Retour à l'histoire de quelques FAI
----------------------Histoire de Tiscali (International)
SOMMAIRE | ||
Renato Soru se fait la main
avec Video On Line Naissance de Tiscali Tiscali révolutionne l'Internet italien La nécessaire entrée en Bourse et sa préparation La plus fameuse introduction en Bourse de l'histoire italienne Dégonflement de la bulle Internet et chute de l'action Tiscali La construction d'un empire paneuropéen (de 1 à 6 pays) Un coup de maître : l'acquisition de World Online Tiscali est là également pour l'UMTS en Italie Tiscali prend ses distances avec l'UMTS Acquisition du français Liberty Surf en 2001 Acquisition des français Infonie et Lokace Liberty Surf devient Tiscali le 15 avril 2002 Tiscali multiplie les acquisitions dans 9 pays Situation de Tiscali fin 2001 2002 : Une année bien (trop?) tranquille 2003 : Reprise des acquisitions et essor de l'ADSL 2004 : Changement d'hommes et de stratégie _____Changements d'hommes à la tête de Tiscali _____Changement de stratégie _____Tiscali à la recherche de liquidités vend des filiales _____Le groupe Tiscali réduit ses pertes en 2004 2005 : Telecom Italia acquiert Tiscali France 2006 : Un nouveau PDG qui achète pour UK mais vend à KPN 2007 : Retrait d'Allemagne, mais offensive au Royaume-Uni et en Italie 2008 : Un nouveau PDG met le groupe en vente L'action Tiscali poursuit se chute 2009 : Renato Soru revient aux commandes et se recentre sur l'Italie 2010 - 2014 : Années de transition 2015 : Fusion avec le groupe Aria et ses suites 2019 : Depuis 2019, troisième direction Renato Soru Tiscali devient Tessellis |
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Renato Soru se fait la main avec Video On Line | ||
Video On Line, l'un des premiers fournisseurs d'accès Internet italiens, a été fondé à Cagliari (capitale de la Sardaigne) par Nicola Grauso officiellement le 4 décembre 1994 grâce aux liens forts noués avant avec le centre de recherche CRS4 (Centro di Ricerca, Sviluppo e Studi Superiori in Sardegna - Centre de Recherche, de Développement et d'Etudes Supérieures de Sardaigne), alors dirigé par le prix Nobel de physique Carlo Rubbia qui avait été directeur du CERN (Centre européen pour la recherche nucléaire) où le système d'information hypertexte, le langage HTML, le World Wide Web est né. En effet, avec la collaboration du CRS4, qui créa le premier site web italien (www.crs4.it), l'éditeur Nicola Grauso a mis en ligne en mars 1994 le journal local " L'Unione Sarda ". Ce sera le premier quotidien mis en ligne en Europe. Dans les mois qui ont suivi, Video On Line devient en 1995 le principal fournisseur d'accès à Internet d'Italie avec environ 15.000 abonnés, soit 30 % des utilisateurs italiens. Renato Soru, né le 6 août 1957 à Sanluri (Sardaigne), qui a débuté sa
carrière dans la finance, l'a poursuivie dans la grande distribution,
entame la plus belle " success story " de l'Internet italien en République
tchèque (où il avait auparavant conclu des transactions immobilières)
en lançant en 1995 la société Czech On Line, branche tchèque de Video
On Line, basée à Prague. Il en fait rapidement le premier fournisseur
d'accès Internet tchèque à la faveur de la libéralisation des télécommunications
dans ce pays. Si Video On Line a prospéré en Tchéquie, la gestion de Grauso l'a amené en Italie au bord de la faillite en peu de temps. Le principal créancier était Telecom Italia, l'opérateur historique, à la fois concurrent et principal fournisseur (de la structure de télécommunications et des lignes gratuites pour une connexion gratuite). Telecom Italia, désireux d'étendre sa domination du téléphone au marché Internet, acquiert Video On Line en juin 1996 en le fusionnant avec sa division Telecom On Line, donnant naissance à Tin.it, acronyme de Telecom Italia Net, fournisseur de services Internet. |
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Naissance de Tiscali | ||
En 1997, en application des directives européennes exigeant, en matière de télécommunications, l'ouverture à la concurrence de ce marché au plus tard le 1er janvier 1998, le gouvernement italien modifie et révise la législation sur les télécommunications en Italie notamment par le Décret du Président de la République 1997/318 (" DPR 318 "), à la lumière du processus de libéralisation en cours dans l'Union européenne. Ce décret présidentiel met fin aux droits d'exclusivité sur l'installation d'infrastructures et sur la fourniture de services de télécommunications et établit de nouvelles lignes directrices sur l'interconnexion, l'octroi de licences, les services universels, ouvrant ainsi la voie à la pleine concurrence. C'en est fini du monopole de Telecom Italia. Renato Soru décide de tenter sa chance sur le marché italien de la téléphonie
nouvellement déréglementé. Il a une femme et quatre enfants, mais il hypothèque
sa maison et, avec des amis sardes dont Giovanni Antonio Manca, il fonde
le 9 juin 1997 la société Telefonica della Sardegna S.p.A. (pour
Società per azioni, société par actions en italien - société anonyme)
avec un capital social de 200.000.000 lires [environ 103.000 €], siège
social à Cagliari, Piazza del Carmine n. 22, rebaptisée Tiscali SpA
par l'Assemblée Générale Extraordinaire du 30 octobre 1997. Les plus proches collaborateurs de Renato Soru, viscéralement attaché à sa Sardaigne natale, sont sardes, complices de l'épopée tchèque ou camarades de fac, et entièrement dévoués. Cet état d'esprit a engendré une équipe de direction exceptionnellement bien intégrée. Outre Soru, les deux plus hauts dirigeants de Tiscali, Mario Mariani, responsable du marketing, et Paolo Susnik, directeur de la technologie déjà à Prague, viennent de Sardaigne. Le directeur financier Massimo Cristofori connaît Soru depuis qu'ils étaient étudiants ensemble à Bocconi (Milan) et il est le parrain de l'un de ses quatre enfants. Le 12 février 1998, le capital social est augmenté de 200.000.000 à 1.000 millions de lires (environ 520.000 €), par émission au pair de 80.000 actions ordinaires de valeur nominale de 10.000 lires chacune, dans la proportion de quatre actions nouvelles pour chaque action détenue. L'augmentation a été souscrite par l'actionnaire Renato Soru pour 720.000.000 lires, correspondant aux 72.000 actions nouvellement émises et par l'actionnaire Giovanni Antonio Manca pour 80.000.000 lires correspondant aux 8.000 actions nouvellement émises. Le décret du ministère des communications du 23 avril 1998 impose ensuite à Telecom Italia les dispositions relatives à l'interconnexion dans le secteur des télécommunications afin de permettre l'accès de nouveaux opérateurs sans discrimination et à des tarifs raisonnables. Il n'y a en effet pas de télécommunications sans interconnexion, c'est-à-dire sans la possibilité d'accès réciproque des différents opérateurs aux réseaux des autres, et des différents fournisseurs de services aux réseaux de tous les opérateurs. Dans sa phase initiale, l'interconnexion demeure un phénomène asymétrique, les nouveaux acteurs du marché n'étant pas présents sur tous les segments de l'activité et devant donc obligatoirement s'interconnecter aux installations de l'opérateur historique pour rendre un service de bout en bout. L'application de la législation nationale sur les télécommunications est principalement confiée à l'AGC (Autorità per le Garanzie nelle Comunicazioni). Cette autorité est chargée, entre autres, de délivrer des licences aux opérateurs de services de télécommunications et du règlement des différends relatifs à l'interconnexion. De son côté, l'Autorità Garante della Concorrenza e del Mercato ("Antitrust") a compétence générale sur le secteur en matière de concurrence, surtout pour empêcher l'opérateur historique d'abuser de sa position dominante sur le marché. Dès janvier 1998, Tiscali a demandé une licence - obtenue en avril 1998 - de location de lignes auprès de Telecom Italia pour fournir des services de téléphonie vocale en Sardaigne et dans les agglomérations de Rome et de Milan. La licence permettant de desservir jusqu'à 10 millions de clients et la Sardaigne ne comptant que 1,5 million d'habitants, Soru a donc étendu sa portée aux deux agglomérations de Rome et de Milan. L'entreprise n'avait pratiquement aucune activité avant la fin du premier trimestre 1998. Parallèlement, Tiscali a été le premier à proposer en Sardaigne des cartes de services téléphoniques prépayées. En août 1998, suite à la publication par Telecom Italia de la grille tarifaire de l'interconnexion, Tiscali est le troisième opérateur italien (après Infostrada et Albacom) à signer un accord d'interconnexion avec lui. Grâce à ses quatre centraux interconnectés avec le réseau téléphonique de l'ancien monopole, la Société a ainsi pu offrir ses services dans tous les domaines couverts par sa licence. Fin novembre 1998, l'AGC a contraint Telecom Italia à réduire le niveau
des redevances d'interconnexion dues par les opérateurs alternatifs comme
Tiscali, redevances variables selon le créneau horaire, pour chaque minute
de trafic. Selon les estimations, les tarifs appliqués par Telecom ont
subi une réduction de 35 %. Tiscali commence à vendre des services de téléphonie fixe utilisant le
code d'accès 10030. A partir de cette date, en composant le numéro 10030,
l'indicatif régional Tiscali, il est possible de sélectionner Tiscali
comme son opérateur de téléphonie. Pour garantir un accès plus facile
à ce service, Tiscali distribue à ses clients particuliers un poste téléphonique
équipé d'une touche qui compose automatiquement le code d'accès facile
10030. Le 30 novembre 1998, le fonds d'investissement Kiwi I Ventura Serviços,
exclusivement consacré aux nouvelles entreprises informatiques et de télécommunication
entre dans le groupe sarde avec une part de 10%. Le fonds est géré par
Oliver Novick (ex General Telephone & Electronics, Olivetti et Fininvest),
mais surtout Elserino Piol, ancien vice-président d'Olivetti ayant lancé
les activités d'Omnitel, opérateur mobile, et Infostrada, opérateur fixe,
et capital-risqueur influent pour tout ce qui touche en Italie aux télécommunications
et à Internet. Novembre 1998 fut certainement un mois crucial de l'histoire de Tiscali.
A compter de juin 1999, Tiscali propose des services téléphoniques dans toute l'Italie. La jeune entreprise sarde est devenue un opérateur téléphonique national. Ce marché des services vocaux nationaux se caractérise par une concurrence intense avec Telecom Italia, Infostrada, Albacom et Wind, qui disposent de moyens financiers plus importants et qui jouissent d'une grande notoriété. Grâce à son réseau unifié, Tiscali propose des services vocaux dans la sélection de l'opérateur avec des méthodes d'activation simple et immédiate et des tarifs clairs et compétitifs. En effet, les tarifs de Tiscali, contrairement à ceux de ses principaux concurrents, ne prévoient que deux tranches horaires (heures pleines/heures creuses) identiques pour tous les types d'utilisateurs. Tiscali propose aussi des services vocaux prépayés, principalement pour les utilisateurs particuliers (cartes prépayées rechargeables RicariCasa et Tiscali 10030), et post-payés pour les petites et moyennes entreprises (Tiscali Affari). |
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Tiscali révolutionne l'Internet italien | ||
Malgré ce succès à la tête d'un opérateur de téléphonie fixe en pleine croissance, Renato Soru n'a pas, dès le début, négligé Internet, compte tenu de ses compétences acquises en Tchéquie. Il a créé en avril 1998 TiscaliNet, service d'accès payant à Internet. En novembre 1998, Tiscali couvre tout le territoire sarde avec son réseau basé sur 19 PoP (points of presence - points d'accès à Internet). Il ajoutera plus tard une soixantaine d'autres PoP sur le " continent " italien. Le succès est mitigé. En mars 1999, Tiscali ne compte qu'environ 6.000 abonnés à TiscaliNet. Le 24 mars 1999, Tiscali, jusque-là essentiellement opérateur téléphonique, révolutionne le marché italien de l'Internet en étant le premier à proposer un service d'accès gratuit et illimité à Internet, Tiscali FreeNet, avec lequel les internautes n'ont plus à payer que le temps de connexion au prix des communications téléphoniques locales. Tiscali FreeNet, remplace le précédent service payant TiscaliNet. L'inscription à Tiscali FreeNet s'effectue en ligne, directement par l'utilisateur, avec activation immédiate du service, sans coût d'abonnement mensuel fixe ni kit d'activation initial. L'accès gratuit au Net a d'emblée fait partie de la " FREElosophy " (kit) de Renato Soru. Renato Soru s'est inspiré d'une start-up révolutionnaire britannique
appelée Freeserve et a copié son modèle commercial. Renato Soru est certain que Tiscali FreeNet gagnera de l'argent avec l'abonnement gratuit, "car nous sommes un opérateur de télécommunications, pas un fournisseur Internet". L'accord d'interconnexion réciproque signé en avril 1999 avec Telecom Italia est particulièrement profitable, puisqu'il rapporte à Tiscali plus de la moitié du prix que facture l'ex-monopole sur chaque minute consommée pour tous les appels dirigés vers le service Internet de Tiscali émis par les abonnés de Telecom Italia. Le FAI Freeserve, quant à lui, reverse à Planet Online qui fournit l'infrastructure back-end (la partie logicielle en arrière-plan) et à Energis l'opérateur de télécommunications, la majorité des sommes versées par British Telecom. Outre cette part du coût des appels téléphoniques, Soru escompte pour Tiscali des revenus générés par la publicité en ligne et les frais perçus sur les plateformes de commerce électronique gérées par la société sarde. A cette fin, en juillet 1999, Tiscali acquiert la société italienne Informedia Srl afin de constituer sa plate-forme de commerce électronique et de paiement en ligne. Tiscali devient donc en mars 1999 le premier fournisseur d'accès Internet gratuit sur le continent européen. Ce fut un succès immédiat. Une semaine après le lancement de Tiscali FreeNet, les clients Internet de Tiscali avaient triplé, dépassant 18.000 abonnés. Au cours des trois premiers mois d'activité, avec une couverture limitée à la Sardaigne et aux régions de Rome et Milan, le service Tiscali FreeNet avait atteint environ 216.000 abonnés. Ce décollage a été facilité par le fait qu'en application d'une décision
de l'AGC, depuis le 25 juin 1999, des tarifs réduits sont disponibles
sur les appels Internet par rapport aux appels téléphoniques vocaux. Avant
cette mesure, les appels Internet étaient facturés comme des appels locaux,
au plein tarif. Les remises spéciales, autrefois disponibles uniquement
pour les clients de Tin.it (le fournisseur d'accès Internet de Telecom
Italia), ont été étendues à tous les utilisateurs. Devant le succès de Tiscali FreeNet, comme il l'avait fait avec le téléphone
parti d'un périmètre limité (Sardaigne, Rome et Milan), Tiscali décide
d'étendre son réseau à partir de juin dans toute l'Italie en installant
24 centraux PoP assurant l'interface avec les lignes louées à Telecom
Italia et des câbles à fibres optiques. Le nombre d'abonnés Tiscali FreeNet continue d'accélérer rapidement passant d'environ 220.000 abonnés au 30 juin 1999 à 415.370 abonnés au 30 septembre 1999. En septembre, le nombre d'abonnés a augmenté en moyenne de 3.626 par jour (avec une augmentation moyenne de 4.447 abonnés sur la période du 15 au 30 septembre). Tiscali devient un important FAI national et un moteur pour le marché italien de l'Internet, contraignant d'autres fournisseurs à adopter le modèle d'accès et d'abonnement gratuit, comme Libero (kit), lancé par Infostrada le 14 juillet, et ClubNet (kit), lancé par Telecom Italia le 3 septembre 1999. Les autres principaux concurrents de Tiscali avec un accès Internet payant sont TIN (Telecom Italia Net) et IOL (Infostrada). |
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La nécessaire entrée en Bourse et sa préparation | ||
Entre l'été et l'automne 1999, dans sa transition d'opérateur régional à national pour fournir des services téléphoniques et l'accès gratuit à Internet, Tiscali a dû faire face à de lourds investissements dans ses infrastructures. L'introduction en Bourse permettant la levée de capitaux est nécessaire pour que Tiscali maintienne son indépendance vis-à-vis des grands groupes internationaux, sans renoncer à ses ambitieux plans de croissance. Au milieu de 1999, Renato Soru est déterminé à étendre Tiscali à travers l'Europe et à en faire un leader du marché. Le 30 juin 1999, afin de pouvoir présenter un nombre d'actions significatif
en Bourse, l'Assemblée Générale Extraordinaire de Tiscali décide la division
par 100 des 125.000 actions ordinaires, d'une valeur nominale de 10.000
lires chacune, pour porter leur nombre à 12.500 000, d'une valeur nominale
unitaire de 100 lires. Début août, Tiscali dépose une demande d'admission à la cotation de ses
actions à la Bourse de Milan [Milan est le centre industriel et économique
de l'Italie et la Bourse italienne y est située, Piazza degli Affari (Place
des Affaires)] sur le Nuovo Mercato (Nouveau Marché), créé très récemment
(en mai 1999) par la Bourse italienne pour coter des jeunes entreprises
porteuses de projet de croissance ambitieux et exerçant principalement
leur activité dans des secteurs innovants et de haute technologie. Renato Soru, président de Tiscali, annonce publiquement ses intentions d'étendre à court terme les services Internet gratuits au reste de l'Italie et de participer à l'appel d'offres pour l'attribution de la cinquième licence de téléphonie mobile, celle qui exploitera la technologie UMTS pour la transmission de données et images à très haute vitesse. Le 8 octobre, Borsa Italiana a approuvé l'admission aux négociations sur le Nuovo Mercato des actions Tiscali. Le prospectus d'information relatif à l'admission à la cotation et à l'offre publique de vente et de souscription des actions ordinaires Tiscali est déposé à la CONSOB le 14 octobre 1999. La Commissione Nazionale per le Società e la Borsa (Commission Nationale des Sociétés et de la Bourse - plus connue sous l'acronyme CONSOB) est une autorité administrative indépendante dotée de la personnalité juridique autonome et de la pleine autonomie de fonctionnement. L'équivalent de notre Autorité des marchés financiers (AMF). L'Offre Globale d'actions ordinaires Tiscali, d'une valeur nominale
de 100 lires chacune avec jouissance au 1er janvier 1999, d'un nombre
maximum de 3.040.000 actions (2.600.000 provenant d'une augmentation de
capital et 440.000 provenant de l'actionnaire principal Renato Soru),
consiste en Le Conseil d'administration de la Société du 4 octobre 1999 a accordé
à ABN AMRO Rothschild et Banca IMI (les banques chef de file) une option
Greenshoe d'achat, au prix de l'offre, d'un maximum de 456.000 actions
supplémentaires égales à 15 % du montant total de l'offre globale à attribuer
au Placement Privé. Le prix de l'offre, unique pour l'offre publique et pour le placement
Institutionnel, sera compris entre un minimum de 38 euros (égal à 73.500
lires environ) et un maximum de 46 euros (égal à 89.000 lires environ)
et sera communiqué au public le deuxième jour suivant la clôture de l'offre.
