chez Cegetel, l'offre 512 Kbps avec la téléphonie illimitée est à 35 euros par mois la première année, puis à 40 euros. À cela, il faut ajouter 30 euros d'achat du modem facultatif (offre compatible avec la plupart des modems du marché). Cegetel propose également depuis avril dernier une offre illimitée de téléphonie classique en RTC pour le soir (après 19 heures) et le week-end, à 10 euros par mois, soit 50% de moins que France Télécom.
De son côté, Neuf Télécom lance le 14 juin une offre "ADSL + VoIP illimité" à 30 euros, avec un accès internet à 2 mégabits par seconde, plus les communications téléphoniques locales et nationales illimitées. Il faudra ajouter 2 euros pour la location du terminal, soit un total de 32 euros. Le tout sans abonnement à France Télécom grâce au dégroupage total.

Les offres de VoIP et de TV sur ADSL constituent alors un champ de bataille où opérateurs fixes, FAI et câblo-opérateurs rivalisent à coup de nouvelles offres et de nouveaux produits.

Mi-octobre 2004, soit dix mois après avoir lancé le service de télévision par ADSL en partenariat avec TPS, France Télécom lance une offre intégrée haut débit + TV avec le service TPS L. Jusqu'à présent, les internautes étaient contraints de gérer deux abonnements en parallèle : d'un côté, un accès haut débit classique, de l'autre, la télévision par ADSL avec l'offre TPS L et MaLigneTV de France Télécom. Désormais, avec un seul abonnement, fixé à 32,90 euros par mois, l'internaute bénéficie d'une offre tout compris incluant le forfait initial TPS L et un abonnement haut débit de 512 Kbps.

Si une personne veut bénéficier d'une véritable triple play (TV + Internet + téléphonie), elle devra souscrire, en sus de l'offre à 32,90 euros, à l'offre VoIP illimitée facturée à titre promotionnel 10 euros et acquitter 3 euros de location Livebox, soit un total de 45,90 euros par mois, bien supérieur à l'offre triple play de Free, facturée 29,90 euros pour un débit supérieur (2 Mbps au minimum) mais avec un bouquet de chaînes inférieur.

En novembre 2004 Wanadoo lance l'offre eXtense DébitMax qui permet au client de bénéficier d'un accès Internet à très Haut Débit avec le maximum de débit descendant disponible en ADSL jusqu'à 8 Mbit/s, selon les caractéristiques techniques de chaque ligne. L'offre DébitMax (avec engagement de 12 mois) est proposée à 39,90€ par mois avec une promotion à 29,90€ pendant les 6 premiers mois. Les services Anti-spam Plus (analyse et filtrage des messages arrivant dans la boite aux lettres) et anti-virus mail (protection de la messagerie contre les virus connus) sont inclus dans ce forfait.

Poussant l'Internet grand public toujours plus loin dans la course des hauts débits, les premières offres autour de l'ADSL2+ ont été proposées par Free depuis le 20 octobre 2004. France Télécom ouvre son service Série Limitée eXtense ADSL2+ sur Paris le 1er décembre 2004 pour permettre aux Parisiens de découvrir les avantages du très Haut Débit de Wanadoo jusqu'à 18 Mbit/s. il est prévu que l'offre ADSL2+ soit généralisée sur le réseau national avant la fin du premier semestre 2005. Neuf Telecom va suivre en janvier.

Alors que l'échange d'emails et la navigation sur Internet représente alors les principales utilisations des internautes, le très Haut Débit va permettre de développer de nouveaux services comme le partage de photos en ligne avec la famille et les amis, d'écouter de la musique et la télécharger, de jouer en ligne, de regarder la télévision en haute définition et des vidéos en streaming, de faire de la visioconférence, etc.

Début février 2005, France Télécom présente ses résultats 2004. " L'opérateur intégré ", visant la convergence des réseaux fixes, mobiles et Internet, affiche un chiffre d'affaires de 47,2 milliards d'euros, en hausse de 4,1% par rapport à 2003. Le bénéfice annuel net à 2,8 milliards d'euros est en baisse de 13,2%, mais il intègre une charge d'impôt de 2 milliards d'euros en 2004. Bonne nouvelle, le désendettement du groupe s'est poursuivi à un rythme soutenu. La dette de France Télécom est repassée sous la barre du chiffre d'affaires annuel, à 43,9 milliards d'euros contre 70 milliards en 2002. Fort de ces résultats, le groupe a décidé d'attribuer à ses actionnaires un dividende de 0,48 euro par titre pour l'exercice 2004, contre 25 centimes l'an passé.