Aux salariés et intermédiaires qui souscriront, une remise de 20% sera
appliquée sur la part de l'offre publique qui leur est réservée. La valorisation de Tiscali a été réalisée en utilisant le critère des multiples boursiers comme méthodologie principale (multiples de revenus et multiples d'abonnés) avec la méthode DCF comme outil de contrôle. En effet, si la valeur financière d'une entreprise est généralement déterminée à une date " t " à travers les flux de trésorerie actualisés qu'elle va générer dans le futur (méthode des Discounted Cash-Flow ou DCF), cette méthode est ici peu pertinente, compte tenu de l'extrême volatilité des résultats dans un secteur en forte croissance, à l'historique récent d'exploitation de la société et du secteur dans lequel elle opère. Le minimum de souscription à l'offre doit être de 40 actions ("Lot minimum") ou un multiple de 40. Compte tenu des prix minimum et maximum, l'actionnaire intéressé doit débourser entre 1520 € et 1840 € pour participer à l'offre, ce qui n'est pas rien. Il est prévu que dans le cas où les demandes reçues du grand public ou des abonnés dépassent le nombre d'actions qui leur sont attribuées, chaque demandeur se verra attribuer une quantité d'actions égale au lot minimum de 40 actions ou un multiple de celui-ci. Si cela est impossible, les lots minimums seront attribués individuellement aux candidats par tirage au sort. Calendrier de l'opération : Nous sommes en octobre 1999, la révolution Internet bouleverse la planète, la Nouvelle Économie tourne à plein régime, la bulle spéculative qui affecte les " valeurs technologiques ", c'est-à-dire celles des secteurs liés à l'informatique et aux télécommunications sur les marchés d'actions depuis la fin des années 1990 grossit démesurément. Tiscali s'inscrit dans ce panorama et le battage médiatique autour de Renato Soru apporte à l'introduction projetée une publicité extraordinaire. Tiscali est une société de télécommunications "centrée sur le Net", qui
offre une vaste gamme de services de communication à travers son propre
réseau basé sur une plate-forme IP. Fondé par Renato Soru, Tiscali, en
moins d'un an, s'est imposé en Italie comme un nouveau géant des télécommunications
face à Telecom Italia. L'introduction en Bourse de Tiscali, la première entreprise innovante dans le secteur de l'Internet en Italie, la start-up emblématique de la "Nouvelle Economie", avec de grandes possibilités de développement dans le futur, était donc attendue avec impatience par les investisseurs. Tout le monde s'attendait à ce que ça se passe bien. Ce ne fut pas un succès, ce fut un triomphe. |
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La plus fameuse introduction en Bourse de l'histoire italienne | ||
A l'issue de la période de souscription du 20 au 22 octobre 1999 des
3.040.000 actions présentées à l'offre, on apprend que 102.755.913 actions
ont été demandées. L'offre publique initiale de Tiscali a donc été massivement
sursouscrite 34 fois. Naturellement, l'option de surallocation " Greenshoe
" de 456.000 actions supplémentaires a été mise en œuvre (au bénéfice
des investisseurs institutionnels) pour porter l'offre à 3.496.000 actions.
Le 24 octobre 1999, devant la quantité de la demande exprimée aussi bien dans le cadre de l'offre publique que du placement privé, le prix de l'offre est fixé bien évidemment au maximum de 46 euros l'action. Tandis qu'en application des règles prévues dans le prospectus d'information, seuls une dizaine de milliers de petits chanceux dans le public se sont vu attribuer le lot minimum de 40 actions. A ce prix de 46 €, Tiscali a une valorisation boursière de plus 710 millions d'euros et elle sait déjà qu'elle a réussi à lever 140 millions d'euros (3.056.000 x 46 €) au titre de l'augmentation de capital, avant rétribution des nombreux intermédiaires que l'entreprise a sollicités, qui vont lui permettre de disposer des moyens nécessaires pour entreprendre une expansion paneuropéenne, tandis que Renato Soru va empocher 20.240.000 € [440.000 x 46 €] lors de l'introduction en bourse. Le mercredi 27 octobre 1999, le premier jour de cotation de l'action Tiscali en Bourse, allait rester dans les annales. Tandis que des milliers d'épargnants ont littéralement pris d'assaut leur banque dès les premières heures du matin pour savoir si le tirage au sort leur avait fait profiter des actions Tiscali, dans les échanges de préouverture les actions étaient cotées à près du double de leur prix de vente de 46 euros. Les débuts en fanfare des actions de Tiscali, qui ont immédiatement fait un bond en avant, ont surpris même les courtiers les plus expérimentés de la Piazza Affari. Quelques minutes seulement après l'ouverture de la Bourse, l'action Tiscali s'est littéralement envolée, marquant le premier prix à 69 €, 50% de plus que le montant avec lequel elle avait été placée. L'action, après trois suspensions du titre, s'est stabilisée à 67,2 € dans les échanges du matin en Italie. Mais dans l'après-midi, il y a eu un nouveau regain de convoitise pour la nouvelle compagnie de téléphone qui a porté l'augmentation à près de 60%, aux limites maximales d'écart établies par la Bourse. À ce moment-là, le titre a de nouveau été suspendu et se retrouve à 73 € à la clôture du marché. Dans les jours suivants, l'action a continué à croître rapidement, sa cotation étant parfois suspendue en raison de hausses excessives dues au déséquilibre entre la masse des titres demandés et ceux offerts. Ainsi Tiscali a commencé à coter 87 € par action dès les premiers jours de novembre ; vers le milieu du mois, l'action a de nouveau été suspendue pour reprendre ensuite sa cotation, atteignant 152,50 € le 19 novembre 1999. À la fin du mois, la société informe les investisseurs que Tiscali a atteint 710.000 abonnés et que leur nombre augmente de 32.000 chaque semaine. Devant cette croissance remarquable, les investisseurs basculent dans une sorte d'euphorie collective. L'action poursuit sa progression fantastique tout au long du mois de décembre et passe de 185 € en début de mois à 400 € le 27 décembre 1999. La hausse ne semble pas devoir s'essouffler. Après l'annonce que Tiscali FreeNet a dépassé le million de clients au début de l'année et engrange 40.000 nouveaux clients par semaine, l'action qui cotait 495 € le vendredi 4 février 2000, bondit à 896 € en séance le mardi 8. Une hausse de 80% en deux jours de cotation ! A ce niveau de cours, le jeune Tiscali capitalise 14 milliards d'euros, contre les 14,2 milliards de la maison turinoise Fiat et près de la moitié d'un géant comme Generali. Sa capitalisation dépasse celle de Fiat le vendredi 11 février, atteignant 14,5 milliards d'euros, et Tiscali continue à monter lundi 14 février matin cotant 924 euros. Bien évidemment, la presse italienne s'est emparée du sujet. " Tiscali, vedette de Milan ". " L'Italie est saisie par la Tiscalimania ". " La Nouvelle économie a gagné l'Italie ". Tiscali, une start-up créée il y a deux ans, un petit opérateur de téléphonie fixe et fournisseur d'accès à Internet basé en Sardaigne est devenu la valeur phare de l'Internet. Renato Soru, propriétaire de Tiscali à 69%, avec des actifs de 18.700 milliards de lires, se hisse sur la plus haute marche du classement des hommes les plus riches d'Italie, du moins sur le papier ; plus riche que les familles industrielles italiennes légendaires comme les Agnelli de Fiat et l'un des rares Italiens à figurer dans le classement Forbes des personnes les plus riches du monde. Le mois de février 2000 se termine sur une cotation de 951 €. A la mi-février, Tiscali déclare prévoir une division d'actions de 10 pour 1 après l'augmentation de près de 20 fois du cours de son action depuis l'introduction en bourse d'octobre ; ceci afin de faciliter la négociabilité de l'action. Le 06 mars 2000 l'action atteint un maximum absolu en séance de 1197
€. Pour les actionnaires, c'est une véritable fête. Des gains incroyables. Les journaux imaginent des scénarii impossibles : quelques chanceux qui se sont vu attribuer le lot minimum de 40 actions fin octobre dernier et qui les auraient gardées jusqu'à ce moment précis auraient vu leur capital passer de 3,6 millions de lires à plus de 92 millions (1.840 € devenus 47.880 €). Plus dure sera la chute. |
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Dégonflement de la bulle Internet et chute de l'action Tiscali | ||
Depuis l'introduction en Bourse du navigateur Internet Netscape le 9 août 1995 aux États-Unis, une bulle spéculative s'est formée sur le secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Les investisseurs parient frénétiquement sur la "nouvelle économie", qu'ils comparent à une nouvelle révolution industrielle et les cours des actions des sociétés Internet ont augmenté de manière (rétrospectivement) irresponsable pendant quelques années. Le 10 mars 2000 marque l'apogée de la bulle internet. L'indice phare des technologies US, le Nasdaq Composite de New York, qui concentre les valeurs technologiques et d'Internet, a atteint son point culminant à 5.048,62 points (contre 1.291,03 points le 1er janvier 1997). Un record qui allait être suivi par une chute des marchés de la "nouvelle économie". Un recul de 27 % durant les deux premières semaines d'avril et de 39,3 % sur un an. A la fin de l'année, les nouvelles technologies de l'information et de la communication avaient perdu de leur superbe et entraînaient le Nasdaq à 2.470,52 points. Ce n'est que le 2 mars 2015, soit 15 ans plus tard, que le Nasdaq va refranchir la barre des 5.000 points. À partir de mars 2000, les investisseurs qui baignaient dans une quasi-euphorie
collective se réveillent et commencent à tempérer leur frénésie d'achat
d'actions de sociétés issues de la " nouvelle économie ". A cela plusieurs
raisons : De ce point de vue, l'introduction en bourse de World Online le 17 mars 2000 a été réalisée au pire moment, coïncidant avec l'éclatement de la bulle Internet. Comme de surcroît il s'est avéré que sa fondatrice avait vendu plus des deux tiers de ses propres actions peu de temps avant l'introduction en bourse à un prix bien inférieur au cours auquel l'action fut introduite, cette introduction en bourse de World Online fut un vrai désastre. Le scandale qui en a résulté a forcé la démission de Mme Brink et torpillé le cours de l'action de World Online. Cette affaire contribuera à l'effondrement de la " bulle Internet ". Les marchés s'attendant à ce que la performance de ces valeurs technologiques chute au cours de l'année 2000, ils les vendent massivement. Les cours de Bourse dégringolent. On a vu que le 06 mars 2000, l'action Tiscali avait atteint un maximum absolu en séance de 1197 €. Tiscali voit son cours de bourse chuter de 50% en un mois et demi. Le 21 avril 2000, il est à 565,70 €. Tiscali, en application d'une décision approuvée par l'assemblée générale
de la société du 15 mars, procède le 25 avril 2000 à une division
de l'action par 10 (offrant 10 actions nouvelles à la place de chaque
action ancienne), pour rendre le titre plus abordable. De ce fait, tout
se passe comme si la valeur d'introduction était de 4,60 € (au lieu de
46 €) et le maximum historique pratiquement à 200 € (au lieu de 1197 €).
Et ce n'est pas fini ! |
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La construction d'un empire paneuropéen (de 1 à 6 pays) | ||
Renato Soru, depuis sa Sardaigne natale, a lancé Tiscali qui a pris la
double casquette d'opérateur de télécommunications et de FAI (fournisseur
d'accès à Internet), privilégiant le modèle de la fourniture d'accès à
Internet gratuite sans abonnement, se rémunérant sur les télécommunications.
Son but affiché : faire de Tiscali l'un des plus grands fournisseurs d'accès
Internet indépendants en Europe, et pour cela détrôner purement et simplement
les grands du secteur, dont T-Online, Wanadoo et Terra Lycos, les filiales
des opérateurs historiques Deutsche Telekom, France Télécom et Telefónica
en Espagne respectivement, mais aussi AOL Europe. En décembre 1999, Tiscali commence par la France en concluant un accord pour prendre le contrôle d'A Telecom et de Nets, deux opérateurs de télécommunications pour 100 millions d'euros environ (au cours de l'action Tiscali de l'époque), payés avec l'émission d'actions nouvelles Tiscali. Respectivement 419.534 et 3.306 actions nouvelles. A Telecom est un modeste opérateur de services téléphoniques basé à Marseille, qui revendique 15.000 clients dans l'Hexagone, mais qui a l'avantage d'être présent sur tout le territoire français grâce un important accord d'interconnexion avec France Télécom. Tiscali pourra donc s'appuyer sur l'infrastructure d'A Telecom pour lancer rapidement des services mixtes associant Internet sans abonnement et communications téléphoniques. Nets est, lui, un petit opérateur basé en France qui est en train de développer un réseau de fibre optique reliant les grandes villes européennes. Son réseau permettra à Tiscali d'accélérer son déploiement dans les principaux pays européens tout en réduisant sa dépendance à l'égard des autres opérateurs de télécommunications pour l'acheminement de son trafic. L'année 2000 voit la campagne d'acquisition de Tiscali accélérer. Parmi
les premières de ses nouvelles acquisitions figure, en janvier 2000,
celle du suisse DataComm AG, l'un des principaux FAI indépendants
du marché helvétique avec 86.000 clients. Tiscali en acquerra 80% pour
une valeur de 60 millions d'euros en procédant par échange de (113.897)
actions nouvelles. On trouvera des kits Tiscali Net mentionnant au verso
Tiscali DataComm AG (kit). Tiscali prend ensuite pied en Belgique. L'activité Internet de Tiscali est devenue un nouveau marché significatif lorsque la société a acquis le belge Link Line SA, exploitant le FAI FreeGates (kit) avec plus de 110.000 abonnés, en février 2000 pour 22 millions d'euros par échange de 46.280 actions nouvelles. En mars, la société a acquis un autre FAI belge de premier plan, Interweb SA, qui exploite le service d'accès internet gratuit FreeBel avec plus de 85.000 abonnés ; pour 17 millions d'euros par échange de 194.670 actions nouvelles délivrées après la division par 10 de l'action Tiscali du 25 avril. Plus tard cette année-là, Tiscali a regroupé les deux services sous la marque TiscaliNet qui devient le numéro deux du marché belge derrière Skynet (Belgacom) en termes de minutes de surf et le numéro un des connexions gratuites avec 180.000 abonnés. Fort de sa valorisation boursière, Tiscali a ensuite ciblé le marché
allemand en annonçant en février 2000 la reprise de Nikoma
Beteilgungs GmbH (Gesellschaft mit beschränkter Haftung - en français,
" Société à responsabilité limitée "), un groupe de FAI et de services
téléphoniques à Hambourg, pour 270 millions d'euros en 3.648.510 actions
nouvelles Tiscali délivrées là encore après la division par 10 de l'action
Tiscali. Tiscali continue de réaliser son réseau informatique propriétaire au niveau européen, soutenu par IP (Internet Protocole), par quelques acquisitions stratégiques. Après le français Nets en décembre 1999, Tiscali acquiert en février 2000, 80% des actions de CD Telekomunikace sro en République tchèque, pour 17 millions d'euros en procédant par échange de (291.180) actions nouvelles. CD Telekomunikace sro détenait non seulement une licence de télécommunications, mais également les droits exclusifs de pose d'un réseau de fibre optique le long du système ferroviaire du pays. Parallèlement, l'entreprise étend son réseau de fibre optique à Bruxelles, ainsi qu'aux principaux marchés urbains d'Allemagne. Après s'être offert en quelques mois des têtes de pont en Allemagne, en Belgique, en Suisse et en France, l'opérateur téléphonique et fournisseur d'accès italien annonce fin juin 2000 qu'il lance TiscaliNet, son portail européen et son accès gratuit à l'Internet dans ces quatre pays (kit). Désormais, toutes les filiales européennes se rangent derrière le nom Tiscali. Pour assurer un démarrage rapide au plan européen de son accès gratuit, Tiscali va s'appuyer sur son expertise italienne où il compte déjà 1,4 million d'abonnés. "Dès le 1er juillet, nous allons décliner dans chacun des pays le même portail et les mêmes services.", explique Renato Soru. Une offre bien rodée dans laquelle Tiscali ne laisse que peu de place aux partenaires extérieurs. Le fournisseur d'accès a ainsi développé son propre moteur de recherche (Janas, un nom sarde : " les fées "), son propre shopbot (Jans shopping), sa propre galerie marchande (Willage), son propre site de jeux (Freegames), son propre site automobile (Motorcity), son propre traducteur de 30 langues... Une longue liste qui évite à Tiscali de nouer des partenariats nationaux au cas par cas. En France, Tiscali se retrouve notamment face à Liberty Surf qui vient de repousser en juin son offre d'achat. |
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Un coup de maître : l'acquisition de World Online | ||
Fondé par la néerlandaise Nina Brink, World Online, basé à Rotterdam aux Pays-Bas, visait à fournir un accès gratuit à Internet dans toute l'Europe. Lancé d'abord aux Pays-Bas en 1996, World Online s'est rapidement développé pour être présent dans 15 pays européens et en Afrique du Sud. Le principal actionnaire de la société est la Fondation de la famille Sandoz basée en Suisse. Néanmoins, si World Online est un géant aux Pays-Bas, c'est un acteur mineur sur la plupart de ses autres marchés. Il ne figure même pas parmi les cinq premiers acteurs sur les marchés cruciaux de la France, de l'Allemagne ou de l'Italie. Mais pour Tiscali, World Online avait déjà ouvert la voie en créant un groupe Internet paneuropéen, rassemblant plus de 3,5 millions d'abonnés. Le 17 mars 2000, World Online est introduit en Bourse. A son prix d'introduction
de 43 €, la pièce maîtresse néerlandaise de la Nouvelle économie vaut
plus de 12 milliards d'euros. De nombreux investisseurs ont investi un
total de 2,9 milliards d'euros pour acquérir les actions proposées à la
vente. Mais à la clôture, le titre World Online cote 43,20 euros, à peine
20 centimes de plus que le cours initial d'introduction de 43 euros !
Dans les jours qui suivent, l'action World Online dévisse. On apprend bientôt que Nina Brink avait vendu plus des deux tiers de ses propres actions (environ 14,9 millions) en décembre 1999 à trois fonds d'investissement, dont 10 millions à Baystar, une société américaine de capital-investissement, à seulement 6,04 $ l'action, bien moins que le cours de 43 € auquel l'action sera introduite en mars. En outre, Baystar, qui a refusé de signer un engagement de conservation des titres acquis, a vendu 1,2 million d'actions le jour même de l'introduction en Bourse, empochant une énorme plus-value et accélérant la baisse du titre alors que les investisseurs s'attendaient à une explosion des cours. Comme si cela ne suffisait pas, Nina Brink doit recevoir la moitié des plus-values que Baystar réalisera sur la revente ultérieure des actions. L'affaire tourne donc au scandale et torpille le cours de l'action. Outrés, beaucoup d'actionnaires se retirent de World Online - et contribuent à accentuer la dégringolade du titre qui cote 13,80 € le 5 avril 2000, soit une chute de 68% par rapport aux 43 € de l'introduction datant de moins de 3 semaines ! Le 13 avril 2000, quelques heures après la confirmation du lancement d'une action en justice, Nina Brink démissionne de la présidence de World Online. Elle sera remplacée par James Kinsella. La plus grande introduction en bourse jamais réalisée pour une société Internet en Europe (plus de 2,9 milliards d'euros levés pour 24% du capital de la société mis sur le marché) s'avéra donc une catastrophe. Des poursuites judiciaires furent très vite entamées par les actionnaires s'estimant lésés par le cabinet d'avocats Hammerstein et Spong, mais surtout par la VEB (Vereniging van Effectenbezitters), l'Association des petits actionnaires, très active aux Pays-Bas, qui soutiennent que le prospectus d'information paru relatif à l'introduction en Bourse de World Online était incorrect et trompeur à bien des égards. Dans ce climat délétère, World Online devient vulnérable. Renato Soru
en a profité pour négocier un prix d'acquisition inférieur d'1,3 milliard
d'euros à ce que World Online réclamait initialement, selon un témoin.
A la même période, la bulle Internet a éclaté. Le 7 août 2000, le Wall Street Journal Europe annonce en " une " que l'italien Tiscali négocie le rachat du néerlandais World Online. Du coup le titre World Online gagne 11,36% en fin de matinée à la Bourse d'Amsterdam à 12,25 euros tandis que Tiscali gagne 0,23% à Milan à 51,95 euros. Cette tentative fait suite à l'échec de la reprise par le même Tiscali du français Liberty Surf, selon le quotidien des affaires. C'est la deuxième fois en trois mois que des sources font état de discussions en vue d'une fusion entre les deux groupes. En juin, une rumeur mariait en effet déjà les deux groupes. Le titre World Online poursuivra sa hausse après que le groupe a confirmé l'existence de discussions avec Tiscali. World Online, largement délaissé par les investisseurs vaut en Bourse moins de la moitié de Tiscali (valorisé à 8,7 milliards d'euros), alors qu'il dispose d'un portefeuille d'abonnés supérieur à celui de l'italien (3,7 millions d'abonnés fin juin, dont 2,4 millions d'actifs, contre 2,3 millions pour Tiscali). Le groupe World Online dispose en outre d'une trésorerie de plus de 1,6 milliard d'euros. Des chiffres qui n'empêchent pas le titre, malgré son récent rebond, de rester très loin (à moins de 13 euros) de son cours d'introduction de 43 euros. Le 7 septembre 2000, Tiscali et World Online annoncent leur intention de créer "une société pan-européenne leader dans les services Internet" et signent un accord de fusion. Le nouvel ensemble qui doit conserver le nom de l'opérateur italien comptera plus de six millions d'abonnés en Europe (4,2 millions pour World Online et 2 millions pour Tiscali), aura son siège social en Sardaigne, en Italie ; Renato Soru, le fondateur de Tiscali, en devient président exécutif et James Kinsella directeur général. Si le terme de fusion semble donner la même importance aux deux FAI, il s'agit bel et bien en réalité d'une acquisition de World Online par Tiscali. La fusion entre Tiscali et World Online sera réalisée par le lancement, par Tiscali, d'une offre publique d'échange (OPE) d'actions Tiscali nouvellement émises sur les actions World Online. Tiscali annonce le 6 novembre le lancement officiel de son offre publique
d'échange sur toutes les actions de World Online. La période de l'offre commencera demain 7 novembre 2000, et se terminera le 6 décembre. Tiscali est déjà assuré d'obtenir plus de 177 millions de titres World Online, représentant 62,1% du capital, grâce au soutien des principaux actionnaires de ce dernier : la Fondation Sandoz, la société néerlandaise Reggeborgh et le groupe américain Intel Corporation. A ce moment, Renato Soru, le patron créateur de l'opérateur italien, possède 108.100.000 actions Tiscali, représentant environ 64,36% du capital social de la société. Les résultats de l'offre publique d'échange sont connus le 7 décembre
2000. World Online a apporté 96,1% de ses actions à son concurrent
italien. Le 12 janvier 2001, World Online a été radié de la cote car Tiscali en possède toutes les actions. Au final, 140.534.885 actions nouvelles Tiscali ont été créées, portant le nombre total d'actions Tiscali à 308.813.507 fin janvier 2001. La presse a souvent publié le montant d'une acquisition par Tiscali de près de 5,9 milliards d'euros pour World Online, mais c'est le prix que Tiscali aurait déboursé s'il avait payé chaque action World Online 20 euros, or ce prix n'était valable que pour une action Tiscali cotant à l'époque de l'annonce de la fusion 46 euros environ. Mais, surtout, l'acquisition a été réalisée entièrement par échange d'actions. Au terme de l'opération effectuée en actions, les anciens actionnaires de Tiscali (dont Renato Soru, fondateur, principal actionnaire et président) détiennent 56,7% de la nouvelle société tandis que ceux de World Online en détiennent 43,3%. En fusionnant avec World Online, Tiscali donne naissance au deuxième fournisseur d'accès Internet en Europe, derrière T-Online de Deutsche Telekom et devant Wanadoo de France Télécom. En effet, Tiscali, troisième fournisseur d'accès Internet italien et World Online, premier au Pays-Bas, pourraient alors totaliser près de 6 millions d'abonnés dont plus de 4 millions actifs. La nouvelle société, qui conserve le nom de Tiscali, devient leader du marché en Italie, aux Pays-Bas, en Belgique, au Danemark et en République tchèque. L'arrivée de James Kinsella, le président de World Online ayant remplacé Nina Brink, l'ancien dirigeant de Microsoft qui a construit le populaire portail d'actualités et de divertissement MSNBC aux États-Unis, est également appréciée. Sa venue chez Tiscali est de nature à répondre à l'inquiétude de nombreux investisseurs qui ne voient pas comment Renato Soru pourrait poursuivre un programme d'achat aussi actif et avoir encore le temps d'exécuter une stratégie d'intégration réfléchie et cohérente. Mieux encore, cette opération donne à Tiscali l'accès aux fonds levés par World Online lors de son introduction en bourse, soit près de 1,6 milliard d'euros. Cet argent frais sera fort utile à l'italien, qui a dû financer sa croissance par un emprunt obligataire de 200 millions d'euros à fort taux d'intérêt, et qui entend bien poursuivre son programme d'acquisitions continu. "L'accord était essentiel pour stabiliser notre situation financière", confirme Cristofori, directeur financier de Tiscali. "Avant d'acheter World Online, nous n'avions que 150 millions d'euros en espèces." Son acquisition rend possible la transformation de Tiscali en une véritable entreprise paneuropéenne. Elle permet au groupe d'étendre sa présence de 6 pays à 15, de doubler son nombre d'utilisateurs actifs et de compléter une boucle de lignes en fibre optique par une nouvelle boucle nord, constituant le plus grand réseau de fibre optique indépendant en Europe. L'acquisition de World Online montre la perspicacité de Renato Soru pour saisir les opportunités, sa force de persuasion et sa capacité à négocier. Étant donné que la VEB - l'association néerlandaise des petits porteurs ne demande qu'environ 100 millions d'euros de dommages et intérêts à World Online, tandis que Tiscali a mis la main sur 1,6 milliard d'euros de trésorerie, Soru a clairement réussi un deal formidable. L'année 2000 se termine donc en apothéose pour Tiscali. |
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Tiscali est là également pour l'UMTS en Italie | ||
La société est en train de se développer tous azimuts et compte notamment être candidate à une licence UMTS. L'UMTS [Universal Mobile Telecommunications System - système universel de télécommunications mobiles], la troisième génération (3G) de téléphonie mobile, ayant des débits bien plus rapides qu'avec la génération précédente, le GSM, permet l'accès à Internet, le visionnage de vidéos, voire d'émissions de télévision et la visiophonie. A cette époque, Tiscali croyait aux potentialités de l'activité UMTS, car elle pouvait offrir un moyen d'éviter le duopole TIM-Omnitel existant en Italie ; l'UMTS pourrait aussi offrir une aide supplémentaire au développement d'Internet. Quelques jours après la cotation du Groupe, dans la seconde quinzaine
de novembre 1999, Tiscali crée " Andala UMTS SpA " (àndala signifie
" sentier " en sarde), une société qui participera à l'appel d'offres
pour l'attribution de l'une des cinq licences italiennes de téléphonie
mobile de troisième génération. Cinq licences UMTS seront proposées via un système mixte qui associe
une première sélection technique, le " concours de beauté " (comme en
France) puis des enchères (comme au Royaume-Uni et en Allemagne). Les
quatre opérateurs GSM postulent actuellement : TIM (Telecom Italia), Omnitel
(avec Vodafone), Wind (avec France Télécom) et Blu (avec BT). Cela laissera
probablement la place à un seul nouvel opérateur. Allié à Franco Bernabè, Renato Soru réunit un tour de table chez Andala qui s'élargit en mars 2000 avec notamment la CIR (Compagnie Industriali Riunite, holding industriel de Carlo De Benedetti) avec une participation de 15 %, la banque Sanpaolo-IMI avec 10%, l'éditeur Rizzoli Corriere della Sera avec 3%, son propriétaire HDP de Cesare Romiti 2%, Pino Venture avec 2%, Gemina et Rothschild Italia avec 1% chacun. La participation de Tiscali passe de 90% à 61%. La Direction Générale d'Andala est confiée à Vincenzo Novari. Andala, consortium monté par Tiscali, va en août 2000 se rapprocher d'un opérateur non italien. Ayant besoin des moyens d'un riche opérateur téléphonique, il a convaincu le conglomérat hongkongais Hutchison Whampoa du milliardaire Li Ka-shing de s'allier avec lui pour décrocher la cinquième licence UMTS. Hutchison Whampoa, l'une des sociétés les plus capitalisées à la Bourse de Hong Kong, est active dans les télécommunications et Internet, la logistique maritime, l'énergie, la grande distribution, l'immobilier et l'hôtellerie. Le consortium est dès lors détenu majoritairement à 51% par Hutchison Whampoa, tandis que la participation de Tiscali tombe à 25,5%. L'actionnariat d'Andala est complété par CIR avec 15%, Sanpaolo-IMI avec 5%, Franco Bernabè avec 2%, HDP à 1% et Gemina à 0,5 %. Vincenzo Novari est confirmé par les nouveaux actionnaires à la Direction Générale. Le 23 août 2000 s'ouvre le dépôt des dossiers de candidature pour les 5 licences de téléphone cellulaire de troisième génération UMTS en Italie. Selon les responsables du gouvernement, l'Italie ne devrait pas connaître les " excès " financiers de l'Allemagne constatés ce même mois. Voir plus loin. A la date limite du dépôt des candidatures, le 24 août, on dénombre 8
candidats dont comme prévu les 4 opérateurs GSM quasiment certains à ce
titre d'obtenir une licence UMTS : TIM (Telecom Italia Mobile),
Omnitel Pronto Italia (filiale italienne de Vodafone, depuis que
le britannique a fusionné avec l'allemand Mannesmann), Wind Telecomunicazioni
(filiale commune d'Enel et de France Télécom) et Blu. TIM, Omnitel
et Wind sont les trois principaux opérateurs de téléphonie mobile italiens.
Blu, détenu essentiellement par la société gestionnaire des autoroutes
Autostrade, British Telecom, le groupe de télévision Mediaset et Benetton
(via la société financière Edizione Holding), est également opérateur
en téléphonie mobile en Italie depuis le 15 mai 2000. Les sept candidats sont informés le 2 septembre de la possibilité de participer ou pas aux enchères, puis auront jusqu'au 11 septembre pour présenter leur dossier technique et commercial, avant les enchères qui débuteront début octobre. Les résultats devraient être connus vers le 15 novembre et les licences pourraient être attribuées début décembre. Les experts évaluent une licence UMTS entre 3,35 et 4,46 milliards d'euros, ce qui permettrait à l'Etat italien d'encaisser entre 16,75 et 22,3 milliards d'euros. Avant d'entrer en lice, chaque candidat devra verser un dépôt de 4.000 milliards de lires (2,1 milliards d'euros environ) assorti d'une garantie bancaire obligatoire. Le 12 octobre 2000, le comité interministériel exclut TU Mobile, le consortium contrôlé par TU Télécommunications Utilities du groupe Atitalia, de l'appel d'offres pour l'attribution des cinq licences de téléphonie UMTS. Motif : TU Mobile n'a pas présenté la garantie bancaire prévue par le règlement de l'appel d'offres. Les candidats en course pour l'attribution des cinq licences UMTS ne sont plus que six. Les adjudications de licences de téléphonie mobile de troisième génération,
dite UMTS, débutent le 19 octobre. Ne restent en lice que les quatre opérateurs
italiens de téléphonie mobile: TIM, Omnitel, Wind et Blu, ainsi que les
consortiums Andala et IPSE 2000. La vente des licences italiennes de téléphonie dernière génération UMTS s'achève de façon surprenante dès le 23 octobre 2000 avec le retrait au bout de trois jours d'enchères seulement de Blu en raison d'un profond désaccord entre British Telecom et les autres actionnaires concernant la quantité et la valeur des actions du consortium que les sociétés italiennes veulent revendre à British Telecom. Le géant britannique s'était engagé à prendre le relais de quiconque souhaiterait alléger sa participation, rassurant les actionnaires italiens dont les télécommunications ne sont pas l'activité principale, mais il n'entendait visiblement pas prendre le contrôle de Blu maintenant et supporter l'essentiel du prix des enchères. Le gouvernement italien de Giuliano Amato a dû mettre fin aux enchères UMTS après seulement trois jours. Le retrait de Blu aboutissant à 5 licences à accorder à 5 candidats ! Les cinq candidats restants n'ont en effet plus aucune raison de surenchérir
et la vente des 5 licences s'est terminée sur un total de 12,16 milliards
d'euros (23.550 milliards de lires exactement) au lieu des 20 milliards
d'euros espérés par le gouvernement. Si l'affaire constitue une grosse déception pour le gouvernement, pour
les cinq lauréats par contre, l'aubaine est inespérée. Les licences du
quatrième marché stratégique de la téléphonie mobile en Europe (l'Italie
compte 35,4 millions d'abonnés) se retrouvent allouées pour moins de 2,45
milliards d'euros chacune quand les candidats aux licences au Royaume-Uni
ont dû débourser chacun l'équivalent de 7,68 milliards d'euros en moyenne
en avril 2000, et en Allemagne 8,33 en août 2000. L'opposition politique
italienne les juge quasiment bradées. Vodafone et France Télécom se retrouvent ainsi à la tête de licences UMTS dans la quasi-totalité des pays du Vieux Continent. Rome tentera de récupérer le dépôt de 4.000 milliards de lires (2,1 milliards d'euros environ) versé par Blu et demandera des indemnités, arguant de l'irrégularité de son retrait, mais ces suites judiciaires ont pris fin dès janvier 2001, lorsque le tribunal administratif régional du Latium a annulé la confiscation par le gouvernement de la caution de 4.000 milliards de lires. |
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Tiscali prend ses distances avec l'UMTS | ||
Même si la licence a été obtenue à un prix moindre que celui espéré par les autorités italiennes, il n'en demeure pas moins que l'UMTS nécessite des montants considérables non seulement pour payer la licence, mais aussi pour construire les infrastructures du futur réseau de troisième génération de téléphonie mobile. En décembre 2000, l'assemblée des actionnaires d'Andala approuve l'augmentation de capital de 10 à 800 milliards de lires. Tiscali, qui entend privilégier l'accès à Internet avant la très coûteuse troisième génération (3G) de téléphonie mobile, n'a pas participé à l'augmentation de capital et voit sa participation chuter à 0,3 %. Mais, selon les dispositions de pactes d'actionnaires, Tiscali garde l'option de revenir à 25,5 % d'ici janvier 2003. En février 2001, l'assemblée générale des actionnaires d'Andala UMTS approuve le changement de nom de la société. Le consortium Andala devient Hutchison 3G Italia, tandis que la filiale opérationnelle Andala 3G prend le nouveau nom de H3G. Les actions de H3G sont détenues par Hutchison Whampoa Limited (78,3 %), CIRTEL International (12,9 %), NHS Investments du groupe Sanpaolo-IMI (5 %), BMI (2 %), HdP (1 %), Gemina (0,5%) et Tiscali (0,3%). En juillet 2001, Tiscali annonce sa décision de ne pas acquérir 25,3% du capital de H3G et garde donc seulement 0,3% des actions du consortium. Hutchison Whampoa est confirmé comme actionnaire de contrôle avec 78,3% du capital social. En décembre, H3G signe un accord d'itinérance avec TIM. Selon cet accord, H3G offrira à ses clients des services GSM via le réseau TIM dans les zones non couvertes par l'UMTS, en attendant l'achèvement de son réseau 3G (construit par Ericsson et Siemens-NEC). L'accord prévoit également une interconnexion directe entre les réseaux des deux sociétés et, pour la première fois en Italie, le partage de sites UMTS. En janvier 2002, la structure de l'actionnariat de H3G SpA change : Hutchison Whampoa Ltd. monte à 88,2 % et CIR descend à 1,8 %. Les autres participations restent quasiment inchangées : Sanpaolo IMI à 5,6%, BMI à 2,3%, Hdp à 1,1%, Gemina à 0,6% et Tiscali à 0,3%. En juillet 2002, " 3 " devient le nom sous lequel seront proposés les
services de téléphonie de H3G en Italie. |
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Acquisition du français Liberty Surf en janvier 2001 | ||
C'est en avril 1999 qu'a été créé Liberty Surf, un fournisseur d'accès gratuit à Internet grâce auquel les internautes français n'ont à payer que le temps de connexion au prix des communications locales. Le FAI est codétenu par le groupe Bernard Arnault, via son pôle Internet Europ@web, et Kingfisher connu en France avec ses enseignes Castorama, Darty et BUT. Son PDG est Pierre Besnainou. Liberty Surf, qui a séduit rapidement plus de 600.000 internautes, ce qui en fait le deuxième FAI français après Wanadoo de France Télécom, au coude à coude avec Club Internet, est introduite en Bourse le 16 mars 2000 à 41 €, ce qui valorise la société à plus de 3,5 milliards d'euros et lui permet de lever plus de 518 millions d'euros (près de 3,4 milliards de francs). Liberty Surf multiplie les acquisitions en France (Nomade.fr, Respublica, NetRadio, AXS Telecom en moins d'une année), comme à l'étranger (X-Stream au Royaume-Uni et Hispavista en Espagne en mars 2000) et entend continuer à mener une "politique agressive d'acquisitions" pour renforcer ses positions en Europe et se concentrer sur la France, le Royaume-Uni (kit), l'Espagne, l'Allemagne (kit) et l'Italie. Liberty Surf, en quête d'alliance avec un opérateur télécoms ou un groupe de médias, a toutefois repoussé une première offre de Tiscali en juin 2000, ses deux principaux actionnaires, Europ@web et Kingfisher, et le PDG du FAI, Pierre Besnainou, estimant le prix proposé insuffisant. On avait alors parlé d'une offre à 45 euros par titre alors que l'action était cotée entre 30 et 35 euros à l'époque. Le 30 juillet 2000, le Wall Street Journal révèle que Tiscali aurait fait une nouvelle proposition de rachat à Liberty Surf qui aurait été une nouvelle fois refusée. Les six premiers mois de l'année 2000 se soldent par un chiffre d'affaires consolidé de 23,2 millions d'euros, mais 84 millions de pertes nettes, notamment en raison des nombreuses acquisitions. A la Bourse de Paris, l'action Liberty Surf connaît un parcours boursier terrible depuis son introduction le 16 mars dernier, à 41 euros. Après un record à 79 euros dès les premiers jours de cotation, elle inscrit un plus bas historique en séance à 9,81 euros le 17 octobre. Alors qu'il fait l'objet de rumeurs persistantes sur son rachat, Liberty Surf, qui revendique plus de 700.000 inscrits actifs en Europe, crée la surprise en annonçant le 27 octobre 2000 l'achat du fournisseur d'accès français indépendant Freesbee, lancé en juin 1999, qui revendique 110.000 inscrits actifs dans l'Hexagone, L'opération se fera exclusivement en titres Liberty Surf. Le rachat de Freesbee n'a pas rassuré les investisseurs puisque l'opération a été réalisée uniquement par l'émission de nouvelles actions et en cassant les prix. Quelques semaines plus tard, Liberty Surf, à la journée noire du jeudi 21 décembre 2000 pour les valeurs Internet, dégringole de 18,5% en clôture à 7,25 €, son plus bas de l'année, soit une baisse de 82,3% par rapport à son cours d'introduction en mars. Un mois après la prise de contrôle de World Online, le 8 janvier 2001, Renato Soru, PDG du fournisseur d'accès italien à l'internet Tiscali, annonce l'acquisition de Liberty Surf, ayant racheté les 36,47% que possèdent chacun le distributeur britannique Kingfisher et Europ@web, la filiale Internet de Groupe Arnault, en échange d'actions Tiscali à émettre et de cash. A l'évidence, les deux actionnaires historiques ne voulaient plus porter le risque Liberty Surf. Les deux actionnaires principaux de Liberty Surf obtiendront 0,365 action
Tiscali pour chaque action Liberty Surf (ce qui leur permettra de détenir
3,56 % de la star italienne de l'Internet), ainsi que 2,13 euros par action.