Ce sont les activités de téléphonie mobile (Orange) et Internet (Wanadoo) qui ont une nouvelle fois tiré la croissance de France Télécom en 2004, tandis que les activités entreprises (Equant) et fixes subissaient l'irruption des technologies IP et les effets de la concurrence accrue. Les activités mobiles sont toujours le fer de lance de la croissance du groupe. Orange a ainsi vu son CA progresser de 10,4 % à périmètre constant pour atteindre 19,66 milliards, dont 8,6 pour la France, et 6,1 pour la filiale anglaise. Orange affiche un impressionnant résultat d'exploitation de 4,77 milliards.

Wanadoo contribue largement à la croissance du groupe: son chiffre d'affaires atteint 2,9 milliards d'euros, en augmentation de 9,9%. Le fournisseur d'accès internet revendique 9,5 millions d'abonnés en Europe, dont 4,4 millions en haut débit (46%). En France, près de 3 millions de personnes l'ont choisi pour leur connexion haut débit. Thierry Breton, le P-DG du groupe, attribue ce dynamisme au succès des nouveaux services proposés par le FAI : le boîtier LiveBox a convaincu 260.000 clients en Europe depuis juillet 2004, tandis que MaLigne TV, l'offre de télévision par ADSL, lancée en décembre 2003, compte désormais 75.000 abonnés.

Ces deux segments contribuent à compenser le déclin de la téléphonie fixe, même si France Télécom se félicite d'avoir enrayé la baisse des recettes en 2004. La branche "activités fixe et réseaux" enregistre un chiffre d'affaires de 21,7 milliards d'euros (-0,4%), mais le résultat d'exploitation de la branche progresse malgré tout de 16,1 % pour atteindre 4,98 milliards. .

Grâce à tous ces résultats, et aux restructurations intervenues en cours d'année, France Télécom " a tenu l'ensemble de ses engagements du plan Ambition FT 2005, et a poursuivi son désendettement à la virgule près ", s'est félicité Thierry Breton.

 
 
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  2005 : Rachat d'Equant  
 

Après la fusion, initiée en juin 2001 des filiales France Télécom Equant NV avec Global One pour former Equant, la filiale détenue à 54,27% dédiée aux services pour les entreprises, la société est parvenue à maintenir son chiffre d'affaires, mais reste en perte. Equant a ainsi affiché en 2004 un résultat d'exploitation négatif de 274 millions d'euros. Aussi est-il pris la décision de l'acquérir totalement. Thierry Breton espère qu'en l'insérant dans sa stratégie d'opérateur intégré, il parviendra à la ramener sur le chemin de la profitabilité.

Le 24 janvier 2005, France Télécom annonce l'opération suivante, compte tenu du statut néerlandais d'Equant empêchant une offre de rachat classique. Dans un premier temps, France Télécom va acquérir "l'ensemble des actifs et des passifs" de sa filiale pour 564 millions d'euros. Le produit sera ensuite reversé aux actionnaires. Cela représente 4,20 euros par action Equant, soit "une prime de 16,7% par rapport au dernier cours de clôture du [vendredi] 21 janvier 2005", souligne l'opérateur dans son communiqué.

Le groupe a revu son offre à la hausse début février, France Télécom payera 578 millions d'euros pour reprendre sa filiale, soit 4,30 € par action et non 4,20 €.

Le 24 mai 2005, l'assemblée générale d'Equant N.V. avalise la cession de tous ses actifs et passifs pour un montant de 1,26 milliard d'euros (dont 578 millions d'euros revenant in fine aux actionnaires minoritaires). Le prix implicite par action de 4,30 euros par action sera versé le 26 mai aux actionnaires minoritaires. Le titre Equant est radié le 30 mai 2005 de la cote d'Euronext Paris et de la Bourse de New York.

Le groupe Equant est rebaptisé Equant B.V. et poursuit l?activité d?Equant en étant totalement détenu par le groupe France Télécom.