Tiscali lancera aux mêmes conditions une offre publique mixte d'échange
et d'achat pour toutes les actions détenues par le public. Désavoué par ses actionnaires, Pierre Besnainou, PDG et fondateur de Liberty Surf, démissionne le 14 février et est remplacé par Rafi Kouyoumdjian, directeur général depuis octobre 2000, qui sera chargé " d'assurer le rapprochement opérationnel entre les différentes entités du groupe Tiscali en France "(Liberty Surf, Freesbee, World Online France, A Telecom). Ensuite, Tiscali a lancé une offre publique mixte d'échange et d'achat sur le solde des actions de Liberty Surf en circulation, garantissant les mêmes conditions économiques que celles prévues pour les actionnaires de contrôle. L'offre, qui se déroule du 22 mars au 27 avril 2001, a permis à Tiscali de porter sa participation dans Liberty Surf Group à 94,50 % contre 8.103.707 actions nouvelles Tiscali émises le 22 juin 2001 et 47,2 millions d'euros. En acquérant Liberty Surf Group contre une participation de 10% environ et quelques 200 millions d'euros en espèces, Tiscali renforce un peu plus sa situation financière. Liberty Surf disposait en effet début janvier d'une trésorerie de 260 millions d'euros qui devrait permettre à Renato Soru de poursuivre ses acquisitions. Les actionnaires devront attendre les titres Tiscali et les liquidités
qui leur étaient promis en échange de leurs anciens titres Liberty Surf
jusqu'au 21 juin 2001, date de l'admission des actions Tiscali aux négociations
sur le Nouveau Marché de la Bourse de Paris. Le 5 avril, le groupe Liberty Surf, dont la consolidation au sein du groupe Tiscali commence dès le 1er avril 2001, revendique la place de numéro deux français avec 761.000 abonnés actifs au 31 décembre en publiant ses résultats 2000. Pour un chiffre d'affaires de 61,2 millions d'euros, contre 6,1 millions en 1999, le FAI enregistre une perte nette de 227,2 millions d'euros après une perte de 24,4 millions d'euros sur l'année 1999, qui ne comportait que huit mois d'exercice. Rafi Kouyoumdjian, le nouveau PDG du groupe, indique que Liberty Surf prévoit d'atteindre l'équilibre d'exploitation pour la fin 2001, la fusion avec Freesbee et Tiscali devant permettre de créer des synergies, en particulier en réduisant les coûts techniques et de marketing des différentes filiales françaises : Liberty Surf, Freesbee (acheté en octobre 2000 par Liberty Surf), World Online (acheté fin 2000 par Tiscali) et A Telecom (acheté par Tiscali fin 1999). D'abord, le nombre de marques va être réduit : après la suppression de Freesbee déjà actée, World Online va disparaître. Même si Tiscali veut à terme imposer sa marque dans toute l'Europe, la marque Liberty Surf " doit perdurer ", car elle a " un taux de notoriété de 80 % ". A court terme, Liberty Surf demeurera en tant que marque, mais à plus longue échéance, Renato Soru a dit et répété qu'il souhaitait que "les enseignes soient regroupées sous le même parapluie en Europe". L'arrêt des activités internationales de Liberty Surf semble donc inéluctable ; Liberty Surf récupérant les filiales françaises de Tiscali et de World Online, tandis que ses filiales étrangères seront logées dans Tiscali. Tiscali revendique maintenant 3,8 millions d'abonnés actifs en Europe. L'acquisition de Liberty Surf est donc une étape supplémentaire dans l'expansion de Tiscali et conforte sa volonté de conserver la deuxième place européenne en termes de fourniture d'accès européen, derrière l'allemand T-Online mais devant le français Wanadoo. Fin mai 2001, Liberty Surf, maintenant filiale française de Tiscali, propose à son tour un pack complet d'accès internet haut débit via la technologie ADSL, à des prix sensiblement identiques à ceux de ses quatre concurrents Wanadoo, Infonie, Mangoosta ou Club Internet. En juillet 2001, Tiscali décide de ne plus commercialiser l'offre Turbo ADSL de World Online (racheté fin 2000), au profit du pack Update ADSL de Liberty Surf. Le 1er juillet 2001, Liberty Surf est rebaptisé Tiscali - Liberty Surf et toutes les activités du fournisseur d'accès italien dans l'Hexagone sont regroupées sous le nom de Tiscali France. Conséquence de ce regroupement des marques (ou cobranding), le fournisseur d'accès italien cesse ses activités en nom propre, et envoie ses 12.000 abonnés chez Liberty Surf, où ils sont beaucoup plus nombreux. A la place de leur abonnement Tiscali 7 heures pour 39 francs ou 25 heures pour 79 francs (kit) supprimé au 31 juillet, ils se voient proposer les offres de Tiscali-Liberty Surf assorties d'un bonus : bénéficier de 30 % de temps de connexion supplémentaire pendant 6 mois sur les forfaits de 5 et 10 heures, respectivement à 35 et 55 francs, ainsi que 60 % sur sa formule à 20 heures, facturée 95 francs. Les anciens abonnés de Tiscali peuvent conserver leur adresse e-mail. |
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Acquisition des français Infonie et Lokace | ||
Le 17 octobre 2001, Tiscali acquiert Infonie et les sites liés (Lokace), auprès de l'opérateur télécom belge Belgacom. Le fournisseur d'accès Infonie sera intégré dans sa filiale Liberty Surf Group. C'est le quatrième FAI que Tiscali s'offre sur le marché français après World Online, Liberty Surf et Freesbee. Les 250.000 abonnés environ qu'Infonie apporte placent Tiscali alors au deuxième rang du marché derrière Wanadoo, mais devant AOL et Free. En effet, avec un potentiel total de 1,1 million d'abonnés actifs à 40 jours, Tiscali revendique une part de marché de 22 % (loin derrière Wanadoo et au coude à coude avec AOL). L'acquisition, qui sera approuvée le 23 novembre 2001 par les actionnaires de la société Infosources, actionnaire d'Infonie, sera faite en cash pour 5 millions d'euros. Un éventuel complément de 5 millions d'euros au maximum pourra être effectué fin janvier 2002 selon le nombre d'abonnés actifs d'Infonie migrant chez Tiscali-Liberty Surf. Le prix payé par Tiscali est faible. Une acquisition finale à 7,5 millions d'euros valoriserait l'abonné Infonie à 30 euros seulement. En avril 2000, le Journal du Net estimait que l'opération de rachat de Club Internet par l'allemand T-Online s'était faite sur la base d'un abonné à plus de 7000 euros ! Belgacom conserve les activités belges d'Infosources et propose aux actionnaires minoritaires de leur racheter leurs titres 0,70 euro pièce, un prix modique, même si Infosources cotait 0,65 euro le 17 octobre 2001 à la Bourse de Paris. Introduite l'équivalent de plus de 68 euros en mars 1996, l'action Infosources cotait encore autour de 35 euros en mars 2000 ! Tiscali France, cotée à la Bourse de Paris sous l'appellation Liberty Surf Group, ne réussira pas à atteindre l'équilibre d'exploitation. Pour un chiffre d'affaires 2001 de 110,6 millions d'euros, le groupe enregistrera un résultat brut d'exploitation (EBITDA) en perte de 62 millions d'euros et une perte colossale de 495 millions d'euros, suite à la dépréciation d'acquisitions payées trop cher. |
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Liberty Surf devient Tiscali le 15 avril 2002 | ||
Rafi Kouyoumdjian, président de la branche hexagonale de Tiscali, après une année 2001 consacrée à sa réorganisation, annonce fin janvier 2002 le regroupement de toutes ses marques sous la bannière unique de Tiscali dans un souci de cohérence et de communication. En effet, si Tiscali est le deuxième fournisseur d'accès en Europe avec une présence dans 14 pays, jusqu'à présent seuls 13 pays connaissaient le groupe sous la marque Tiscali. La France, avec quatre enseignes du groupe (Liberty Surf, World Online, Freesbee et Infonie), reste donc le dernier pays à passer à la marque unique. Les autres activités - outil de recherche, pages perso, comparateur de prix et site communautaire - " s'éclipseront au profit de la griffe unique Tiscali, afin de simplifier l'offre et l'accès aux services existants, et à venir.". L'opération devrait être bouclée, au plus tard, à la fin du premier semestre. Le groupe italien avait fait preuve de pragmatisme dans ses récentes
acquisitions françaises. Après l'achat de World Online fin 2000, Tiscali
avait d'abord fait apposer la discrète mention que c'était maintenant
" A Tiscali company " (wol15) et avait plus tard
édité un kit Tiscali World Online (tis088) qui
était resté unique. Un film TV de 15 secondes diffusé sur les chaînes hertziennes françaises à partir du dimanche 14 avril jusqu'au mardi 16 avril 2002 l'annonce : "Le 15 avril, Liberty Surf devient Tiscali ". Puis, pour la première fois en France, la marque Tiscali apparaît seule dans une campagne publicitaire grand public. Tiscali France, la filiale de Tiscali SpA, détenue à 94,5% par sa maison-mère, reste toujours cotée à la Bourse de Paris sous l'appellation Liberty Surf Group. Mais c'est la seule mention de Liberty Surf qui subsiste. Pour éviter des redites, tout ce qui a trait spécifiquement à Tiscali en France n'est plus exposé ici mais dans " Histoire de Tiscali France ". |
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Tiscali multiplie les acquisitions dans 9 pays | ||
L'acquisition du groupe néerlandais World Online a également apporté avec lui un trésor de guerre d'environ 1,6 milliard d'euros, suffisant pour alimenter le programme d'acquisition continu de Tiscali. Après l'acquisition du FAI français Liberty Surf, Tiscali restructure son organigramme et renomme l'ensemble de son réseau sous le nom de Tiscali (kit), sauf en France dans un premier temps. Mais Tiscali reprend bientôt l'offensive en acquérant nombre de FAI européens. En Allemagne Avec le rachat de World Online International NV, Tiscali a largement étendu ses activités en Allemagne. En effet, début août 1999 World Online avait acquis la majorité des actions de son concurrent allemand Nacamar, puis le reste des actions début octobre 2000. Pour Tiscali, l'entrée sur le marché allemand a eu lieu en février 2000, avec la reprise de la société hambourgeoise de téléphonie et d'Internet Nikoma MediaWorks GmbH. Après une courte période où la marque TiscaliNet cohabite avec World Online (kit), l'ensemble apparaît désormais sous la seule marque Tiscali (kit). Le 20 décembre 2000, Tiscali acquiert un autre fournisseur Internet allemand,
AddCom AG, pour 29 millions d'euros (kit).
Là encore, le paiement aura lieu sous la forme d'un échange d'actions
pour obtenir 100% des actions AddCom de son actionnaire majoritaire WebMedia
GmbH (le holding Internet du groupe d'édition Ebner) et des deux autres
actionnaires Johann Miller et Julian Riedlbauer. La transaction a été
conclue en mars 2001 par l'émission de 1.532.887 actions nouvelles Tiscali.
AddCom, outre son rôle majeur de FAI en Allemagne, développe une offre
complète de services de portail dont bigbag.de, qui propose l'un des plus
vastes assortiments de CD, cassettes vidéo et jeux vidéo, gamesmania.de,
une zone web dédiée aux jeux et à une communauté de jeux, movieline.de,
la collection la plus complète et la plus accessible de données et informations
cinématographiques du pays. En avril 2001, Tiscali a repris les fournisseurs Internet allemands Planet Interkom et SurfEU. Ces deux acquisitions ajoutent plus de 1,3 million de clients actifs à la base d'abonnés de Tiscali. Le 11 avril, Tiscali a conclu un contrat prévoyant l'apport et l'achat
de l'intégralité du capital social de Guglielmo GmbH, propriétaire du
FAI Planet Interkom, à VIAG Interkom GmbH & Co., une société allemande
détenue par BT Group (le groupe British Telecom). Le 23 avril 2001, Tiscali et la société SurfEU.com (Bermuda)
Ltd - un FAI et opérateur de portail actif notamment en Allemagne (kit)
- ont conclu un contrat prévoyant le transfert et l'achat de la totalité
du capital de ladite société en faveur de Tiscali. La contrepartie, égale
à environ 69,6 millions d'euros, sera payée pour 20% en numéraire et pour
les 80% restants en actions Tiscali nouvellement émises. Cela s'est traduit
par l'émission en juillet de 4.814.749 nouvelles actions Tiscali. En décembre 2001, Tiscali, par l'intermédiaire de sa filiale Tiscali
Deutschland GmbH, a acquis auprès de Telenor, une des principales sociétés
de télécommunications européennes, 100% de la société Nextra Deutschland
GmbH, pour 5 millions d'euros en numéraire. Au Royaume-Uni Le 25 avril 2001, Tiscali conclut un contrat avec World Online (UK) Holdings
Plc et Springboard Internet Services Ltd (connu sur le marché sous le
nom commercial "LineOne"), qui prévoit l'achat de la totalité du
capital social de la société susmentionnée en faveur de World Online et
le transfert des créances des actionnaires vendeurs BT Holdings Ltd et
United Business Media International BV en faveur de Tiscali. Aux termes
du contrat, il sera payé 100 millions d'euros, dont 20 millions d'euros
en numéraire et le reste par 5.367.668 actions nouvelles Tiscali émises
en juillet. En août 2001, Tiscali, par l'intermédiaire de sa filiale Tiscali UK Ltd, a acquis la totalité du capital social de Tiny Online Ltd, le FAI anglais de Tiny Computers Ltd, contre 13 millions d'euros en numéraire. Tiny Online a plus de 700.000 utilisateurs enregistrés, dont 218.000 étaient actifs au cours des 30 derniers jours jusqu'au 31 juillet 2001. Grâce aux acquisitions de Liberty Surf (et donc de sa filiale britannique) en janvier, de Line One en avril et de Tiny Online en août, Tiscali devient le quatrième principal FAI du Royaume-Uni, derrière Freeserve, AOL et BT. En Espagne Après l'achat de l'opérateur néerlandais World Online, Tiscali compte déjà 200.000 clients en Espagne. Outre les réseaux installés dans 17 capitales de province, le groupe négocie un contrat d'interconnexion avec Telefónica. La filiale espagnole de l'opérateur italien veut initier en janvier 2001 ses services voix via Internet. " Nous serons bientôt le troisième groupe d'Internet espagnol ", assure Renato Soru fin décembre 2000 à Madrid. En juillet 2001, une filiale espagnole de Tiscali a acquis la société
espagnole Inicia Comunicaciones SA, pour 8,2 millions d'euros en
numéraire exclusivement. Inicia, qui appartenait au groupe Prisa, le plus
grand groupe d'édition espagnol, est un fournisseur d'accès Internet comptant
300.000 abonnés, dont 82.000 sont actifs (kit).
En Belgique S'étant introduit en Belgique en février 2000 en rachetant sans " bourse délier " (c'est-à-dire uniquement par émission d'actions nouvelles) FreeBel et FreeGates, deux fournisseurs d'accès qui avaient lancé l'internet gratuit, Tiscali a poursuivi son ambition en 2001: ''Nous voulons un demi-million d'abonnés cette année'', déclare Michael Sabbe, le directeur général de Tiscali Belgium. En août 2001, Tiscali, par l'intermédiaire de sa filiale Tiscali Belgium
Holding SA, a acquis Yucom pour 4 millions d'euros (160 millions
de BEF-Francs belges) en cash auprès de ses copropriétaires à 50 %, la
Banque Bruxelles Lambert (BBL) et l'opérateur de télécommunications BT.
Yucom est né en 1999 au plus fort de la vague de l'Internet gratuit (kit)
d'une joint-venture entre la BBL et BT qui espéraient un décollage rapide
du commerce électronique. Yucom est l'un des principaux FAI et portails
en Belgique avec 85.000 utilisateurs actifs, qui génère un trafic mensuel
de 43 millions de minutes. Le rachat de Yucom permet à Tiscali de consolider sa position de deuxième fournisseur d'accès à Internet belge derrière Skynet (Belgacom), les 85.000 utilisateurs actifs de Yucom s'ajoutant aux 135.000 de Tiscali. En Autriche Tiscali n'était pas présent en Autriche. L'entrée sur le marché autrichien des télécommunications s'est donc faite en décembre 2000 par le rachat de World Online International NV qui, lui, était déjà actif en Autriche. En avril 2001 ont été reprises les activités de SurfEU.com Ltd. En septembre 2001, Tiscali, par l'intermédiaire de sa filiale autrichienne
World Online GmbH, a acquis la totalité du capital de la société PlanetOne
Internet Service GmbH, l'un des principaux fournisseurs d'accès Internet
B2B autrichien, pour 2 millions d'euros environ en espèces. Aux Pays-Bas En novembre 2001, Tiscali, par l'intermédiaire de sa filiale Tiscali BV, a acquis les activités Internet de Wish-NokNok pour un montant en numéraire de 2,3 millions d'euros. Wish-NokNok est un FAI néerlandais comptant plus de 130.000 utilisateurs actifs générant un trafic mensuel de 70 millions de minutes. Tiscali annonce début novembre 2001 avoir racheté les 40 % restants du fournisseur d'accès à Internet et du portail 12Move au groupe Shell pour 16 millions d'euros en numéraire. 12move a été créé fin 1999 en tant que coentreprise entre World Online et Shell et compte 450.000 utilisateurs actifs essentiellement aux Pays-Bas, Allemagne et Danemark. En Tchéquie CD Telekomunikace, titulaire d'une licence délivrée par le gouvernement
tchèque pour la fourniture de services de télécommunications, représente
une acquisition stratégique dans le cadre de l'expansion de Tiscali dans
les pays d'Europe centrale et orientale. La société détient en exclusivité
les droits cédés par les chemins de fer tchèques pour l'installation et
l'exploitation d'un réseau de fibre optique le long de toutes les lignes
ferroviaires du pays, soit sur environ 9 600 km. En Italie En février 2001, Tiscali a conclu un accord de partenariat stratégique
avec At Home Corporation (États-Unis), exerçant ses activités sous le
nom d'Excite@Home, qui a permis l'acquisition, le 21 mars 2001, de 70%
du capital d'Excite Italia BV, une société une société de
droit néerlandais opérant en Italie et propriétaire de l'un des principaux
portails italiens avec plus de deux millions d'utilisateurs enregistrés.