 
 
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  2005 : Changement de PDG et lancement du plan NExT  
 

Thierry Breton ayant été nommé Ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, ne pourra pas finaliser lui-même ce redressement. Il démissionne de France Télécom le 22 février 2005 pour rejoindre le gouvernement. Il occupera ce poste ministériel du 25 février 2005 au 18 mai 2007 (successivement dans le 3ème gouvernement Jean-Pierre Raffarin, puis celui de Dominique de Villepin).
M. Didier Lombard, qui occupait le poste de directeur général adjoint dans le groupe, en devient président-directeur général le 27 février 2005.

Pour faire suite au plan Ambition FT 2005, France Télécom présente le 29 juin 2005 le programme 2006 - 2008 du groupe. Le plan "NExT" (Nouvelle Expérience des Télécommunications) est un programme de transformation sur trois ans qui doit permettre aux clients d'accéder à un univers de services enrichis et simplifiés et au groupe de poursuivre sa transformation d'opérateur intégré. soutenu par un modèle renouvelé de croissance profitable. Le Plan "NExT" vise à faire de France Télécom l'opérateur de référence des nouveaux services de télécommunications en Europe.

L'actionnariat de France Télécom a connu une nouvelle évolution importante en 2005. Après avoir cédé, le 7 septembre 2004, 10,9 % du capital social de France Télécom S.A. (cession qui a fait passer la participation de l'État en-dessous de 50%), l'État a procédé, le 9 juin 2005, à la cession de 6,2 % de sa participation directe et indirecte dans France Télécom S.A. Cette cession a été réalisée par voie de placement privé auprès d'investisseurs qualifiés en France et d'investisseurs institutionnels hors de France.

 
 
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  Achat d'Amena, opérateur mobile espagnol  
 

Dans le cadre du plan "NExT", le 21 juillet 2005, France Télécom officialise le rachat, pour la somme de 6,4 milliards d'euros, de l'opérateur téléphonique mobile espagnol Amena, filiale de l'opérateur télécoms Grupo Auna. Pour ce prix, dont 3,4 milliards sont payés en numéraire et 3 milliards par augmentation de capital, France Télécom acquerra près de 80% des actions d'Auna détenant 97,9% de Retevisión Móvil SA, opérateur mobile dont la dénomination commerciale est Amena, troisième opérateur mobile ibérique (24 % de parts de marché). Cette opération permet. La stratégie d'opérateur intégré en Europe du groupe France Télécom se trouve ainsi renforcée.

L'augmentation de capital de 3 milliards d'euros, auquel l'État français n'a pas participé - ce qui a diminué sa participation dans France Télécom - a été finalisée le 26 septembre 2005. Le reste de la somme nécessaire à l'acquisition sera obtenu sous la forme d'emprunt.

Cette opération permet de créer un opérateur de premier rang en Espagne avec la fusion du troisième opérateur mobile et du deuxième opérateur de l'ADSL. En effet, France Télécom est déjà le n°2 espagnol de l'accès haut débit à Internet avec 500 000 clients grâce à Wanadoo Espagne et il dessert quelques 618 000 lignes fixes au travers de sa filiale de téléphonie fixe (et Internet) Uni2 (zes10). Avec le rachat d'Amena, il devrait voir sa clientèle européenne passer à plus de 11,8 millions de clients (dont 9,7 d'abonnés mobiles) d'ici la fin de l'année et espérer un chiffre d'affaires de 4,1 milliards d'euros en Espagne. Amena est consolidé par intégration globale à partir de la date d'acquisition de la société, le 8 novembre 2005.

France Télécom procédera ensuite à une fusion d'Auna, de Retevision Movil S.A. et de France Telecom España (qui regroupe, sous la marque Wanadoo, les activités fixe et Internet du Groupe en Espagne) et abandonnera ses deux marques - Amena et Wanadoo - au profit de la marque "Orange" le 3 octobre 2006 pour unifier la marque d'opérateur de téléphonie fixe et internet Wanadoo (anciennement Uni2) et l'opérateur mobile Amena (acquis en 2005 auprès de Grupo Auna).

A la suite de l'ensemble de ces opérations, l'État détient au 31 décembre 2005, directement et indirectement, au travers de l'ERAP, établissement public industriel et commercial de l'État, 32,45 % du capital de France Télécom contre 42,24 % au 31 décembre 2004.

A noter pour PagesJaunes Groupe, la filiale d'annuaires de France Télécom, que 8 % du capital ont été cédés en 2005, la participation de France Télécom au capital de PagesJaunes Groupe étant ramenée à 54 %.

 
 
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  2005 : Le très haut débit se développe et baisse ses prix…  
 

L'offre ADSL2+ 18 Mégas baptisée DébitMax2 est étendue à 14 grandes villes en mai 2005. Le forfait est proposé en promotion à 34,90 € par mois pendant 6 mois, puis au prix normal de 44,90 € par mois. Tout comme DébitMax, l'offre DébitMax2 est incompatible avec les services de télévision numérique MaLigne TV, MaLigne Visio (service de visioconférence sur ligne téléphonique lancée en novembre 2004).
L'offre intègre un anti-virus mail, un anti-spam, 5 adresses mail, 100 Mo d'espace personnel. Pour l'ADSL2+, Wanadoo impose l'utilisation de la LiveBox en mode Ethernet. En effet, en mode Wifi les débits ne peuvent monter que jusqu'à 9 Mégas.

A compter du 18 août 2005, Wanadoo opère une baisse de 5 euros sur ses forfaits ADSL Max avec engagement de 12 mois pour toute souscription avant le 7 novembre 2005.
L'offre Internet Max jusqu'à 8 Mégas est proposée à 34,90€ par mois avec une promotion à 29,90€ pendant les 3 premiers mois (wnd555). L'offre Internet Max2 jusqu'à 18 Mégas passe quant à elle à 39,90€ par mois avec une promotion à 29,90€ pendant les 3 premiers mois
Si le 512k avec engagement de 12 mois est maintenant à 24,90 € avec une promotion à 19,90€ pendant les 3 premiers mois, Le Compte Haut Débit nouveau propose le 512k sans engagement en Série Limitée (aux 100 000 premiers clients) à 10€/mois avec 1 heure de connexion incluse ; 1€ de l'heure supplémentaire avec un plafond de 39.90€/mois. (wnd747)

Début novembre 2005, Wanadoo annonce une nouvelle baisse de prix sur son seul forfait ADSL Max jusqu'à 8 Mégas avec engagement de 12 mois pour toute souscription avant le 18 janvier 2006. Il passe à 29,90€ par mois avec une promotion à 24,90€ pendant les 3 premiers mois. (wnd075) Avec cette nouvelle gamme l'offre 1 Méga disparaît.

L'offre s'est donc simplifiée au cours de l'année, avec seulement trois hauts débits commercialisés fin 2005: 512k, Max à 8Mb/s et Max2+ jusqu'à 18Mb/s, et elle a été refondue dans la nouvelle gamme Haut Débit multimédia, lancée le 18 août 2005, gamme incluant des services multimédia à la carte. En s'équipant d'une Livebox (louée 3 €/mois), l'internaute peut également choisir les services multimédia qu'il désire :
- Télévision numérique avec MaLigneTV pour 7 € supplémentaires par mois (offert pendant un an à la souscription d'un bouquet TV TPS ou Canal+), donnant également accès aux services de cinéma et de télévision à la demande.
- Téléphonie illimitée en Haut Débit : pour 10 € supplémentaires par mois, cette offre permet de disposer d'une deuxième ligne téléphonique en Voix sur IP et de passer un nombre illimité d'appels vers des numéros fixes locaux ou nationaux. - Visiophonie illimitée : pour 15 € supplémentaires par mois, cette offre permet de téléphoner et de voir ses correspondants en utilisant un visiophone raccordé sur la Livebox.

Par ailleurs, Wanadoo commercialise une nouvelle offre " Satisfait ou Remboursé ", valable du 8 novembre 2005 au 18 janvier 2006 pour tout nouvel abonnement et couvrant la 1ère facture Haut Débit Multimédia d'utilisation.

Outre des offres Internet Haut Débit, Wanadoo continue bien sûr de proposer des offres Internet bas débit, offre "Wanadoo accès libre" et une gamme complète de forfaits "Intégrales" allant de cinq heures à l'illimité 24 heures/24, tous au tarif promotionnel de 5 €/mois (wnd725).