L'investissement total a été de 27 millions d'euros, dont 23,4 millions
par augmentation de capital réservée d'Excite Italia. En Afrique du Sud Vodacom, leader sud-africain du mobile, avait, en juin 1999, créé une
joint-venture avec World Online. Ce dernier avait porté sa participation
à 60% en octobre 1999. |
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Situation de Tiscali fin 2001 | ||
Le groupe de Renato Soru, convaincu que son marché de référence ne pouvait pas se limiter à l'Italie mais devrait être toute l'Europe, s'est lancé après son introduction en Bourse dans une vague d'acquisitions. Il a ainsi procédé à l'achat de plus d'une vingtaine de sociétés entre 2000 et 2001 dans toute l'Europe, lui permettant de développer une présence importante sur tout le Vieux continent. Après celle de World Online fin 2000, les acquisitions réalisées au cours de l'année 2001 ont sensiblement modifié le périmètre de consolidation, qui inclut maintenant Liberty Surf SA, Guglielmo GmbH (Planet Interkom), Springboard Internet Services Ltd (LineOne), PlanetOne, Infosources (Infonie), Tiny Online, Inicia, Yucom, Excite Italia BV… et comprend fin 2001, un total de 178 entreprises ! Compte tenu d'acquisitions souvent effectuées par échange d'actions nouvelles émises, le nombre d'actions représentant le capital social est passé de 304.626.082 actions au 31 décembre 2000 à 358.417.658 actions ordinaires d'une valeur nominale de 50 centimes d'euro chacune au 31 décembre 2001. Sur ce total, le nombre d'actions Tiscali détenues par son président fondateur Renato Soru est resté inchangé à 108.100.000, passant donc de 35,49% à 30,16% du capital, faisant toujours de lui l'une des personnes les plus riches d'Italie. Afin de rationaliser la structure de cette galaxie qui s'est développée
en très peu de temps, un processus de réorganisation de l'entreprise a
été lancé, avec un triple objectif : 1/ rationalisation de l'organisation
pour réduire le nombre d'entreprises de 178 à environ 80 d'ici la fin
de 2002, grâce aux instruments juridiques de la fusion et de la liquidation;
2/ réduction des coûts administratifs 3/ création d'une "culture de groupe"
transcendant les anciennes limites des trois groupes de sociétés préexistants
: Tiscali, Liberty Surf et World Online. A titre d'exemple de restructuration de l'entreprise, les filiales de SurfEU.com Ltd ont été vendues au cours de l'année 2001 à d'autres sociétés du groupe Tiscali opérant dans les pays concernés. En particulier SurfEU Deutschland GmbH a été vendue à Tiscali Deutschland GmbH puis à Tiscali GmbH, SurfEU Autriche à World Online Austria GmbH, SurfEU Switzerland AG à World Online Holding SA, SurfEU Sverige AB à World Online AB et SurfEU OY (Finlande) à Tiscali International BV. La réduction des coûts administratifs se concrétise naturellement par des licenciements. Tiscali était entré en Suisse en procédant au rachat du fournisseur de services Internet suisse DataComm AG en janvier 2000. Avec le rachat du groupe néerlandais World OnLine International NV en décembre 2000 qui avait une antenne helvétique, Tiscali s'est retrouvé représenté deux fois en Suisse. En février 2001, les 58 salariés de la filiale suisse World Online SA sont licenciés et toutes les activités sont regroupées sous la marque Tiscali, dont plus tard les activités de SurfEU.com, qui est reprise en avril 2001. Fin 2001, Tiscali revendique une part du marché européen d'environ 16 %, avec environ 16 millions d'utilisateurs inscrits, dont plus de 7,3 millions d'utilisateurs actifs et une présence qualifiée dans 15 pays européens. Un utilisateur est dit actif si dans une période de référence de trente jours il s'est connecté à Internet via Tiscali au moins une fois. Mais si les résultats commerciaux sont dignes d'éloge, les résultats
financiers 2001 ne le sont guère. Le fournisseur italien d'accès
à Internet annonce le 28 mars 2002, au titre de ses résultats 2001, une
perte nette consolidée de 1,664 milliard d'euros, après une perte
de 181 millions en 2000, pour un chiffre d'affaires de 636 millions d'euros
(173 millions en 2000), en hausse de 267 %. Le trésor de guerre de World Online sur lequel Tiscali a mis la main a bien fondu. Le groupe ayant utilisé ses ressources financières au cours de l'année pour faire face aux pertes opérationnelles, aux coûts de restructuration du Groupe, aux investissements dans les infrastructures et immobilisations incorporelles (achat de licences de logiciels et développement de nouveaux produits et applications), ainsi qu'une prise en compte partielle dans certaines des acquisitions réalisées au cours de l'année. Les ressources financières totales du Groupe Tiscali au 31 décembre 2001 s'élèvent à 547 millions d'euros : la situation financière nette est égale à 212 millions d'euros contre un montant correspondant au 31 décembre 2000 égal à 1 032 millions d'euros. Le réseau international de Tiscali comprend actuellement plus de 12.000 km de fibre optique sur lesquelles il opère avec la technologie de transmission DWDM. Sur cette infrastructure, Tiscali a construit l'un des plus grands réseaux IP au monde. Répartition du chiffre d'affaires par domaine d'activité Chiffre d'affaires de Tiscali par zone géographique 2001 Dans sa lettre aux actionnaires, la direction écrit : |
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2002 : une année bien (trop ?) tranquille | ||
Après une longue série d'acquisitions, dont l'achat en 2000 de la société néerlandaise World Online et l'acquisition en 2001 du français Liberty Surf, Tiscali marque une pause dans sa croissance externe pour restructurer et simplifier son organisation, contrôler les pertes de l'entreprise d'ici la fin de l'année et renommer l'ensemble de son réseau sous le nom de Tiscali. Aucun FAI ne sera acquis en 2002 et le nombre total d'actions passera de 358.417.658 au 31 décembre 2001 à seulement 361.734.135 au 31 décembre 2002. Fin mai 2002, Tiscali conclut un partenariat d'un an, impliquant
12 pays en Europe, dont la France, avec le moteur de recherche sur
Internet AltaVista, détenu majoritairement par la société d'investissement
CMGI. En l'absence de libéralisation de l'offre haut débit imposée par les autorités nationales des pays européens chargées de surveiller la concurrence sur le marché des télécommunications auprès des opérateurs historiques, la diffusion des technologies ADSL ne pouvait qu'être faible, car très onéreuse pour les opérateurs alternatifs indépendants et les clients. Fin 2000, Tiscali proposait déjà un accès Internet rapide. Il s'agit de l'offre Tiscali ADSL qui en Italie peut être réservée à partir de 39 villes répertoriées sur www.tiscalinet.it. Le service garantit une connexion 24h/24 avec des débits allant jusqu'à 640 kbit/s en réception et jusqu'à 128 kbit/s en émission. Le service donne également accès à Voispring pour passer des appels gratuits dans toute l'Italie via Internet et Netfax pour recevoir des fax dans votre boîte e-mail. Au début des années 2000, Tiscali s'est lancé dans une série d'acquisitions importantes de fournisseurs d'accès à Internet en Europe et au-delà : en effet, en 2000, il a acquis World Online, un groupe néerlandais qui exerçait son activité de FAI aux Pays-Bas, en Belgique, Suisse, Danemark, Allemagne, Tchéquie, Norvège, Suède, Espagne, Royaume-Uni, Autriche et Afrique du Sud. En 2001, Tiscali a acquis Liberty Surf, FAI majeur sur le marché français et, dans le même temps, a renforcé sa position en Autriche, en Finlande et au Royaume-Uni grâce à de nouvelles acquisitions et intégrations de sociétés précédemment acquises. La même année, Tiscali lance le service ADSL sur tous les marchés desservis. En France, ce sera fin mai. Afin de développer son offre de services DSL, Tiscali annonce le 23 octobre
2001 avoir acquis 20% de l'opérateur national italien Netchemya
pour 4,55 millions d'euros en espèces. Ces opérations s'inscrivent dans la stratégie de Tiscali de développement des services d'accès à large bande, à la fois par ses propres investissements et par des accords de partage de réseau visant à maximiser l'efficacité des infrastructures et à minimiser les dépenses et investissements techniques en haut débit. Des mesures réglementaires ont été prises récemment par les autorités visant à permettre à de nouveaux opérateurs d'entrer sur le marché du haut débit à des conditions compétitives afin d'encourager sa diffusion parmi les consommateurs. Elles n'ont commencé à produire leurs premiers effets positifs qu'au second semestre 2002 pour Tiscali qui assure qu' " au dernier trimestre de 2002, Tiscali ajoutait quelque 11.000 nouveaux abonnés ADSL par semaine, l'élevant au niveau des principaux acteurs nationaux européens ". Le 13 février 2003, Tiscali publie son chiffre d'affaires 2002 en hausse
de 18 %, à 748 millions d'euros. L'augmentation du chiffre d'affaires
est attribuable à l'augmentation des minutes de trafic, à l'intégration
des sociétés acquises en 2001 et au lancement de nouveaux produits, aussi
bien commutés qu'ADSL. Tiscali a terminé l'année avec 7,3 millions d'utilisateurs actifs, soit
une croissance nulle de nouveaux clients. Un mauvais résultat comparé
à ceux obtenus par Wanadoo et T-Online qui ont vu leur parc d'abonnés
afficher des progressions à deux chiffres. Pire encore, Tiscali qui pouvait
encore revendiquer fin 2001 la seconde place du marché de l'accès Internet
en Europe, derrière T-Online mais devant Wanadoo, est relégué à la troisième
place avec ses 7,300 millions d'abonnés, maintenant distancé par Wanadoo
qui en compte 8,535 ; T-Online étant loin devant avec 12,245. Le 21 mars 2003, Tiscali publie ses résultats 2002, après Wanadoo (30 millions d'euros de bénéfice net) et T-Online (459 millions de perte). Comme annoncé en février, le chiffre d'affaires du groupe est de 748 millions d'euros, l'Ebitda, qui s'inscrivait en négatif de 170 millions d'euros en 2001, repasse en positif d'un million d'euros sur l'année 2002. Toutefois, le groupe Internet italien affiche une perte nette de 593 millions d'euros, en diminution annuelle de 64 % (1,664 milliard d'euros de perte en 2001). En 2002, l'amortissement des écarts d'acquisition générés par les acquisitions dans les années précédentes, que le groupe a principalement financé par l'émission d'actions nouvelles, s'est élevé à 216 millions d'euros. Au 31/12/2002, le Groupe Tiscali disposait d'une trésorerie totale de
334 millions d'euros, tandis que la situation financière nette était négative
de 134 millions d'euros. Tiscali considère qu'au cours de l'année 2002, le processus d'intégration et de réorganisation des sociétés acquises au cours de l'année précédente et leur unification sous une marque unique au niveau européen a été quasiment achevé, permettant au groupe de maintenir une position de leader sur le marché européen de l'Internet. Pour sa direction, les perspectives de Tiscali pour 2003 s'annoncent brillantes, notamment grâce aux vastes opportunités représentées par la révolution technologique du haut débit. Dans sa lettre aux actionnaires, Renato Soru indique aussi " nous construisons Sa Illetta, notre nouveau campus technologique, près de Cagliari. La construction du nouveau siège social devrait s'achever fin 2003 ". |
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2003 : reprise des acquisitions et essor de l'ADSL | ||
Bien qu'un communiqué de Tiscali affirme " que le groupe a désormais atteint sa taille optimale ", le FAI reprend début 2003 sa politique d'acquisitions. Le 31 janvier 2003, Tiscali acquiert Airtelnet de Airtel Movil SA, l'activité Internet espagnole du groupe Vodafone, pour 9,86 millions d'euros qui seront payés avec 2.162.139 actions Tiscali nouvelles qui seront émises le 31 juillet 2003. Airtelnet compte environ 110.000 utilisateurs commutés actifs, dont 5.000 sont des entreprises. Le 6 février 2003, Tiscali a finalisé l'acquisition de la filiale belge de Wanadoo pour 9,5 millions d'euros également payés avec 2.290.924 actions Tiscali nouvelles qui seront émises le 17 juin 2003. Avec seulement 85.000 clients actifs, dont 25.000 sont des clients ADSL, Wanadoo Belgium ne pouvait se maintenir au niveau des ambitions de sa maison mère : " figurer rapidement et de manière rentable parmi les deux ou trois premiers FAI " (kit). En octobre dernier, le groupe Wanadoo avait déjà supprimé 80% des effectifs de sa filiale, pour ne garder que 15 personnes sur place. Le 18 mars 2003, Tiscali achète l'italien Nextra SpA auprès du groupe Telenor pour 2,4 millions d'euros également payés avec 643.950 actions Tiscali nouvelles qui seront émises le 31 juillet 2003. L'entreprise, basée à Bologne, est spécialisée dans la fourniture de services Internet à environ trois mille clients professionnels en Italie. Trois opérations, d'un montant total de 21,8 millions d'euros, qui ont permis au groupe italien de mettre la main sur un parc potentiel de 198.000 abonnés supplémentaires. Le 8 avril 2003, Tiscali SpA a signé un accord pour acquérir la totalité du capital social de la société suédoise Home.se AB pour 12 millions de couronnes (environ 1,3 million d'euros) à payer en actions Tiscali nouvellement émises (333.189). Home.se est un FAI comptant environ 35.000 utilisateurs actifs. Le 6 mai 2003, Tiscali SpA annonce l'acquisition de la société autrichienne
EUnet EDV und Internet Dienstleistungs AG pour environ 15,9 millions
d'euros à payer en actions Tiscali nouvellement émises (3.604.899). Le
coût d'acquisition est cependant plus proche de 14 millions d'euros, compte
tenu de la trésorerie d'EUnet d'environ 1,9 million d'euros. Tiscali France reprend le 24 juin 2003 au groupe britannique Cable & Wireless ses activités Internet professionnel en France (services d'accès Internet en marque blanche à destination de communautés d'utilisateurs, services d'hébergement, accès à Internet et réseau fournis à près de 750 clients PME) pour 5,6 millions d'euros payés en numéraire. En septembre, Tiscali acquiert les activités de téléphonie du groupe
britannique npower, via sa filiale Tiscali UK, pour un prix compris
entre 6 et 7 millions de livres sterling. Le montant final sera payé en
décembre 2003 à la fin du processus de migration des clients à la mi-novembre
et totalise environ 10,2 millions d'euros. En 2003, la principale tendance du secteur de l'Internet a été l'expansion du marché du haut débit. En Europe occidentale, le nombre d'utilisateurs actifs est passé d'environ 66 millions fin 2002 à plus de 71 millions fin 2003. Parmi ceux-ci, plus de 18 millions disposent d'une connexion haut débit, ce qui représente une augmentation de 72 % par rapport à l'année précédente. La bataille menée par les autres opérateurs agréés comme Tiscali contre
le monopole de fait des anciens opérateurs historiques a contribué à la
mise en place de nouvelles réglementations, publiées par l'Union Européenne
en février 2003. Les nouvelles réglementations ont ouvert le marché du
haut débit au profit des opérateurs alternatifs, donnant ainsi accès à
une large gamme de forfaits à des tarifs plus attractifs pour les internautes.
2003 a été une année de consolidation pour Tiscali, avec la finalisation de la réorganisation du Groupe après la série d'acquisitions réalisée en 2000-2001, mais, surtout, le positionnement stratégique de Tiscali a changé. Tant que le modèle commercial de l'entreprise restait attaché à son modèle d'abonnement gratuit, ses revenus dépendaient fortement - 64% des ventes en 2001 - des reversements des compagnies de téléphone, mais la Société s'est désormais imposée comme un fournisseur de services d'accès Internet haut débit de premier plan. Le groupe Tiscali publie son rapport d'activité annuel 2003 le 5 avril 2004. Le groupe affiche un chiffre d'affaires global en hausse de 20% à 901 millions d'euros (contre 748 en 2002), une perte nette de 242 millions (contre une perte de 593 millions). Cette forte réduction de la perte annuelle s'accompagne d'un excédent brut d'exploitation (Ebitda) en forte hausse : + 74,7 millions d'euros contre un million l'année précédente. Si l'amélioration est significative, le fournisseur paneuropéen de services Internet et télécom est toujours à la recherche de l'équilibre financier. L'accès à Internet est le cœur de métier de Tiscali et le Groupe est
l'un des trois premiers opérateurs européens en nombre d'utilisateurs
actifs avec 11% de part de marché derrière T-Online (17%) et Wanadoo (13%).
Tiscali affiche un parc d'abonnés de plus de sept millions d'utilisateurs à travers ses quinze pays européens (plus l'Afrique du Sud), dont 840.000 clients ADSL à fin 2003. Le chiffre d'affaires global de 901,022 millions d'euros se décompose, par ordre décroissant, comme suit : France 189,436 ; Italie 173,711 ; Royaume-Uni 169,618 ; Allemagne 93,024 ; Pays-Bas 64,984 ; Afrique du Sud 39,666 ; Danemark 27,446 ; Belgique 23,879 ; Autriche 21,362 ; Suisse 19,012 ; Espagne 16,824 ; Tchéquie 16,532 ; Suède 13,875 ; Norvège 11,174 ; Finlande 842 ; Luxembourg 514 + Tiscali International Network 19,124. Tiscali a décidé de concentrer ses efforts sur les cinq marchés clés qui représentaient 90% des utilisateurs ADSL fin 2003 et qui génèrent 80% du chiffre d'affaires du Groupe : l'Italie (19%), la France (21%), le Royaume-Uni (19%), l'Allemagne (10%) et le Benelux (10%). Par ailleurs, Tiscali a déménagé son siège social au Campus Tiscali, localité "Sa Illetta" aux portes de la ville de Cagliari. L'inauguration a eu lieu, en présence de différentes autorités politiques, le 19 septembre 2003. Renato Soru considère que le nouveau siège devrait générer d'importantes économies sur les coûts de location, étant donné que Tiscali opérait jusqu'alors à partir de plusieurs bureaux différents à Cagliari viale Monastir, via Dolcetta et à l'ex-siège villa Satta située viale Trento, n°39. La nouvelle base de serveurs installée sur place contribuera également à améliorer la gestion du réseau. Comme on le voit, malgré ses ambitions internationales, Tiscali reste fermement ancré à Cagliari. Enfin, le 28 novembre 2003, Tiscali annonce le lancement d'un nouveau logo d'entreprise pour le début de l'année 2004 avec le slogan universel " Internet with a passion " (kit) (kit). Le précédent logo était commun à tous les pays, mais le slogan " The European Internet Company " (kit) n'était pas appliqué partout (kit). |
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2004 : changement d'hommes et de stratégie | ||
Renato Soru, PDG et fondateur de Tiscali, a créé en 2003 son propre mouvement politique appelé 'Progetto Sardegna' (Projet Sardaigne) proposant un programme de relance de l'économie sarde. Pour se consacrer entièrement à la politique, il décide d'abandonner sa fonction de PDG de Tiscali. Le 2 mars 2004, le conseil d'administration nomme Ruud Huisman comme nouveau directeur général de Tiscali. Renato Soru garde la présidence de Tiscali. Ruud Huisman occupait depuis octobre 2002 le poste de directeur général de Tiscali Benelux et Scandinavie. Néerlandais, il était l'ex-directeur financier de World Online, et l'a intégré avec succès dans le groupe après son rachat en 2000 par Tiscali. Il recevra officiellement le poste lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires prévue en avril. Le futur DG a déclaré que Tiscali continuera de se concentrer principalement sur cinq pays, même s'il n'a pas exclu qu'il y en ait d'autres. Rafi Kouyoumdjian a été démis de ses fonctions de PDG de Tiscali France après un conseil d'administration du groupe. Dans un communiqué de presse en date du 31 août 2004, on apprend qu'il sera remplacé par Diego Massidda, l'ex PDG de Tiscali Afrique du Sud, à partir du 1er octobre. Massimo Cristofori, directeur financier du groupe Tiscali, doit assumer de manière temporaire le poste vacant de PDG de Tiscali France entre le départ précipité de Rafi Kouyoumdjian et l'arrivée de Diego Massidda prévue dans un mois. Renato Soru ayant été élu président de la région de Sardaigne, son île natale, suite aux élections régionales des 12 et 13 juin 2004, il annonce le 5 juillet qu'il va abandonner la présidence de Tiscali. Le Conseil d'Administration de Tiscali nomme Vittorio Serafino président du groupe le 23 septembre 2004, sur proposition du président sortant Renato Soru. Ruud Huisman reste directeur général du groupe et Renato Soru demeure bien sûr l'actionnaire de référence de Tiscali avec 26,43% du capital. |