 
 
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mais le Minitel est toujours là !  
 

Minitel est une offre de services en ligne accessible par le réseau Télétel, qui permet à des éditeurs de services de diffuser des contenus à valeur ajoutée et d'être rémunérés à la consultation en fonction de la durée. Minitel cède rapidement du terrain devant la concurrence d'Internet (baisse du trafic de -33% en 2005, -25 % en 2004, -21 % en 2003), mais cet outil pratique et sûr conserve une large audience. Les services banque/bourse (pftel14) restent en tête des usages, suivis par une multitude de services pratiques (météo, transports, itinéraires, billetterie, cote auto moto, jeux de hasard, messageries, annuaires).

L'accès aux services Minitel s'est diversifié au cours des dernières années :
- gamme de terminaux dédiés, proposés en location ou en vente (les Minitel 1 - de première génération - détenus par les clients leur ont été cédés gratuitement en novembre 2004, France Télécom continuant d'assurer leur récupération),
- navigateurs pour ordinateurs personnels, dont le navigateur i-minitel de France Télécom qui est depuis avril 2005 compatible Haut Débit, pour tous les abonnés, (pftel05)
- accès Haut Débit sur le portail www.minitel.com et sur Wanadoo.
Le parc de terminaux se répartit fin 2005 entre les terminaux dédiés (3,6 millions) et les ordinateurs équipés d'un navigateur (3,1 millions).

Le réseau Télétel ne sera fermé que le 30 juin 2012, conséquence de la décroissance de son usage.

 
 
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  Les renseignements téléphoniques changent de numéro  
 

Le 21 mai 2005, l'ART, Autorité de Régulation des Télécommunications est devenue l'ARCEP, Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes, dans le cadre de la loi n°2005-516.

L'exercice 2005 a été caractérisé par la mise en œuvre, sous contrôle de l'ARCEP, du processus de changement de numérotation pour accès aux services de renseignements téléphoniques :
- décision de l'ART en date du 27 janvier dédiant un nouveau format de numéros en 118 XYZ pour accéder aux services de renseignements téléphoniques, en remplacement des numéros existants dont le plus connu est le "12".
- attribution en juin 2005 par tirage au sort des nouveaux numéros de renseignements aux différents candidats. Quatre numéros ont été attribués à France Telecom : le 118 712, ainsi que le 118 711, 118 710 et 118 810. Quatre numéros ont également été attribués à Pages Jaunes : 118 008, 118 009, 118 088 et 118 808.
- le 2 novembre 2005, ouverture commerciale des services en 118 XYZ, et début de la période de transition allant jusqu'au 3 avril 2006, date à partir de laquelle le "12" et les numéros d'un autre format que 118 XYZ ne pourront plus être exploités commercialement.
La société Le Numéro se rendra célèbre avec son 118 218 dans ses campagnes de pub télé avec les deux moustachus.

 
 
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  2005 : Multiplay et concentration du secteur  
 

France Télécom publie des résultats annuels 2005 au-delà des attentes des analystes, avec un chiffre d'affaires global de 49,0 milliards d'euros, en hausse de 6,2 %. Une progression tirée par le mobile et le haut débit sur la fin de l'année. Malgré le coût de l'acquisition d'Amena, l'endettement reste pratiquement stable à 47,8 milliards d'euros. Le résultat net atteint 5,7 milliards d'euros (contre 3 milliards en 2004), permettant le versement d'un dividende de 1 euro, contre 0,48 euro en 2004.

Le dynamisme de la filiale mobile tire la croissance de France Télécom. Le chiffre d'affaires d'Orange progresse de 14,4 % à 23,5 milliards d'euros. La croissance annuelle du nombre d'abonnés est de près de 16 %, à 84,1 millions de clients mobiles au total (dont plus de 1,5 million de clients haut débit mobile Orange). France Télécom occupe une position importante en France, au Royaume-Uni, en Espagne et (on l'oublie souvent) en Pologne.
Le nombre d'abonnés Wanadoo haut débit flirte, pour sa part, avec les 4,5 millions d'inscrits en France (+ 52,3 %). France Télécom a réussi à faire progresser sa part de marché ADSL de 46,5% fin 2004 à 47,5% fin 2005, dans un environnement concurrentiel pourtant très actif, marqué par la progression du dégroupage total. Les services Internet affichent une croissance de 18,6 % au cours de l'année. Le nombre de LiveBox louées a explosé sur l'année à près de 1,6 million avec une forte accélération au second semestre, contre 234.000 fin 2004. L'essor des offres multiservices s'avéra rapide avec 830 000 clients VoIP et 200 000 clients MaLigne TV fin décembre 2005 (150 000 clients VoIP et 69 000 clients MaLigne TV fin 2004).
Concernant le nombre d'abonnés haut débit à l'international, le marché le plus important de France Télécom, en dehors de la France, est la Pologne avec 1,144 million de clients, suivi par le Royaume-Uni (906.000 abonnés), enfin l'Espagne et les Pays-Bas avec respectivement 563.000 et 331.000 clients haut débit au 31 décembre 2005. La Livebox a été lancée en février 2005 en Espagne, en mars aux Pays-Bas, en juillet au Royaume-Uni et en décembre en Pologne.

La téléphonie fixe poursuit sa régression à 17,7 milliards d'euros contre 18 milliards l'année précédente, touchée par la vive concurrence et par la croissance de la téléphonie par Internet. Le chiffre d'affaires généré par les annuaires progresse à 1,06 milliard d'euros (+ 8,5 %). Mais le segment des services aux entreprises continue à pénaliser la croissance de l'opérateur, avec un chiffre d'affaires en net recul de 5,5 % passant à 7,8 milliards d'euros (8,2 milliards en 2004).

Les activités e-merchant (ou commerce électronique) de Wanadoo qui étaient exercées à travers deux sites: "Alapage.com" et "Marcopoly.com" ont été fusionnées en janvier 2005 et recentrées sur une marque - Alapage - qui porte une offre complète à la fois culturelle, high tech et de loisirs. L'activité d'Alapage bénéficie d'un contexte de marché favorable lié au développement du Haut Débit en France et de l'achat sur Internet.

En 2005, l'environnement concurrentiel a fortement évolué, marqué par une convergence dans les services offerts et par un début de concentration. Tous les grands opérateurs de télécommunications, les fournisseurs d'accès Internet et les câblo-opérateurs ont adopté une stratégie d'offre multiplay, consistant à offrir une large gamme de services et des offres combinant téléphonie (RTC et/ou sur IP), Internet Haut Débit et services de Télévision et de vidéo à la demande. La plupart des opérateurs de réseaux de télécommunications et des fournisseurs d'accès à Internet investissent dans le dégroupage de la boucle locale. Le marché a commencé à se concentrer avec le rachat de Tiscali par Telecom Italia (Alice en France) en mars 2005, l'acquisition de Noos par UPC en avril 2005 et la fusion entre Neuf Telecom et Cegetel, finalisée en août 2005.

La concurrence sur le marché de l'Internet s'est maintenant déplacée sur le Haut Débit, avec une importante baisse du prix des accès ADSL proposés par les différents acteurs, conséquence du développement du dégroupage, accompagnée d'une montée dans les débits offerts. Les lignes DSL représentent désormais environ 65% des connexions Internet.

La plupart des concurrents de France Télécom ont une offre de Voix sur IP en complément de l'accès Haut Débit : Neuf Cegetel (sous les deux marques Neuf Telecom et Cegetel), Telecom Italia (Alice), T-Online (Club Internet), AOL, Télé2.
Iliad (Free) et Neuf Telecom ont une offre " triple play " (Internet, Voix sur IP, Télévision sur ADSL) depuis 2004 et Alice a lancé son offre TV en novembre 2005.

La quasi-totalité des fournisseurs d'accès Internet, ainsi que les opérateurs de réseau, ont fait le choix d'investir dans leurs infrastructures pour migrer vers le dégroupage. Le dégroupage total permet aux opérateurs alternatifs et fournisseurs d'accès Internet qui y recourent d'offrir une facture unique à leurs clients couvrant l'abonnement téléphonique, les communications téléphoniques, et les services Haut Débit (accès Internet, télévision sur ADSL, VoIP).