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Changement de stratégie | ||
A fin juin 2004, Tiscali est au plus fort de son expansion, devenant le troisième fournisseur de services Internet en Europe derrière T-Online et Wanadoo. Il affiche un total de 7,9 millions de clients, dont 6,5 millions sont commutés et 1,44 million en connexion ADSL, ce nombre ayant plus que triplé par rapport au 30 juin 2003 (+16% par rapport au 31 mars 2004) avec un rythme d'acquisition moyen d'environ 17.000 nouveaux abonnés par semaine. Tiscali s'était fixé l'objectif de se positionner parmi les trois premiers fournisseurs d'accès Internet dans tous les pays où il s'implante et de devenir le plus grand fournisseur d'accès Internet indépendant en Europe. Cet objectif s'est avéré trop ambitieux. Non seulement Tiscali n'a pas réussi à percer dans certains pays, mais avec des pertes cumulées de plusieurs milliards, son déséquilibre financier est devenu de plus en plus menaçant rendant nécessaire des cessions d'actifs et une restructuration de la dette. L'assemblée des actionnaires de Tiscali, réunie en séance extraordinaire, approuve le 22 juin 2004 la proposition d'autorisation d'augmentation de capital allant jusqu'à 10 % pour pallier les difficultés de trésorerie du groupe. Elle rapporterait entre 130 à 190 millions d'euros. L'augmentation de capital devra ensuite être décidée par le conseil d'administration. Les analystes s'interrogent sur la capacité de Tiscali à rembourser sa dette, notamment un emprunt obligataire de 250 millions d'euros venant à échéance en juillet 2005. Inquiétude renforcée par un cash-flow toujours négatif, entraînant une chute du cours de 35 % depuis le début de l'année. Pour faire face à cette situation financière délicate et soutenir son développement dans le haut débit, Tiscali a décidé d'utiliser divers leviers. Il a obtenu un crédit fournisseur de 30 millions d'euros auprès de Cisco. Il négocie un nouveau crédit bancaire et l'utilisation de la trésorerie de 72 millions d'euros, logée dans sa filiale française héritée de Liberty Surf. Enfin et surtout, Tiscali prend la décision stratégique vitale de recentrer ses activités uniquement sur ses marchés les plus porteurs, cinq pays clés : l'Italie, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et le Benelux (en comptant pour 1 l'union économique entre la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg). Le groupe annonce qu'il va mettre en vente ses activités dans quatre pays : Afrique du Sud, Suisse, Norvège et Suède. Le groupe réserve sa décision concernant quatre pays : Danemark, Espagne, Autriche et Tchéquie. Après avoir traversé une période faste pendant la bulle Internet, l'entreprise doit se séparer d'une partie de ses actifs non essentiels, afin de pouvoir rembourser ses emprunts et financer ses investissements. Le 5 août 2004, le conseil d'administration prend la décision de se désengager également de ces quatre pays, portant à huit les pays où Tiscali entend céder ses activités. " Nous sommes prêts à sacrifier une jambe pour sauver le reste du corps ", précise Ruud Huisman. Le périmètre du groupe devrait donc se limiter - à terme - à l'Italie, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et le Benelux. La stratégie paneuropéenne est définitivement abandonnée. Il décide également un plan de réduction de 15% des coûts opérationnels au cours des 12 prochains mois. Par contre, devant la chute de 55 % de son cours de bourse depuis le début de l'année, le groupe renonce à l'augmentation de capital projetée en juin. Coté en bourse depuis 1999, le titre Tiscali vit ce jeudi 5 août une descente aux enfers à la bourse de Milan, chutant de 9%, pour atteindre 2,45 euros. L'action avait atteint, en mars 2000, un pic à 119,7 euros. |
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Tiscali à la recherche de liquidités vend des filiales | ||
Le plan de cession d'actifs non stratégiques approuvé le 5 août 2004 par le conseil d'administration qui doit permettre au groupe de rembourser l'emprunt obligataire de 250 millions d'euros à échéance juillet 2005 est rapidement mis en œuvre. Le 16 août 2004, Tiscali Österreich GmbH, la filiale autrichienne de Tiscali, l'un des principaux opérateurs de services aux entreprises, a été acquis par Nextra Telecom GmbH, du groupe autrichien Jordan Industries, pour 12 millions d'euros environ en numéraire. Tiscali n'a jamais réalisé la grande percée espérée en Autriche, restant à la traîne des trois plus grands fournisseurs Internet : A-Online, UTA et Chello. Le 20 août, cession de la filiale sud-africaine Tiscali (Pty) Limited, à l'opérateur local MWEB Holdings (Pty) Ltd, pour 320 millions de rands (environ 40 millions d'euros), à payer en espèces à la réalisation de la vente. Ce prix ne comprend pas la téléphonie mobile, dont le rachat pour 5 millions d'euros est programmé pour la fin de l'année. Le 23 août, la branche norvégienne Tiscali AS est vendue à Telenor
Telecom Solutions pour environ 6 millions d'euros en cash. Elle comptait
au 31 juillet 2004 environ 18.000 clients ADSL et 27.000 clients commutés
actifs. Le 30 août, cession de la filiale suédoise Tiscali AB à Spray Network AB, une filiale de Lycos Europe au prix de 13 millions d'euros en cash, payable après l'aval de l'autorité de la concurrence suédoise qui doit répondre sous 5 semaines. Cette filiale affichait au 31 juillet dernier quelques 22.000 clients haut débit et 110.000 bas débit. Le 16 septembre, la vente de la filiale suisse Tiscali AG à Smart Telecom, holding du FAI suisse VTX, est finalisée pour 8 millions de francs suisses (soit environ 5,3 millions d'euros) qui seront payés en espèces. Tiscali comptait entre 30.000 et 40.000 clients payants. Une acquisition qui permet à VTX d'accroître un peu plus sa présence sur l'ensemble du pays, après le rachat, en juillet 2003, des activités de Cable & Wireless sur le sol helvétique (kit). En un mois, du 16 août au 16 septembre 2004, Tiscali SpA a déjà vendu ce qui lui avait demandé des années de travail. Mais le montant des cessions opérées des cinq filiales pour un total de 76 millions d'euros est loin des 250 millions d'euros nécessaires au remboursement de l'emprunt obligataire à échéance juillet 2005. Or, si Tiscali veut se recentrer, comme il l'a annoncé le 5 août 2004, sur ses marchés les plus porteurs : l'Italie, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et le Benelux, il ne lui reste comme actifs non stratégiques à céder que les filiales du Danemark, d'Espagne et de Tchéquie. Le 12 octobre 2004, Ruud Huisman, patron du groupe Tiscali, annonce la vente de son réseau télécoms paneuropéen représentant 12.000 kilomètres de fibre optique. Cette session pourrait rapporter 15 millions d'euros. Le 19 octobre 2004, Tiscali cède son réseau de téléphonie mobile Tiscali Mobile en Afrique du Sud à Vodacom Service Provider Company Ltd pour un montant total de 5,3 millions d'euros. Le 29 novembre 2004, Tiscali cède sa filiale luxembourgeoise,
Tiscali SA, concluant un accord avec Alternet SA. "La cession de Tiscali Belgique représente un nouveau pas dans le plan stratégique annoncé par le groupe Tiscali qui prévoit de focaliser ses ressources financières et opérationnelles dans 5 pays clés. Avec cette nouvelle cession, le plan de cession a aujourd'hui rapporté plus de 100 millions d'euros ", indique Tiscali. Cependant, il reste 150 millions d'euros à trouver (sur 250) dans les mois à venir. De quoi alimenter les rumeurs autour de la vente de la filiale française. Des rumeurs de cession de l'ex-Liberty Surf qui enflent lorsqu'on apprend
que le président de Tiscali, Vittorio Serafino et le responsable des fusions-acquisitions,
Luca Scano, sont venus à Paris fin novembre et ont rencontré discrètement
des dirigeants de Cegetel, Neuf Telecom et Iliad pour discuter d'une cession
de la filiale française. Si Tiscali continue d'affirmer début décembre que sa " filiale française reste un actif stratégique ", cet argument convainc peu. En effet, le Benelux était considéré lui aussi comme un "actif stratégique", jusqu'à ce que la filiale belge soit vendue la semaine dernière. Si la filiale française est détenue à 94,9 % par Tiscali, le solde est coté sur le nouveau marché parisien, ce qui rend complexe une cession. A l'annonce des discussions, le cours de la filiale a bondi de 16 %, lui donnant une capitalisation boursière de 235 millions d'euros. Le 29 décembre 2004, Tiscali, faisant usage de l'autorisation donnée le 22 juin par les actionnaires d'augmenter le capital jusqu'à 10 %, annonce avoir lancé une augmentation de capital souscrite par la Société Générale. La banque française s'est engagée à souscrire avant le 31 décembre des actions nouvelles émises à 2,721 euros pour un montant représentant approximativement 5 % du capital. Ce qui permettra à Tiscali de lever 50 millions d'euros. Le conseil d'administration semblait avoir renoncé à cette augmentation de capital, compte tenu de la chute du cours de l'action Tiscali. L'investissement de la Société Générale intervient alors que le cours est proche de ses plus bas historiques, et que des actionnaires historiques sortent : Groupe Arnault (ex actionnaire de Liberty Surf) a vendu cet été la totalité de ses 3,3%, et la Fondation Sandoz (ex actionnaire de World Online) est passée le 17 décembre de 16,1% à 9,2%. La nouvelle de l'augmentation de capital alimente la crainte que la direction ne sera pas en mesure d'honorer en juillet le paiement de ses obligations. Elle a donc été accueillie par une chute du cours de 3,46%, à 2,74 euros. Après les 50 millions versés par la Société Générale, il reste encore à en trouver 100. Ce qui semble hors de portée avec les filiales officiellement à vendre : Espagne, Danemark et République tchèque, en tant qu'actifs non stratégiques. Ruud Huisman, directeur général, nie chercher à vendre sa filiale française, affirmant que la France reste un marché stratégique. Le 31 janvier 2005, Tiscali poursuit la cession de ses actifs non stratégiques avec celle de sa filiale danoise pour 20,7 millions d'euros à Tele2 AB. Au 31 décembre, Tiscali Denmark A/S représentait un portefeuille de 26.000 clients ADSL. Avec le Danemark, les cessions de filiales de Tiscali atteignent un montant de 120 millions d'euros. Le 1er février 2005, Tiscali annonce avoir quatre prétendants pour l'acquisition de ses actifs espagnols et pense conclure la vente de sa filiale (y compris son réseau de fibre) avant le printemps. De façon anecdotique, mais illustrant bien son recentrage, Tiscali procède le 20 mai 2005 à la vente de son portail Excite Italia au groupe américain Ask Jeeves Inc. pour 6,1 millions d'euros. |
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Le groupe Tiscali réduit ses pertes en 2004 | ||
Le 15 février 2005, l'opérateur présente ses résultats pour 2004: il affiche un chiffre d'affaires de 1,075 milliard d'euros, en hausse de 20% par rapport à 2003 (+23% à périmètre constant). Le résultat avant intérêts, impôts et amortissements (EBITDA) est ressorti à 108,8 millions d'euros (10% du chiffre d'affaires), en augmentation de 46% par rapport à l'exercice 2003 (+38% à périmètre constant), mais son résultat net demeure toujours négatif, avec une perte de 161,4 millions d'euros, contre 245 millions un an auparavant. Tiscali, qui après la cession de nombreuses filiales a une couverture géographique réduite de moitié, affiche fin 2004 un total de 1,65 million d'abonnés haut débit sur ses sept pays d'implantation (Pays-Bas, Espagne, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, France et République tchèque). A ces annonces, Tiscali progresse en Bourse de 3,07% à 2,69 euros. Le titre avait touché un plus bas historique de 2,12 euros en août dernier. Tiscali a récemment multiplié les opérations pour faire face au remboursement d'une première tranche d'obligations pour 250 millions d'euros en juillet prochain. Après avoir cédé plusieurs de ses filiales et levé 50 millions d'euros auprès de la Société Générale, Tiscali indique qu'il est ainsi parvenu à dégager 170 millions d'euros. Mais au-delà de l'échéance de juillet prochain, Tiscali devra également faire face au remboursement d'obligations pour 209,5 millions d'euros en septembre 2006. Comme Tiscali n'a jamais dégagé de bénéfice et doit rembourser 459 millions d'euros de dettes dans les 18 mois, le groupe sarde n'a clairement pas les ressources suffisantes pour simultanément rembourser la dette et soutenir la croissance dans le haut débit. |
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2005 : Telecom Italia acquiert Tiscali France | ||
Pour rembourser un emprunt obligataire de 250 millions d'euros dont l'échéance est en juillet, Tiscali s'est déjà dessaisi de ses filiales en Afrique du Sud, en Autriche, en Suisse, en Norvège, en Suède, au Danemark et en Belgique ; ce qui ne suffit pas, loin s'en faut. Après avoir longtemps nié, Tiscali SpA admet le 3 mars 2005 son intention de se séparer de sa filiale française Liberty Surf Group. Tiscali s'est finalement laissé convaincre, son discret appel d'offres, fin 2004, ayant intéressé plusieurs prétendants qui se sont livrés à une surenchère et parmi eux Cegetel, Club Internet, Neuf Télécom et Telecom Italia. En effet, l'ex-Liberty Surf dispose d'une bonne notoriété dans l'Hexagone. On apprend que le 5 avril 2005, Tiscali SpA et Telecom Italia SpA, l'opérateur historique italien, ont conclu un accord aux termes duquel Telecom Italia rachète la participation de Tiscali dans Liberty Surf SA (de 89.322.244 actions représentant 94,89 % du capital). " Le prix accepté est approximativement de 266 millions d'euros, valorisant 100% de Liberty Surf à 280 millions d'euros ", précisent les deux groupes dans un communiqué. Dès la clôture le 31 mai 2005 de l'opération de rachat du bloc de contrôle à 2,78 euros par action, et comme la loi l'exige, Telecom Italia dépose un projet d'offre publique d'achat portant sur la totalité des actions Liberty Surf qu'elle ne détient pas au même prix. Cette garantie de cours visant les actions Liberty Surf ayant reçu le visa de l'Autorité des marchés financiers (AMF) le 13 juillet, la garantie de cours à 2,78 euros est ouverte du 21 juillet au 8 août 2005. A la clôture de la garantie de cours, Telecom Italia SpA détient 97,99% du capital (soit plus que les 95% requis pour un retrait de la cote) et dépose auprès de l'AMF un projet d'offre publique de retrait (OPR) suivie d'un retrait obligatoire, au même prix. Après l'autorisation de l'AMF, l'offre publique de retrait au prix unitaire de 2,78 euros est ouverte du 12 au 23 septembre 2005. Le retrait obligatoire interviendra le 26 septembre 2005. A noter que l'acquisition par Telecom Italia auprès de la société Tiscali de la société Liberty Surf Group est suivie par celle de Tiscali International Network France SAS. (" Tinet ") pour 8 millions d'euros, la transaction Tinet étant subordonnée à la conclusion de la transaction Liberty Surf Group. Tinet, filiale de Tiscali, est une société de droit français active sur le secteur de la fourniture en gros de bandes passantes (réseau de fibre optique et de transit IP) pour des opérateurs de télécommunications. Elle possède trois filiales en Espagne, au Royaume-Uni et en Allemagne. En 2004, Tinet a réalisé un chiffre d'affaires de 16,5 millions d'euros dont environ 14 millions d'euros en France. Tiscali s'est donc retiré de la Suisse, de la Norvège, de la Suède, de l'Afrique du Sud, de la Belgique et du Luxembourg, du Danemark, de la France et partiellement de l'Espagne. Dès lors, les activités ne se poursuivent qu'en Italie, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Allemagne, qui ont été désignés comme marchés à potentiel de marché accru, ainsi qu'en Tchèquie. Les 266 millions déboursés par Telecom Italia pour acquérir les 94,89 % du capital de Liberty Surf Group couvrent à eux seuls les 250 millions d'euros d'obligations que Tiscali doit rembourser en juillet 2005. Ils vont s'ajouter aux 170 millions d'euros levés ces derniers mois, dont 120 millions d'euros issus de cessions d'actifs et 50 millions d'euros par l'augmentation de capital souscrite par la Société Générale et ainsi permettre à Tiscali d'assainir sa situation financière. En conséquence, Tiscali annonce qu'il va pouvoir réinvestir sur son marché domestique (l'Italie) mais aussi sur le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas. Il prévoit ainsi d'y injecter plus de 300 millions d'euros d'ici 2007 pour "développer ses activités haut débit et augmenter considérablement son chiffre d'affaires et ses bénéfices". 2005 va constituer une année charnière pour le développement de l'accès à l'Internet haut débit, passé du statut de produit de luxe à celui d'un bien de grande consommation. Les FAI se livrent donc une inlassable guerre des prix. Grâce aux multiples cessions opérées, mais surtout celle de sa filiale française, Tiscali a remboursé en juillet 2005 son emprunt obligataire de 250 millions d'euros. Mais Tiscali devra bientôt faire face au remboursement d'obligations
liées aux actions (Equity-Linked Bonds) pour 209,5 millions d'euros en
septembre 2006. Compte tenu du changement complet de périmètre du groupe Tiscali d'une année sur l'autre, ses résultats au 31 décembre 2005 doivent être comparés à ceux du 31 décembre précédent retraités. En 2005, la société italienne présidée par Vittorio Serafino a affiché une augmentation de 12,8 % de son chiffre d'affaires, à 739.3 millions d'euros, porté par la croissance des services ADSL. L'excédent brut d'exploitation (Ebitda), a atteint les 117,1 millions d'euros, soit une progression de 51 %. Tiscali est encore en perte, mais de 12,8 millions d'euros seulement, à comparer à 134,2 millions en 2004. Les investissements pour attirer de nouveaux abonnés à l'ADSL ont pesé sur ces résultats. Au niveau de la répartition du chiffre d'affaires : le Royaume-Uni arrive largement en tête avec 43% ; l'Italie 26% ; les Pays-Bas 15% ; l'Allemagne 12% ; les autres 4 %. Désormais, Tiscali compte au total 1,85 million de clients haut débit. Il en avait 1,65 million fin 2004, mais compte tenu de la perte de la clientèle française, la progression réelle est sensible. |
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2006 : Un nouveau PDG qui achète pour UK mais vend à KPN | ||
Ruud Huisman, l'ancien directeur financier de World Online devenu PDG de Tiscali, a indéniablement mis en œuvre avec succès le plan de recentrage et de refinancement du Groupe. Mais avec son épouse Patricia Spuijbroek, ils vont être impliqués dans une ténébreuse affaire et accusés de conflit d'intérêts. Huisman a été démis de ses fonctions de président du groupe Tiscali le 31 octobre 2005, tandis que Patricia Spuijbroek sera remplacée en décembre 2005 à la direction de Tiscali Pays-Bas par Luca Scano. Le 11 janvier 2006, le Conseil d'administration de Tiscali SpA nomme Tommaso Pompei PDG du Groupe. Ruud Huisman, qui a quitté ses fonctions de manager le 31 octobre 2005, démissionne le même jour du Conseil d'Administration et de toutes ses autres responsabilités au sein du Groupe. Alors que beaucoup pensaient que Tiscali UK serait vendu à Vodafone, Orange ou Telefonica, Tiscali surprend en procédant à une acquisition par échange d'actions au Royaume-Uni. Le 12 août 2006, Tiscali annonce le rachat de Video Networks
Ltd, l'opérateur britannique de programmes audiovisuels et de vidéo à
la demande auprès de sa maison-mère Video Networks International Ltd (VNIL).
Cette société commercialise au Royaume-Uni sous la marque HomeChoice
une offre 'triple play' (Internet haut débit, télévision et téléphonie)
et la 'box' associée. HomeChoice, par un réseau d'abord limité au nord de Londres, a fourni
le premier service de vidéo à la demande (VOD) britannique. Le service
HomeChoice, lancé en 2000, permettait aux téléspectateurs de regarder
des programmes diffusés via une connexion Internet haut débit (IPTV-Internet
Protocol Television). En 2003, les services de HomeChoice s'étaient étendus
pour inclure la plupart des chaînes disponibles sur Freeview, le service
britannique de la télévision numérique terrestre gratuit. Tiscali UK, de son côté, détient une part de 10% du marché britannique derrière BT, NTL et AOL, compte 1,2 million de clients et a contribué à plus de 43% du chiffre d'affaires du groupe Tiscali en 2005. Mais sans offre triple play jusque-là, Tiscali UK est une entreprise vulnérable car elle n'a rien à proposer en complément de l'accès au Net. Cet accord donnera à Tiscali plus de 1,3 million de clients ADSL au Royaume-Uni, dont 350.000 abonnés en " double play " (ADSL et téléphone), plus de 45.000 abonnés IPTV et un réseau de boucle locale dégroupée couvrant plus de 300 centraux de British Telecom avec 220.000 clients. Grâce à ce rachat, "L'offre triple play au Royaume-Uni sera lancée d'ici la fin de l'année et sera immédiatement suivie par le lancement du service en Italie puis sur les autres marchés." déclare Tommaso Pompei, directeur général du groupe Tiscali. Tiscali UK élargit son offre haut débit le 5 janvier 2007 en relançant les services HomeChoice TV qui sera rebaptisé Tiscali TV en février 2007. Le processus de concentration entamé sous l'ère Huisman se poursuit avec
Pompei. Tiscali Pays-Bas (Tiscali Nederland) est essentiellement l'ancien World Online et compte 276.000 clients ADSL (à peine 7% du marché Internet haut débit) et 126.000 clients Dial-up (bas débit). Il exploite également son propre réseau, revendant des services ADSL à d'autres FAI. Avec cette acquisition, KPN souhaite renforcer encore sa position sur le marché du haut débit dont il détient une part d'environ 45%. Fin juin, KPN comptait environ 1,8 million de clients ADSL aux Pays-Bas. KPN a déjà procédé à des acquisitions dont Freeler (kit) racheté fin 2004, et Demon (kit) récemment. Cistron et HCCnet sont également tombés dans les mains de XS4ALL, filiale de KPN. A noter que si l'accord de l'acquisition par KPN des actifs néerlandais du fournisseur italien est signé, il doit obtenir l'approbation de l'autorité néerlandaise de la concurrence NMa, puis du régulateur néerlandais des télécommunications OPTA. Ce n'est que le 19 juin 2007 que Tiscali a vendu sa filiale néerlandaise, Tiscali BV, à Royal KPN NV. Après la cession de la branche néerlandaise, Tiscali ne reste actif qu'en Italie, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en République tchèque et marginalement en Espagne. Le 26 septembre 2006, Tiscali annonce avoir remboursé les obligations liées aux actions à 4,25% d'un montant de 209,5 millions d'euros. Pour le remboursement de ces Equity-Linked Bonds, les détenteurs d'obligations ont reçu une combinaison d'actions nouvellement émises et de liquidités provenant de la facilité de crédit accordée par Silver Point Capital. Pour le remboursement des obligations, 27,7 millions d'actions ont été émises au prix d'émission de 2,26 € par action pour un total de 62,5 millions d'euros, portant le capital à 424.413.176 actions. Le montant remboursé en espèces s'élevait donc à 147,0 millions d'euros. Le Groupe Tiscali a achevé ce jour le processus de remboursement de toutes les obligations émises depuis 2000. Le 11 octobre 2006, Tiscali annonce qu'il va se concentrer sur le Royaume-Uni et l'Italie et prévoit d'afficher un bénéfice net d'ici 2008. Dans son business plan pour les cinq années à venir, le groupe a déclaré qu'il entendait passer du statut de simple FAI à celui d'opérateur disposant de ses propres infrastructures offrant des services IP. Dans les deux marchés cibles britannique et italien, il dispose déjà de réseaux de boucle locale dégroupés couvrant au moins 30% de la population. Il prévoit de dépenser 740 millions d'euros au cours des cinq prochaines années pour achever l'infrastructure du réseau et préparer une offre de services plus large, notamment un opérateur de réseau mobile et de nouveaux produits IPTV au Royaume-Uni par son acquisition de HomeChoice. Cette nouvelle annonce de recentrage sur les seules Italie et Grande-Bretagne induit que Tiscali va se retirer complètement de l'Allemagne, de la République tchèque et de l'Espagne. |
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2007 : Retrait d'Allemagne, mais offensive au Royaume-Uni et en Italie | ||
L'entrée sur le marché allemand avait eu lieu en février 2000, lorsque Tiscali avait repris la société hambourgeoise de téléphonie et d'Internet Nikoma MediaWorks GmbH. Tiscali avait étendu ses activités avec le rachat du fournisseur Internet néerlandais World OnLine International NV, qui était entré sur le marché allemand des télécommunications un an plus tôt avec l'achat du groupe Nacamar. En avril 2001, Tiscali avait repris les fournisseurs Internet allemands Planetinterkom et SurfEU. Les activités regroupées l'étaient désormais sous la marque Tiscali. Bien que Tiscali se soit développé pour devenir le troisième fournisseur d'accès Internet outre-Rhin, sa filiale allemande pèse peu dans ses résultats. Le chiffre d'affaires de Tiscali Deutschland était de 89 millions d'euros en 2005, ce qui représente 12% du chiffre d'affaires total du groupe, tandis que l'excédent brut d'exploitation de la société en Allemagne atteignait l'an dernier 4 millions d'euros, soit à peine 3% de l'ensemble. Il ne comptait que 205.000 clients sur le marché capital du haut débit à la mi-2006, ce qui correspondait à une part de marché extrêmement modeste d'un peu moins de 2%. Ce qui a amené le groupe à ne plus considérer l'Allemagne comme un marché stratégique et les activités en Allemagne ont été mises en vente. Le 31 janvier 2007, Tiscali conclut un accord avec Freenet AG (kit) en vertu duquel celui-ci rachètera la division grand public (B2C) bas débit et haut débit de Tiscali en Allemagne. Le prix d'achat final, qui sera payé en numéraire, sera déterminé en fonction du nombre d'utilisateurs effectifs à la fin de l'accord et est estimé à environ 30 millions d'euros. Le 5 février 2007, Tiscali annonce qu'Ecotel Communication AG reprendra les activités interentreprises (B2B) de Tiscali en Allemagne. La transaction, qui sera également payée en numéraire, est estimée à environ 18,5 millions d'euros à l'issue de la migration des clients. Le 15 octobre 2008, Tiscali GmbH annonce l'arrêt définitif de son service de messagerie qui perdurait, achevant ainsi son retrait complet du marché allemand des télécommunications. En février 2007, la filiale Tiscali Italia SpA a finalisé la vente du siège de Cagliari dans la localité de "Sa Illetta" dite "Campus Tiscali", avec un crédit-bail simultané, pour un montant de 60 millions d'euros hors taxes. Le 5 mars 2007, Ibercom annonce le rachat, pour 8 millions d'euros, de Tiscali Telecomunicaciones, filiale espagnole de télécommunications de Tiscali comptant plus de 500 clients et 26 salariés, renforçant ainsi sa position dans l'activité de transmission voix et données à travers le réseau destiné à ce secteur d'activité. Le 1er août 2007, Tiscali quitte la République tchèque. Acquisition de Pipex en Grande-Bretagne L'essentiel de l'activité de Tiscali se situe au Royaume-Uni, où Tiscali
réalise environ les deux tiers de son chiffre d'affaires. Créé en 1990, Pipex (acronyme de The Public I.P. Exchange Ltd) fut le premier fournisseur de services Internet commercial du Royaume-Uni. Il est lors de son acquisition à la cinquième place du marché des FAI britanniques. Avec le rachat de Pipex, Tiscali devient le quatrième fournisseur d'accès internet au Royaume-Uni avec une part de marché de 14 %, derrière Virgin Media, BT Group et AOL, tandis que l'acquisition de HomeChoice l'an dernier lui permet d'entrer sur le marché de l'IPTV dans tout le Royaume-Uni. IPTV qu'il lance également en Italie. En septembre 2007, le Groupe contracte un emprunt bancaire auprès d'Intesa San Paolo et de JP Morgan pour 650 millions d'euros. 279 millions d'euros sont consacrés au financement de l'acquisition de Pipex, tandis qu'environ 200 millions d'euros ont été utilisés pour refinancer la dette bancaire existante. Le fonds Management & Capitali de l'homme d'affaires Carlo de Benedetti souscrit à la fin de l'année pour 60 millions d'euros d'obligations convertibles en actions de Tiscali. Cette souscription d'obligations convertibles, réalisée parallèlement à une augmentation de capital, a également pour objectif de refinancer la dette contractée par Tiscali pour le rachat de Pipex. Tiscali publie le 13 septembre ses résultats du 1er semestre 2007. Le groupe, qui a recentré ses activités sur l'Italie et la Grande-Bretagne, a vu son chiffre d'affaires progresser de 24% à 393 millions d'euros, dont 130 millions d'euros pour le marché italien. L'endettement net a été ramené à 250 millions d'euros fin juin, contre 397 millions six mois plus tôt. Tiscali dégage un excédent brut d'exploitation de 60 millions d'euros au premier semestre, en hausse de 45 % et un bénéfice net semestriel de 22,4 millions d'euros, après une plus-value exceptionnelle de plus de 100 millions liée à la vente de ses activités en Allemagne et aux Pays-Bas. Le groupe avait subi une perte nette de 72,4 millions d'euros sur la période correspondante de 2006. Il vise désormais un chiffre d'affaires annuel 2007 de 930 millions d'euros et un bénéfice opérationnel de 160 millions. A la Bourse de Milan, l'action Tiscali cote 2,07 euros. Nouveaux services proposés en Italie Fin juillet 2007, l'opérateur Telecom Italia signe un accord avec Tiscali autorisant ce dernier à devenir un opérateur mobile virtuel de télécommunications. Grâce à cet accord, le groupe souhaite renforcer ses activités en lançant une offre de téléphonie mobile au second semestre 2008. Tiscali TV, la plateforme de télévision italienne utilisant la technologie IPTV démarre le 11 décembre 2007 dans trois villes : Cagliari, Rome et Milan. Elle a ensuite été étendue à de nombreuses autres métropoles régionales. Tiscali TV était en technologie IPTV et fournie sur une ligne ADSL appartenant au réseau Tiscali. Le service a été développé après une longue période de tests bêta dans la zone métropolitaine de Cagliari et grâce au savoir-faire de HomeChoice acquis au Royaume-Uni et rebaptisé également Tiscali TV. La technologie IPTV a permis de proposer le service de vidéo à la demande. Tiscali TV proposait aussi des chaînes de télévision linéaires (en cours), ainsi que divers services interactifs tels que Replay, service permettant de revoir les dernières 48 heures des chaînes Rai 1, Rai 2 et Rai 3 avec possibilité de pause ou d'effectuer des opérations d'avance et de retour. En outre, Tiscali et Sky Italia ont conclu un accord pour la distribution des bouquets Sky par diffusion télévisée via Internet. Le service est en promotion gratuite jusqu'à fin mars 2008, avec des frais uniques de 100 euros pour l'activation du service. À partir d'avril, le service coûtera 17 euros par mois pour le forfait de base uniquement. Mario Mariani, PDG de Tiscali Italia, espère 50.000 abonnés dans les 24 prochains mois. |
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2008 : Un nouveau PDG met le groupe en vente | ||
Le 31 août 2007, l'assemblée extraordinaire des actionnaires de Tiscali avait approuvé une augmentation de capital qui sera proposée sous forme d'option aux actionnaires de Tiscali pour un montant maximum de 220 millions d'euros, dont environ 150 millions d'euros devraient être réalisés au cours des premiers mois de l'exercice 2008, pour refinancer la dette bancaire existante. Le 10 janvier 2008, en application de cette autorisation, le Conseil d'Administration de Tiscali SpA annonce l'augmentation de capital sous option avec émission de 149.792.880 actions ordinaires, à raison de 6 actions nouvelles pour 17 actions possédées, au prix de 1,00 euro chacune, pour une valeur totale de 149.792.880 euros. L'augmentation de capital proposée du lundi 14 janvier au 25 janvier 2008 a été souscrite à 100% par l'actionnaire Renato Soru et le marché. Le capital social de Tiscali est alors au 28 février 2008 composé de 574.206.043 actions. Le 31 janvier 2008, Microsoft lance une offre d'achat non sollicitée
de 44,6 milliards de dollars sur Yahoo!, pour rivaliser avec le leader
mondial Google. Il n'en fallait pas plus pour que les spéculations sur
un possible rachat de Tiscali redoublent. Des rumeurs portant sur des
offres de groupes du secteur comme les britanniques Vodafone et BT ou
l'italien Fastweb circulent début février provoquant une envolée de près
de 40% du titre du fournisseur d'accès internet italien sur les séances
de jeudi 7 et vendredi 8 février. Démission de Tommaso Pompei et nomination de Mario Rosso au poste
de PDG. Dans un communiqué, le groupe précise qu'il allait "étudier les différentes pistes susceptibles de créer de la valeur pour les actionnaires dans le cadre du processus de consolidation en cours du secteur des télécommunications européen". Bref, Tiscali pourrait être mis en vente. Ce qui alimente les spéculations boursières concernant de possibles offres d'achat de la part de ses concurrents. Les noms de BT Group, Fastweb et Vodafone circulent de nouveau comme possibles repreneurs. Le 19 mars 2008, Tiscali publie ses résultats de l'exercice 2007
Mais l'opérateur italien de communications haut débit, qui prévoyait de redevenir bénéficiaire a seulement réduit de moitié sa perte nette en 2007. Celle-ci est de 65,2 millions d'euros, contre 130,6 millions l'an passé, une amélioration due notamment à des plus-values liées à la vente de ses activités en Allemagne et aux Pays-Bas. En conséquence, "Le conseil d'administration (...) a décidé de faire appel à un conseiller financier. Il a donc confié à l'administrateur délégué Mario Rosso le soin de choisir un tel conseiller parmi les principales institutions financières avec lesquelles des contacts préliminaires ont déjà eu lieu", peut-on lire dans le communiqué de résultats. Le groupe indique donc qu'il fera appel à une banque conseil pour étudier ses options stratégiques, ce qui inclut la recherche d'éventuels repreneurs. La Bourse réagit très positivement à ces nouvelles, l'action Tiscali bondit de 12,52% le 20 mars, à 1,681 euro. Le groupe italien annonce début avril avoir désigné les banques d'affaires JPMorgan et Banca IMI pour aider Mario Rosso à "maximiser la valeur stratégique du groupe" qui compte au total 3,5 millions de clients, dont 2,4 millions en haut-débit, dont un quart seulement en Italie et le reste au Royaume-Uni. Selon la presse, plusieurs groupes européens de télécommunication seraient
intéressés par la reprise de tout ou partie des activités de Tiscali qui
est recentré maintenant sur l'Italie et le Royaume-Uni. Et de citer les
groupes italiens Telecom Italia, Wind, le troisième opérateur mobile du
pays, détenu par le milliardaire égyptien Naguib Sawiris, et Fastweb,
contrôlé par Swisscom, les britanniques BSkyB, BT, Vodafone et Carphone
Warehouse. Pour trouver un acheteur, Tiscali est prêt à scinder ses deux
dernières activités, déclare Mario Rosso. Tiscali annonce le 12 mai qu'il va négocier avec une liste restreinte de candidats qui ont proposé de le racheter entièrement ou en partie, mais qu'il ne s'est pas fixé de date précise pour sa vente. Une liste qui ne comprendra pas Telecom Italia, ce dernier ayant déclaré le 9 mai qu'il n'a pas présenté d'offre sur Tiscali. Tiscali, opérateur d'Internet haut débit sarde basé à Cagliari, a fait également état ce 12 mai d'une réduction de 12% de sa perte nette au premier trimestre, à 37,5 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 276,4 millions (en progression de 43%). Son résultat avant intérêt, impôts, dépréciations et amortissement (Ebitda) a bondi de 92% à 48,3 millions. Tiscali est détenu à 25% par son fondateur, Renato Soru, et à 6,9% par la fondation de la famille Sandoz en deuxième plus grand actionnaire, le reste du capital étant flottant. Ces dernières années, la Fondation de famille Sandoz a peu à peu diminué la part détenue dans Tiscali, de 18,2% en 2000 (car ex-actionnaire majoritaire de World Online), puis 16,1% début 2004, 9,2% en décembre 2004, 8,1% en octobre 2006 à 6,9% aujourd'hui. Le 11 septembre 2008, Management e Capitali devient le 2e actionnaire
de Tiscali Le 31 décembre 2008, Tiscali met fin à son service IPTV en Italie. Tiscali publie le 27 mars 2009 ses résultats de l'année 2008 |
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L'action Tiscali poursuit sa chute | ||
Nous avions laissé l'action Tiscali à 40 euros fin mai 2000. La descente du titre s'avérera tout aussi spectaculaire que l'avait été sa hausse. Le pic de mars 2000 des graphiques du cours de l'action Tiscali est dans les livres d'histoire boursière. En décembre 2000, une nouvelle vague de ventes massives font tomber l'action en dessous de 20 euros. Le 23 janvier 2001, elle remonte à 21,39 €. L'action Tiscali vaut encore plus de quatre fois sa valeur d'introduction. Introduite avant l'euphorie du printemps 2000, l'entreprise a été valorisée sur des bases moins élevées que la plupart des jeunes pousses du Net. C'est en juillet 2001 qu'elle enfonce le seuil de 10 euros. En septembre
2001, on retrouve l'action vers 5 euros, mais elle rebondit à 10 euros
fin 2001. Lentement mais sûrement, les cours ont plongé en rebondissant de temps en temps, mais sans jamais retrouver les sommets relatifs précédents. Le 9 septembre 2009, l'action Tiscali cote 0,3385 €. Une chute de 99,7% sur le plus haut de mars 2000 ! Tiscali procédera le 14 septembre 2009 à l'opération de regroupement de ses actions à raison de 1 action pour 10 anciennes. Opération inverse de celle du 25 avril 2000 quand Tiscali avait procédé à une division de l'action par 10. Le regroupement annulant la division, la valeur d'introduction en octobre 1999 revient à 46 €, le maximum historique du 6 mars 2000 à 1197 €. Tandis que Tiscali fait face à une concurrence féroce sur un marché très dynamique comme celui des télécommunications et se révèle incapable de réaliser des bénéfices, son action, d'augmentations de capital en conversion d'obligations convertibles très dilutives, atteindra sa valeur boursière la plus basse jamais enregistrée le 16 mars 2020 à 0,0071 euro, moins d'un centime. Mais, malgré l'effondrement de l'action, l'entreprise a survécu. |
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2009 : Renato Soru revient aux commandes et se recentre sur l'Italie | ||
Président de la Région Sardaigne depuis juin 2004, Renato Soru démissionne fin 2008, et se représente aux élections régionales anticipées provoquées par son départ. Elles ont lieu les 15 et 16 février 2009 et voient la défaite de Renato Soru. Le 19 mars 2009, Renato Soru réintègre le conseil d'administration de la société qu'il a fondée. Le 13 mai 2009, un communiqué de presse de Tiscali indique que : "Le Conseil d'Administration de Tiscali Italia SpA, contrôlée à 100% par Tiscali SpA, a pris acte aujourd'hui de la démission de Mario Rosso en tant que Président et CEO et a décidé, sur proposition de Mario Rosso, la cooptation de Renato Soru au Conseil d'Administration de Tiscali Italia SpA, dont il sera nommé président-directeur général lors de la prochaine réunion du conseil d'administration de la filiale italienne, qui sera convoquée prochainement. Mario Rosso reste président-directeur général de la holding cotée Tiscali SpA ". Le 24 mars 2009, Tiscali lance officiellement Tiscali Mobile, ses services de téléphonie mobile en Italie. Tiscali Mobile est un service MVNO (Mobile Virtual Network Operator - Opérateur de réseau mobile virtuel) disponible grâce à l'accord commercial avec TIM, et s'appuyant sur son réseau. L'offre Tiscali Mobile peut être souscrite aussi bien sur le site Internet dédié mobile.tiscali.it que dans les points de vente Tiscali dans tout le pays. Acquisition du réseau international de Tiscali par BS Private Equity Début février 2009, Tiscali reçoit une offre ferme de BS Private Equity
SpA, l'une des plus grandes sociétés de capital-investissement d'Italie,
pour l'achat des actifs de Tiscali International Network (TiNet), sous
réserve de l'autorisation des autorités de la concurrence italienne et
allemande à la vente. Paolo Susnik en est le PDG. La vente a été finalisée le 26 mai 2009 pour une valeur d'entreprise d'environ de 47 millions d'euros, incluant un complément de prix potentiel de 7 millions d'euros. Au 31 décembre 2008, TiNet réalisait un chiffre d'affaires d'environ 35 millions d'euros et un EBITDA d'environ 10 millions d'euros. Désormais indépendante du Groupe Tiscali, la société Tiscali International
Network changera de nom et sera rebaptisée Tinet. Elle continuera d'être
le fournisseur de trafic IP de Tiscali Italia. Vente de Tiscali UK à Carphone Warehouse Le 8 mai 2009 est annoncée la vente pour 236 millions de livres sterling (environ 260 millions d'euros) à The Carphone Warehouse Ltd de la filiale britannique de Tiscali, qui réalise 69% des revenus du groupe et compte 1,45 million d'utilisateurs haut débit au Royaume-Uni. L'acquisition de Tiscali UK a été approuvée par la Commission de la concurrence de l'Union européenne le 30 juin 2009. The Carphone Warehouse a ensuite fusionné les services de Tiscali UK dans TalkTalk, sa filiale de téléphonie fixe, en janvier 2010 ; Tiscali TV étant rebaptisé TalkTalk TV ce même mois. L'accord fait du groupe fusionné le plus grand fournisseur Internet haut débit au Royaume-Uni, devant BT Group et le câblo-opérateur Virgin Media, avec 4,2 millions d'utilisateurs, soit plus d'un quart du marché national de l'Internet haut débit. Pour Tiscali lourdement endetté et en grave crise de liquidité, le produit
de la vente de la participation détenue dans Tiscali UK Ltd va être principalement
utilisé pour rembourser une partie de la dette du Groupe. Mais cette
cession a aussi pour conséquence que l'activité commerciale se limite