France Télécom note avec satisfaction qu'il est le seul opérateur historique à avoir réussi à se développer sur le marché de l'accès Internet en dehors de ses frontières nationales avec un fort positionnement dans tous les pays où il est présent. British Telecom, par exemple, n'est jamais sorti de ses frontières dans l'Internet grand public, Telefonica pas davantage à part l'Amérique Latine. Quant à Telecom Italia et Deutsche Telekom, leur position sur les marchés européens n'est pas celle de deuxième ou troisième challenger.

Sur l'année 2006, France Télécom affirme vouloir mettre l'accent sur le lancement de nouveaux services via une accélération du plan NeXT. Cette croissance s'accompagnera dans les trois ans à venir par la suppression de 17.000 postes, dont 16.000 en France, avec environ 22.000 départs qui interviendront sans licenciements et 6.000 recrutements.
En fait, cette réorganisation va se faire de manière unilatérale, sans concertation avec les syndicats : elle ne donne lieu ni à la conclusion et à la mise en œuvre d'un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, ni à l'établissement d'un plan de sauvegarde de l'emploi. Le PDG Didier Lombard a même tenu le 20 octobre 2006 ces propos devenus tristement célèbres devant des cadres: " Je ferai les départs d'une façon ou d'une autre, par la fenêtre ou par la porte. ".

 
 
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  2006 : PagesJaunes quitte France Télécom  
 

Le 7 juin 2006, France Télécom reconnait préparer "un désengagement partiel ou total de PagesJaunes Groupe". France Telecom estime aujourd'hui que la poursuite des activités de l'éditeur d'annuaires au sein du groupe de télécommunications n'est plus au cœur de sa stratégie, stratégie centrée sur la convergence des réseaux mobiles, fixe et Internet. Les annuaires n'y ont plus leur place. De plus, depuis l'ouverture à la concurrence du marché des services de renseignements téléphoniques, PagesJaunes et sa maison mère sont concurrents.

La filiale d'annuaires a été introduite en Bourse le 7 juillet 2004. La participation de France Télécom de 54% vaut 3,4 milliards d'euros ; pour réduire son endettement (de 47,8 milliards d'euros), la cession du segment annuaires reste l'une des options les plus facilement activables sans toucher au cœur de métier. La rumeur de la vente de PagesJaunes courait donc depuis longtemps.

Des rivaux européens de France Telecom se sont déjà délestés de leur activité d'annuaires, à l'image de BT, qui a vendu Yell en mai 2001 au consortium Apax-Hicks, de Telecom Italia qui a vendu Seat Pagine Gialle en mai 2003 au groupe Silver, de l'hispanique Telefónica qui avait coté sa filiale Telefónica Publicidad e Información (TPI) et vient de vendre en avril 2006 les 59.9% qu'il détient au britannique Yell. Seul Deutsche Telekom gardera sa filiale DeTeMedien (de Deutsche Telekom Medien) jusqu'en juin 2017 pour la céder à un consortium de plusieurs éditeurs.

Le 24 juillet 2006, on apprend l'ouverture de négociations exclusives entre France Télécom et le fonds d'investissement Kohlberg Kravis Roberts & Co Ltd (KKR) pour la cession de ses 54 % dans PagesJaunes.

Le 11 octobre 2006, Médiannuaire, société contrôlée par KKR (à 80%) et Goldman Sachs, réalise l'acquisition de 54 % de PagesJaunes Groupe auprès de France Télécom au prix de 22 euros par action, soit un résultat de cession de 3 287 millions d'euros.

Médiannuaire lancera ensuite une offre sur le reste du capital au même prix de 22 euros pour les titres apportés avant le versement du dividende exceptionnel de 9 euros prévu le 24 novembre, c'est-à-dire entre le 10 et le 23 novembre, et 13 euros par titre après la distribution, soit entre le 24 novembre et le 1er décembre 2006 inclus. Mais la garantie de cours fait un flop. A sa clôture, Médiannuaire n'a obtenu que 1,1% supplémentaire et ne détient que 55,11% du capital de la société. KKR et Goldman Sachs vont donc devoir composer avec ses actionnaires minoritaires.

PagesJaunes Groupe sera rebaptisé Solocal Group en 2013 et existe toujours aujourd'hui (en 11/2022).