dorénavant au seul territoire national. L'augmentation de capital Tiscali se trouve dans un état de tension financière et patrimoniale tel qu'il rend nécessaire une opération de recapitalisation et de restructuration de la dette du groupe. C'est pourquoi, le 28 mai 2009, le Conseil d'administration de Tiscali SpA a approuvé l'accord-cadre visant à restructurer la dette du Groupe. Au 30 juin 2009, le groupe Tiscali dispose d'une situation nette négative d'environ 272 millions d'euros et est en crise de liquidité ; au cours du semestre, le Groupe a suspendu les paiements prévus dans le cadre des contrats de financement. C'est sa survie qui est en jeu. L'Assemblée générale extraordinaire (AGE) des actionnaires de Tiscali,
réunie le 30 juin, décide d'abord de supprimer l'indication de la valeur
nominale des actions et de procéder à un regroupement d'actions à raison
de 1 action ordinaire pour 10 anciennes. L'AGE du 30 juin 2009 décide aussi des augmentations de capital destinées
au remboursement d'une partie des dettes financières qui s'élevait à 608
millions d'euros au premier semestre. L'annonce le 8 octobre du feu vert de la Consob, l'autorité boursière italienne, pour l'augmentation de capital de 180 millions d'euros profite à Tiscali dont le titre gagne 4,3% à 3,77 euros. Compte tenu de la parité de souscription de 643 actions nouvelles pour
22 actions détenues et un prix de souscription de 0,10 euro entraînant
une énorme dilution, la valeur de l'action de 3,73 euros du vendredi précédant
l'augmentation de capital devait mathématiquement s'ajuster à 0,22 euro
environ après la dite augmentation. Lors de la réunion du 12 novembre 2009, le Président-Directeur Général Mario Rosso a démissionné de ses fonctions. Au cours de la même séance, le Conseil a nommé Renato Soru au poste de Président du Conseil d'Administration et lui a délégué les pouvoirs de Directeur Général. Renato Soru, redevient donc président et directeur général de Tiscali. Tiscali publie le 26 mars 2010 ses résultats de l'année 2009 Même sur le plan commercial, Tiscali a connu une année 2009 très difficile. Avec 570.200 utilisateurs ADSL dans son pays d'origine, comparé à 580.000 au 31.12.2008, Tiscali, qui a décidé de mettre fin à son service IPTV en décembre 2008, ne se classe qu'au quatrième rang des services haut débit avec une part de marché de 5 %, derrière Telecom Italia, Wind et Fastweb, et à égalité avec Tele2. |
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2010-2014 : Des années de transition | ||
Si 2010 semble être une année de reprise et de relance pour Tiscali
qui ramène ses pertes à seulement 24,3 millions d'euros, elle s'avère
aussi être une année rude. Le chiffre d'affaires à 278,2 millions d'euros
décline de 4,2% à cause d'une réduction sur le segment bas débit/accès
commuté et d'une réduction des tarifs facturés à Telecom Italia sur bande
étroite, VOIP et produits de téléphonie en gros à compter du 1er juillet
2010. L'action Tiscali clôture l'année à 0,0803 €, avec une chute de 51,68%,
parmi les pires actions de la bourse italienne. 2011 a été une année sans événements majeurs pour Tiscali mais
a marqué une nouvelle dégradation : l'EBITDA s'est détérioré et les utilisateurs
ADSL et voix ont diminué. En 2011, le résultat net du groupe est négatif
de 38,1 millions d'euros. En 2012, Tiscali crée trois nouvelles entreprises : Sur le plan financier, la lente décroissance du chiffre d'affaires continue (233,8 millions d'euros) ; la perte nette recule à 15,9 millions d'euros. Quant à l'action, si elle finit l'année stable à 0,0385 €, elle atteint un plus bas historique le 24 juillet 2012 à 0,0267 € (pour une capitalisation totale de 48,40 millions d'euros). Le 21 mars 2013, Tiscali lance Istella, ("étoile" en sarde) le moteur de recherche qu'il a créé avec les fondateurs d'Arianna, un ancien moteur, en collaboration avec l 'Université de Pise et le Conseil national de la recherche. Il est conçu comme un modèle alternatif et participatif pour le web italien. Istella n'a pas pour objectif de remplacer les moteurs existants, mais représente un instrument d'extension et d'élargissement des connaissances. Il diffère des autres moteurs de recherche existants, car tous les utilisateurs peuvent ajouter à la base de données en partageant des fichiers, des documents, des photos, des images, des vidéos et de l'audio. Pour Renato Soru, Istella peut devenir le moteur le plus complet sur la culture italienne. Dès 2013, les domaines italiens et les principaux domaines internationaux ont été indexés pour un total de plus de 4,5 milliards de pages et 200 téraoctets de données. Tiscali ambitionne avec Istella de capter 10% du marché de la recherche italienne de 2 milliards d'euros ; un marché publicitaire en constante croissance, dominé de façon écrasante par Google. Un objectif important qui s'avéra inaccessible. Si Istella est toujours utilisable aujourd'hui (en novembre 2023), il n'a pas été mis à jour depuis 2016. La direction de Tiscali au cours de l'année 2016 a lancé des actions visant à la cessation des activités d'Istella qui a finalement été vendue le 16 octobre 2017 à Renato Soru. Sur le plan financier en 2013, Tiscali enregistre un chiffre d'affaires de 223,4 millions d'euros), une perte nette de 4,8 millions d'euros et l'action finit l'année à 0,0428 €. Le 15 décembre 2014, Tiscali achève sa restructuration financière car
est arrivée à expiration la période d'exercice des "Warrants Tiscali 2009-2014"
émis conformément aux décisions de l'AGE du 30 juin 2009 qui conférait
aux titulaires le droit de souscrire une action nouvelle Tiscali pour
20 warrants détenus, au prix de 0,80 euro par action. La société de communications Internet clôture l'exercice 2014 avec un chiffre d'affaires de 212,8 millions d'euros, enregistrant une perte de 16,4 millions d'euros. L'action finit l'année à 0,0524 €. |
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2015 : Fusion avec le groupe Aria et ses suites | ||
Aria SpA a été créée en 2005 en tant que petit opérateur spécialisé dans la fourniture d'Internet haut débit via le réseau HiperLan aux clients locaux ne pouvant accéder aux services Internet rapides via le réseau des opérateurs des réseaux traditionnels, donc dans les zones où la couverture est faible. En 2008, Aria a participé à l'appel d'offres lancé par le Ministère des Communications d'une partie pertinente du spectre sur la fréquence 3,5 GHz. Elle a remporté l'enchère lancée par le Ministère pour l'attribution des fréquences WiMAX, auparavant réservées à un usage militaire. Aria a obtenu la licence pour offrir des services de télécommunications (Internet et téléphonie) en mode WiMAX valable sur tout le territoire national, des fréquences de la bande 3,5 GHz sur une base technologiquement neutre (permettant à un opérateur mobile de réaffecter les fréquences utilisées pour le GSM (2G) ou la 3G au profit de la 4G et de la 5G). En 2015, Tiscali réalise une opération d'agrégation industrielle avec le Groupe Aria. La fusion vise stratégiquement à réaliser l'intégration d'un actif stratégique puisque la fréquence 3,5 GHz complète le portefeuille d'actifs technologiques déjà détenus. En regroupant les actifs d'Aria, Tiscali est maintenant l'un des rares opérateurs nationaux à disposer d'une infrastructure réseau propriétaire de bout en bout (Core Réseau + Réseau d'Accès), un atout essentiel pour être compétitif dans un marché des télécommunications qui connaît un boom du trafic des données à haut débit sans fil et trafic mobile. L'opération, décrite dans l'accord signé en juillet 2015 entre Tiscali,
Aria et Otkritie Disciplined Equity Fund (" ODEF ") un groupe financier
russe, a été réalisée le 24 décembre 2015 via la fusion par incorporation
par Tiscali d'une société nouvellement constituée, Aria Italia SpA, dont
les actifs étaient constitués : i) d'une participation représentant la
totalité du capital d'Aria d'un montant de 34,6 millions d'euros ; ii)
des liquidités d'un montant de 42,4 millions d'euros versés par l'ODEF
à Aria Italia avant la fusion. La fusion par incorporation dans Tiscali Spa a été réalisée par une augmentation du capital social de Tiscali, avec l'émission de 1.283.746.550 actions offertes en échange aux actionnaires d'Aria Italia selon le rapport d'échange de 50 actions ordinaires Tiscali pour 3 actions ordinaires Aria Italia. De ce fait le nombre d'actions composant le capital social de Tiscali bondit à 3.145.281.893. Par effet de la parité d'échange des actions, les actionnaires d'Aria Italia détiennent une part de Tiscali de 40,81%, dont 22,48% est détenue par l'ODEF. La participation de Renato Soru, qui était encore de 17,8% avant la fusion, chute à 10,48%. Les résultats comptables 2015 enregistrent une poursuite de la lente décroissance du chiffre d'affaires à 202,1 millions d'euros ; la perte nette est de 18,5 millions d'euros. L'action finit l'année stable à 0,0575 €.
2016 a été pour le Groupe Tiscali une année de changements importants qui ont transformé considérablement sa hiérarchie, ses stratégies d'organisation et de développement. À la suite de la fusion, Riccardo Ruggiero a assumé le poste de directeur général du groupe, tandis que Renato Soru en est devenu le président, poste dont il a démissionné en avril 2016. Le 16 février 2016, le conseil d'administration a nommé Alexander Okun vice-président du Conseil d'administration. Le conseil prend acte le 12 mai 2016 de la démission de Renato Soru du mandat de Président du Conseil d'Administration et le 22 juillet 2016 le remplace par Alexander Okun. Pour accompagner une demande croissante de bande passante des utilisateurs, en ligne avec l'évolution des applications, notamment le streaming vidéo, le groupe Tiscali doit fournir des accès haut débit avec des technologies alternatives à l'ADSL classique, en particulier la Fibre et le Haut Débit Fixe Sans Fil. A cette fin, Tiscali a accompli une série d'actions : Les résultats comptables 2016 enregistrent une poursuite de la décroissance
du chiffre d'affaires à 196,9 millions d'euros ; la perte nette est de
45,0 millions d'euros. L'action finit l'année à 0,0456 €. Le 6 mars 2017, Tiscali présente son nouveau logo officiel et son objectif au marché : apporter l'ultralarge bande n'importe où, à la fois via la fibre optique et le réseau sans fil propriétaire sur la technologie LTE (WFTTH Wireless Fiber To The Home) utilisant les fréquences de 3,5 GHz, pour atteindre rapidement même les endroits à peine accessibles par câble. Le 5 décembre 2016, des accords de partenariat stratégique ont été signés entre Fastweb et Tiscali. Un accord porte sur la vente à Fastweb de Tiscali Business, qui comprend les meilleurs clients (la division 'grandes entreprises' et le réseau qui relie toutes les administrations publiques). La valeur économique de cet accord est de 45 millions d'euros, dont 25 millions d'euros en espèces et 20 millions d'euros en services, qui permettront à Tiscali d'accéder au réseau fibre de Fastweb pour la connexion de son propre réseau fixe sans fil LTE ultra haut débit. Le deuxième accord permet en revanche à Fastweb d'utiliser la fréquence 3,5 GHz du groupe Tiscali, essentielle au développement des futurs services de données mobiles 5G. Suite à la cession de la branche Business à Fastweb en 2017, Tiscali se concentre donc sur le segment grand public. Sur le plan financier, Tiscali procède à deux opérations importantes
: Les résultats comptables 2017 enregistrent enfin une croissance du chiffre d'affaires à 207,6 millions d'euros surtout grâce à l'activité 'mobiles' et, pour la première fois, Tiscali enregistre un bénéfice net (de 0,8 million d'euros). L'action finit l'année à 0,0356 € en baisse de 22%.
Le 30 juillet 2018, Tiscali, après avoir obtenu la prolongation de la
licence sur la fréquence 3,5 GHz jusqu'en décembre 2029, signe un accord
préliminaire avec Fastweb, visant à renforcer le partenariat stratégique
lancé en décembre 2016. Fastweb versera un total de 198 millions d'euros à Tiscali, dont 130 millions d'euros en numéraire, un contrat de gros (fourniture de matériaux et services) pour une valeur totale de 55 millions d'euros et 13 millions d'euros pour prendre en charge les dettes envers les fournisseurs. Si la plus-value dégagée a des effets positifs sur le bénéfice 2018 de Tiscali de 83,2 millions d'euros (seulement 0,8 million en 2017), le chiffre d'affaires a diminué à 165,2 millions et la marge opérationnelle a baissé de 29,1 millions d'euros à 20,5. Quant à l'action, elle termine l'année sur la Piazza Affari de Milan à 0,0144 euro en chute de 60%, enregistrant un plus bas historique le 26 octobre 2018 à 0,0087 euro (moins d'un centime d'euro !). |
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Depuis 2019 : Troisième direction Renato Soru | ||
Le 31 janvier 2019, les actionnaires de référence ICT Holding Ltd et
Sova Disciplined Equity Fund SPC ont souscrit des obligations convertibles
2019-2020 pour un montant nominal de 10,6 millions d'euros à parts égales
(5,3 millions d'euros chacun). Le 10 mai 2019, Amsicora Srl, société d'investissement italienne fondée
et dirigée par Claudio Costamagna, Alberto Trondoli, Manilo Maroc et également
détenue par d'autres investisseurs privés, a signé un contrat avec ICT
Holding Ltd, actionnaire majoritaire relatif, pour l'achat de la totalité
de sa participation détenue dans Tiscali, égale à environ 20,79% du capital
social, ainsi qu'un contrat avec Sova Disciplined Equity Fund SPC pour
l'acquisition d'une participation égale à environ 1,27% du capital social
de Tiscali, soit un total d'environ 22,06% du capital social de Tiscali.
Le 13 mai 2019, le conseil d'administration de Tiscali SpA nomme Renato Soru au poste de Président-Directeur Général, en remplacement d'Alexander Okun et Alex Kossuta, respectivement. Le 27 juin 2019, l'Assemblée générale des actionnaires nomme Alberto Trondoli comme président du conseil d'administration et confirme Renato Soru au poste de directeur général. Tiscali redevient ainsi une entreprise italienne et son fondateur Renato Soru dirige désormais encore une fois la compagnie. Au second semestre 2019, Renato Soru lance le nouveau logo de l'entreprise, de retour à la couleur violette, qui avait caractérisé le logo Tiscali depuis ses origines, en ajoutant un nouveau symbole " // " qui rappelle l'écriture des adresses Internet, afin d'évoquer le rôle prépondérant qu'a joué Tiscali dans l'histoire d'Internet en Italie. 2019 voit la mise en œuvre opérationnelle de l'accord finalisé le 16 novembre 2018 avec Fastweb, qui a permis l'expansion du marché adressable de la Société grâce à la possibilité de continuer à commercialiser les services LTE dans les " Zones de Fracture Numérique " étendues, sur un marché plus large grâce à l'engagement signé par Fastweb de finaliser à ses frais la migration de la technologie WiMAX vers la technologie LTE, et à la possibilité de Tiscali d'accéder au réseau fibre de Fastweb. En mai 2019, un partenariat est établi avec Open Fiber pour la diffusion de services ultra large bande jusqu'à 1 Giga de capacité par le réseau de fibre optique FTTH (Fiber To The Home) qu'Open Fiber construit sur tout le territoire italien. Un accord important est signé le 2 juillet 2019 avec l'opérateur Linkem, visant à étendre la couverture de la technologie d'accès fixe sans fil 4,5G dans toute l'Italie. Tiscali va donc pouvoir utiliser à la fois les réseaux 3,5 GHz de Fastweb et de Linkem, lui permettant d'étendre sa portée géographique et son portefeuille de services.
2019 se traduit par une nouvelle diminution du chiffre d'affaires à 142,6 millions d'euros. Même si la marge opérationnelle a rebondi à 25,6 millions (contre 20,5), c'est un retour à une perte nette de 16,5 millions que Tiscali affiche. L'action termine l'année à 0,0109 euro en baisse de 24%, mais avec un minimum de 0.0101 euro le 02 décembre 2019 bien au-dessus du plus bas historique à 0,0087 euro du 26 octobre 2018. Tiscali comptait 668.200 clients actifs fin 2019, contre 640.100 douze mois auparavant, dont 381.700 utilisateurs du haut débit fixe (contre 382.800), 41.800 abonnés au réseau fixe sans fil (contre 58.800) et 244.700 clients MVNO 'mobile' (contre 198.500).
ICT Holding Ltd, qui détient toujours les 53 obligations convertibles 2019-2020 souscrites en janvier 2019 pour 5,3 millions d'euros de nominal, les convertit contre 552.528.379 actions nouvelles en deux tranches, les 9 et 30 juin 2020. De ce fait le nombre d'actions Tiscali monte à 5.061.225.582 et la participation de Renato Soru, qui était encore de 7.01% avant cette opération, descend à 6,24% du capital. Le 27 août 2020, TIM et Tiscali annoncent avoir signé un protocole d'accord visant à définir les termes d'une alliance stratégique sur le développement du marché de l'ultra haut débit à travers la participation commerciale de la société dirigée par Renato Soru au projet de co-investissement FiberCop. " Le projet - expliquent Tim et Tiscali dans une note commune - consiste
dans un premier temps à rationaliser le réseau Tiscali en créant les conditions
pour faciliter la migration de ses clients vers le réseau ultra haut débit
FiberCop " ; ce qui, pour Tiscali, permettra de "réduire significativement
les coûts d'infrastructure du réseau, en évitant les doublons" et, à moyen-long
terme, d'activer une partie significative de ses accès sur le nouveau
réseau. Il n'en fallait pas plus pour que l'action Tiscali bondisse à la bourse de Milan, atteignant 0,0499 euro le 2 septembre 2020, niveau le plus haut depuis plus de trois ans. Le 16 mars dernier, l'action cotait 0,0071 euro ! Les résultats 2020 montrent enfin l'arrêt de l'érosion du chiffre d'affaires
avec 144,0 millions d'euros (142,6 l'an passé). La marge opérationnelle
monte à 29,1 millions (contre 25,6), mais Tiscali affiche une perte nette
de 22,2 millions (contre 16,5). En 2021, Tiscali a continué de se concentrer sur le développement du marché de la fibre, dont la couverture sur le territoire national est en constante expansion. Les accords signés avec les principaux grossistes au cours des trois dernières années permettent aujourd'hui à Tiscali d'être l'opérateur de télécommunications italien avec la plus grande couverture Ultra Haut Débit disponible. Tiscali, adhérant à l'offre d'Open Fiber, a une couverture passant de 866 communes fin 2020 à 1 600 en décembre 2021 (soit environ 9 millions de foyers couverts). L'accord commercial avec TIM finalisé en novembre 2020, en plus de permettre la rationalisation du réseau, a conduit à une augmentation progressive de la couverture Ultra Haut Débit grâce à l'accès au réseau Bitstream NGA. De plus, la Société a élargi son offre de services FWA, grâce à des accords de gros avec Eolo et Linkem. Notamment l'accord de partenariat avec Linkem (conclu en juillet 2019) pour la revente du service FWA est devenu pleinement opérationnel en juin 2021.
Le 14 mai 2021, Tiscali a signé avec le fonds suisse Nice&Green SA, un accord concernant un programme de financement de Tiscali par l'émission d'obligations convertibles en actions à émettre en 7 tranches maximum d'un montant égal à 3 millions d'euros, pour un montant total maximum de 21 millions d'euros (avec une option d'extension pour la Société d'un montant supplémentaire maximum de 21 millions d'euros). Tiscali a émis 7 tranches de 3 millions d'euros chacune, dont les 4 premières ont été converties en 2021 en actions Tiscali respectivement le 31 mai, le 7 juillet, le 30 juillet et le 24 septembre. De ce fait le nombre d'actions Tiscali monte à 5.751.767.311 et la participation de Renato Soru, qui était encore de 6,24% avant cette opération, descend à 5,49% du capital. Les résultats 2021 affichent un chiffre d'affaires et une marge opérationnelle
stables à 144,2 millions d'euros et 28,0 millions respectivement. La perte
nette est de 20,6 millions (contre 22,2). L'action termine l'année à 0,0174
euro, contre 0,0293 fin décembre 2020. |
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Tiscali devient Tessellis | ||
Le 30 décembre 2021, les Conseils d'Administration de Tiscali SpA et
Linkem Retail Srl annoncent le projet de fusion par incorporation de Linkem
Retail Srl dans Tiscali SpA, projet approuvé le 27 avril 2022 par les
assemblées générales des deux sociétés, afin de développer les synergies,
consolider et renforcer la position sur le marché de l'entité fusionnée.
Tiscali SpA annonce le 16 mai 2022 la nomination de Davide Rota (ex-PDG de Linkem) en tant que nouveau directeur général, tandis que le fondateur de la société, Renato Soru, prend la présidence. Des mouvements capitalistiques portent le nombre d'actions Tiscali à
6.898.585.623 : Le 6 juin 2022, en exécution de la résolution votée par l'Assemblée Générale Extraordinaire de Tiscali tenue le 26 avril 2022, les actions Tiscali ont été regroupées à raison de 1 nouvelle action pour 100 actions existantes. Tiscali a maintenant un capital composé de 68.985.856 actions. Le 1er août 2022, les deux sociétés Tiscali SpA et Linkem SpA ont finalisé le processus de fusion. A cette date, la fusion entre Tiscali et la branche Retail (vente au détail) de Linkem devient effective, donnant naissance au premier opérateur italien sur le segment de l'accès très haut débit dans les technologies 5G FWA (Fixed Wireless Access) et FTTH (Fiber To The Home) avec une part de marché de 19,4% et au cinquième opérateur sur le marché du fixe dans les télécommunications, opérant sur le marché avec les deux marques Tiscali et Linkem. Ce 1er août 2022 voit de nouvelles modifications du capital social portant
le nombre d'actions Tiscali à 177.509.104. En effet, sont émises : Suite à la scission du secteur du commerce de détail Linkem Retail Srl
et de sa récente fusion par incorporation dans Tiscali, l'assemblée générale
des actionnaires de Linkem SpA, réunie le 26 septembre 2022, a décidé
de changer la dénomination sociale de Linkem SpA en OpNet SpA, qui sera
l'actionnaire majoritaire de Tiscali SpA (58,60%). Au 31 décembre 2022, la nouvelle société fusionnée a les caractéristiques
suivantes : En octobre 2022, il a été annoncé que Tiscali, suite à la fusion avec
Linkem retail, changera son nom. L'assemblée générale du 10 janvier
2023 approuve le changement de nom de la société " Tiscali S.p.A.
" en " Tessellis S.p.A. ". Le Business Plan actualisé 2023-2026 prévoit un plan de développement
et de recentrage ambitieux, diversifié à trois niveaux dominants : " Le Business Plan prévoit la valorisation des actifs des deux sociétés, l'infrastructure Tiscali et le business B2B apporté par Linkem ", déclare Davide Rota. L'entreprise créée par Renato Soru il y a un quart de siècle peut redémarrer.
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