 
 
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  2005 - 2006 : France Télécom passe à l'Orange  
 

France Télécom a annoncé le 29 juin 2005 dans son plan " NExT " (Nouvelle Expérience des Télécommunications) une simplification du portefeuille de marques, avec Orange au centre de ses opérations internationales.

En France, en Pologne et dans chacun des pays dans lesquels le Groupe est opérateur historique, France Télécom mettra en œuvre une approche pragmatique s'appuyant à la fois sur la marque historique (France Télécom, TP - pour Telekomunikacja Polska, Sonatel - au Sénégal, Côte d'Ivoire Télécom, Jordan Telecom en Jordanie …) et sur la marque Orange. Au cours des 18 prochains mois, Orange devrait devenir la marque commerciale internationale du Groupe pour les offres mobiles, haut débit et multi-services, ainsi que pour toute l'activité des Services de Communication Entreprises. Le nom de l'entreprise est inchangé et reste France Télécom.

Dans le cadre ce programme, le 1er juin 2006, le Groupe a lancé la nouvelle marque Orange : une marque unique pour le mobile, l'Internet, la télévision sur ADSL et les offres multiservices. De ce fait, les dernières campagnes publicitaires sur les kits Wanadoo mentionnent des offres valables jusqu'au 31 mai 2006 aussi bien pour l'Internet bas débit (wnd076) que pour le haut. Alors que l'offre avec engagement de 12 mois était à 24,90 € pour 512k, le client a maintenant pour le même prix Internet 1 Méga. La gamme a toujours seulement trois hauts débits en ce début 2006, mais 1 Méga, Max à 8Mb/s et Max2+ jusqu'à 18Mb/s, et la nouvelle gamme Haut Débit Multimédia, lancée le 4 avril 2006, propose Internet Haut Débit + Téléphonie illimitée en Haut Débit + Télévision numérique avec MaLigneTV à partir de 29,90 € par mois pendant 3 mois puis 44.90 € location Livebox incluse. (wnd262).

Dès le 1er juin, les marques Orange, Wanadoo et MaLigneTV, ont été regroupées sous la marque Orange en France et au Royaume-Uni (zuk154) et tous les services aux entreprises sont passés sous la marque Orange Business Services. Progressivement, après la Pologne dont les activités mobiles ont adopté la marque Orange dès septembre 2005, les autres filiales ont adopté la marque unique Orange (Espagne en octobre 2006, Sénégal, Mali). Les offres de téléphonie classique restent sous la marque France Télécom ou la marque de l'opérateur historique le cas échéant.
La nouvelle marque permet de simplifier et d'homogénéiser l'expérience client, de renforcer les offres face à la concurrence, et d'optimiser les coûts de marketing et communication.

La France, le Royaume-Uni, l'Espagne après l'acquisition d'Amena, ainsi que la Pologne, sont clairement considérés comme essentiels et stratégiques pour le groupe France Télécom. Au-delà de ses positions fortes en Europe occidentale, le Groupe a une implantation importante en Europe centrale et orientale, en Afrique et au Moyen Orient. Ces marchés à fort potentiel de croissance incluent notamment les activités de France Télécom dans les pays suivants : services mobiles en Pologne, Botswana, Cameroun, Côte d'Ivoire, Egypte, Guinée équatoriale, Ile Maurice, Jordanie, Madagascar, Mexique, Moldavie, République Dominicaine, Roumanie, Sénégal, Slovaquie, Vanuatu et Vietnam. Ces marchés émergents sont importants pour le Groupe en termes de croissance du nombre de clients mais aussi pour leur contribution au chiffre d'affaires et à la profitabilité du Groupe. L'ensemble de ces activités représente ainsi environ 12 % du chiffre d'affaires et 16 % de la marge brute opérationnelle du Groupe.

Depuis le 1er juin 2006, France Télécom tend à commercialiser l'ensemble de ses produits dans le monde sous la seule marque commerciale Orange, ainsi Wanadoo et MaLigne TV sont renommés Orange (ora01). Equant devient Orange Business Services. À cette occasion le logo (esperluette) de la marque France Télécom est devenu plus arrondi, la charte graphique (couleur et police) a été modifiée.

 
 
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